La fanfare Hollande
Brève

La fanfare Hollande

Quel réveil en fanfare ! Ce n'est qu'un cri de triomphe:

l'UMP est "prise à contrepied". Elle est "surprise". Epoustouflée par la virtuosité hollandienne, elle est "en panne d'éléments de langage". C'est le même cri, de la twittosphère, jusqu'aux éditorialistes jusqu'alors les mieux disposés envers le candidat sortant, comme Bruno Jeudy, du JDD, qui la juge "assommée". S'il suffit que Hollande annonce la mise en chantier d'un Glass-Steagal Act à la française (pas de panique, c'est expliqué ici), ou un doublement du plafond du livret A, pour plonger la sarkozie dans cet état de transe, c'est que la droite est encore plus mal partie qu'on ne le croyait. Et c'est une preuve supplémentaire d'un théorème connu: l'air du temps médiatique n'est ni sarkoziste ni hollandien. Il met les sondages en musique. Et les sondages, obstinément, portent Hollande.

Hollande va donc s'en prendre à la Phyyynance. Formidable. On est sauvés. C'est un adversaire parfait, la phyyynance, l'odieuse phyyyynance, qui étrangle nos vertueuses banques, nos conseils d'administration entreprenants, nos PME innovantes. Et c'est un thème bien plus lisible que de trancher sur la fusion impôt sur le revenu-CSG, ou sur le quotient familial. Mais ces points délicats, n'en doutons pas, seront tranchés bientôt. Pour l'instant, sus à la phyyynance: nul doute qu'on va entendre bientôt toute la hollandie entonner le refrain. Musique rouge vif, paroles rose pâle: qu'importe, si ça marche !

Dans la fanfare, saluons un nouveau confrère: le Huffington Post à-la-française est enfin arrivé-é-é. Souhaitons longue vie à ce mariage inédit d'une consciencieuse revue du web gratuit, et de quelques blogs de profs sciences-po-compatibles, sous la houlette d'Anne L'affaire-DSK-c'est-l'affaire-Dreyfus Sinclair. Je n'ai pas eu le temps de tout lire, mais seulement de plonger dans un abîme de perplexité devant ce papier titré "Xavier Niel n'est pas Steve Jobs", qui délivre au peuple bouleversé la révélation suivante: non, Xavier Niel n'est pas Steve Jobs, mais c'est quelqu'un de très bien quand même. En songeant aux prodiges d'équilibrisme qu'a dû déployer l'auteur, pour contenter le sponsor de la page (Orange) sans fâcher l'actionnaire de référence du Monde (Niel), comment ne pas s'émerveiller devant les prodiges sans cesse renouvelés du journalisme ?

Huffington Hollande
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