Lemonde.fr passe "une année en France"
Brève

Lemonde.fr passe "une année en France"

Changement d'angle ! A la Une du Monde.fr aujourd'hui, on ne s'attendait guère à trouver le portrait d'un anonyme cadre moyen, qui lutte dans les rames bondées du RER A pour aller travailler. Comme un million de voyageurs chaque jour.

C'est le blog "Terminus Pavillon" qui raconte "le drame quotidien" de Jean Chauvet, 59 ans, habitant de Sucy-en-Brie, dans le Val-de-Marne. Et les articles comme celui-ci devraient se multiplier sur le site, puisque LeMonde.fr, à l'orée de l'année électorale, a ouvert plusieurs blogs un peu partout dans l'hexagone. Sous le titre "Une année en France", des journalistes ont "posé leurs valises" pour raconter le quotidien des habitants de La Courneuve, de Mézères, de Sceaux, de Saint-Pierre-des-Corps et de Dunkerque, jusqu'en juin 2012. Le site annonce aussi des blogs à Avallon et à Montpellier, pas encore actifs. Belle manière de prendre le contrepied de l'information institutionnelle habituelle.

L'idée ? Saisir et décrire les "passions", les "difficultés" et les "aspirations" des Français. Et l'exemple donné aujourd'hui avec le portrait de Jean Chauvet est un bel avant-goût : "Presque sans s’en rendre compte, insidieusement, la galère a commencé. Jean Chauvet s’est retrouvé plus souvent debout, puis entassé et bientôt comprimé. Au tournant des années 2000, à la saturation du réseau, à la promiscuité, se sont ajoutés les dysfonctionnements qu’il faut anticiper pour espérer être à l’heure. Jean Chauvet ne cesse donc de remonter un peu plus son réveil, de dix minutes en dix minutes, part de chez lui un peu avant 7 h 30. Tout devient alors minuté."

Mais "plus encore que les tracas au jour le jour, ce qui agace [Jean Chauvet] c’est l’absurdité dont tout cela finit par colorer sa vie. Ce qui le chagrine aussi, c’est ce que la pénurie de transports fait de lui, humainement. Par une sorte de dédoublement, il n’aime pas l’image qu’il renvoie -que le RER lui force à renvoyer plutôt- de lui-même. Comme certains automobilistes changent de comportement une fois dans leur voiture, cet usager, d’un naturel courtois et calme, devient autre quand il prend le RER. «Autrefois, je me levais pour laisser s’asseoir une dame âgée. Aujourd’hui, comme les autres, je fais semblant de me plonger dans mon livre pour cacher ma gêne. Pourtant ce n’est pas l’éducation que j’ai reçue, ce n’est pas moi.»"

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