Magazines : un Hollande ridicule, après un Sarko digne
Brève

Magazines : un Hollande ridicule, après un Sarko digne

"Ces femmes qui lui gâchent la vie."

A la Une cette semaine, L'Express critique (encore) François Hollande, de façon pas particulièrement fine. L'air contrarié, malmené par les femmes : Hollande est, une fois de plus, ridiculisé par l'hebdomadaire, (épinglé, entre autres par Rue89).

Le blogueur Seb Musset pointait justement hier dans un billet corrosif les flagrantes différences de traitement de la presse magazine à l'égard de François Hollande et de Nicolas Sarkozy.

Exemple le plus frappant : la façon dont Le Point critique en couverture Hollande, par rapport au traitement qui était réservé à Sarkozy, y compris lors de son désamour avec la presse.

On le sait, à peine élu, Hollande était déjà tourné en ridicule. Sarkozy, lui, avait bénéficié d'une période de répit après son élection. Mais lorsque le magazine s'autorise finalement quelques critiques, c'est avec un "désamour policé, teinté d'incompréhension, de respect inquiet", remarque Seb Musset.

Rien à faire, en Une du Point, Sarkozy reste digne. Le magazine garde une tonalité plutôt bienveillante lorsqu'il s'agit de Sarkozy. Si les mots "nul", "dépassé", voire... "de gauche", apparaissent, ils sont toujours accompagnés de la forme interrogative. Mais alors que l'ex-Président avait droit à un "Mais que lui arrive-t-il?" empathique, son successeur, lui, récolte dès son élection un "Fini de rire" condescendant, photo ridicule à l'appui. Certes, Le Point pose aussi des questions lorsqu'il s'agit de Hollande. Mais ne vous fiez pas à cette apparente égalité de traitement. La formule passive et impersonnelle domine, et les questions deviennent insolentes, et infantilisantes : "On se réveille?", ou mieux : "On arrête avec les bêtises?".

Les photos sont encore plus éloquentes. Hollande est volontairement mal cadré, il apparaît diminué, embarrassé. On n'est pas loin de le surprendre "le doigt dans le nez", comme le souligne Seb Musset. Le Point construit l'image d'un Président simplet et gauche. Prises sur le vif, les photos du Point dépossèdent le Président de son image, là où Sarkozy semble sous contrôle : frontal, fixant l'objectif, on lui accorde le droit à la pose. Sarkozy est grave, et cogite pour redresser le pays ; Hollande est distrait et perdu.

(Manon Prigent)

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