L'irrésistible portrait d'Eva Joly dans Le Figaro
Brève

L'irrésistible portrait d'Eva Joly dans Le Figaro

Jour de punition au Figaro: on demande un volontaire pour le portrait d'Eva Joly.

Qui s'y colle ? Allez, Jim. Donc, Jim Jarrassé s'acquitte de la tâche, sous le titre "l'irrésisitible ascension d'une combattante". Irrésistible et combattante: charme et pugnacité, force et fragilité, tout est dit dès le titre, dont l'article n'est qu'une longue déclinaison. Il faut lire Jim mot à mot. Et allons-y, dès les premières lignes, pour la "farouche volonté" qui la caractérise (la volonté d'une femme ne saurait être que "farouche"). Dans sa grise Norvège natale, "elle rêve de nouveaux horizons" (car la fille, irrésistible et farouche, rêve, on le sait bien depuis la dernière campagne de recrutement de l'Education nationale). Certes, avec "sa longue chevelure blonde coiffée en chignon, elle termine troisième" au concours de Miss Norvège (anecdote dont le sens politique n'échappera à personne), mais ses "rêves" n'en sont pas comblés.

Voici donc l'ascensionnelle à Paris, jeune fille au pair dans une bonne famille de la rive gauche (peut-être même abonnée au Figaro, c'est dire si ce qui va suivre est concernant pour les lecteurs), les Joly. Le charme opère: le fils de famille "tombe amoureux d'elle" (et pas elle de lui ?) Mariage. Reprise des études. Enfin, elle "décroche un poste" de conseillère juridique à Etampes (les hommes, eux, sont banalement embauchés). Quelques années plus tard, au CIRI, elle "s'épanouit rapidement" (un homme y aurait réussi, accumulé les succès, les restructurations, aurait sauvé des entreprises, accompagné le développement de start ups, bref il aurait une sorte de "bilan". Mais la fille est en quête "d'épanouissement", le job décroché n'étant qu'un prolongement du yoga). "Je me sentais plus sûre de moi" écrit-elle dans ses mémoires. (D'accord, Jarassé ne fait là que reprendre une citation. Mais dans l'autobiographie d'un homme, aurait-il choisi cette citation-là ?)

Suite et fin de la saga ascensionnelle. La juge Joly (on vous passe les étapes) devient "une icône" (où un homme serait devenu un symbole), fait l'objet d'un film de Chabrol, qui voit en elle "un subtil mélange de rigidité et de fragilité" (miam, on en mangerait). Mais "ébranlée" par le suicide de son mari (fragile, vous disait-on), celle qui est surnommée "Eva la diva" (par qui ?) "plaque tout" (un homme aurait "claqué la porte"). Fuite en Norvège, où elle "rédige des déclarations" (toutes fortes en rédac, on ne peut pas leur enlever ça, mais des bavardes impénitentes). Retour en France, elle est "propulsée un peu par hasard" candidate à la primaire écolo (tellement charmant, de jouer avec ces petites choses). Heureusement, ouf, elle "apprend à sourire", sans toutefois pouvoir s'empêcher de taxer de "racisme d'Etat" la politique sécuritaire de Sarkozy (le côté rigide, cette fois, retour à la dualité du titre, et fin du portrait peppermint). Personne n'est parfaite.

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