Nucléaire : sondages contradictoires pour EDF et les Verts
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Nucléaire : sondages contradictoires pour EDF et les Verts

Nucléaire, sondage contre sondage.

Ce matin, Les Echos publiaient une enquête d'opinion, commandée par EDF, indiquant que "les Français restent de justesse favorables au nucléaire". Aussitôt, Cécile Duflot a dégainé un sondage, censé au départ ne pas être rendu public, assurant que… 70% des Français sont favorables à une sortie du nucléaire ! Mais, encore une fois, les questions posées n'étaient pas exactement les mêmes. 

"42% des Français sont favorables «à la demande des écologistes d'abandonner la production d'électricité nucléaire en France». 55% n'y sont pas favorables." On comprend pourquoi EDF a eu la délicatesse de confier aux Echos les résultats de sa dernière enquête d'opinion, réalisée par TNS Sofres. Malgré la catastrophe nucléaire au Japon, une (courte) majorité de Français reste favorable à l'énergie nucléaire. On est loin des chiffres des derniers sondages en Allemagne et en Suisse, indiqués par le quotidien économique : 87% des Allemands, et 77% des Suisses souhaitent un arrêt progressif des centrales.


 

 

Les chiffres de cette enquête d'opinion ont été soumis ce matin sur France Inter à Cécile Duflot, la dirigeante d'Europe Ecologie-Les Verts. Aussitôt, elle cite un autre sondage, réalisé par l'Ifop et qui était censé rester interne au parti, qui indiquerait, lui, qu'"environ les deux-tiers des Français" sont favorables à "une sortie rapide ou programmée" du nucléaire. Dans la foulée, Duflot n'oublie pas de juger "un peu gros" les résultats d'EDF.

picto Sans que l'on comprenne vraiment pourquoi.


Dans la matinée, l'AFP indique s'être "procuré" ce fameux sondage : "70% des Français se déclarent favorables à la sortie du nucléaire : 51% pour un arrêt progressif à 25 ou 30 ans et 19% pour une sortie immédiate. 30% souhaitent en revanche que la France «poursuive son programme nucléaire et construise de nouvelles centrales»."

Une telle situation illustre à merveille le fait que tous les tenants d'une cause sont susceptibles de disposer d'un sondage validant leurs préoccupations... Mais comment expliquer cette différence de résultats ? Sans doute en bonne partie par la différence de formulation des questions. Quand EDF interroge les sondés, la question évoque une "demande des écologistes", ce qui peut certainement susciter l'hostilité d'une partie de la population. De l'autre côté, remarquons que les Verts ont pris soin d'indiquer que la sortie du nucléaire pourrait se faire dans 25 ou 30 ans. Et presque trois-quarts des personnes se disant favorables à un arrêt de la production ont choisi cette option, bien plus lointaine et moins inquiétante qu'un arrêt brutal.

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