Huffington : les blogueurs contre le travail gratuit
Brève

Huffington : les blogueurs contre le travail gratuit

A

peine lancée, la déclinaison française du Huffington Post est déjà controversée. En cause: le statut des blogueurs-contributeurs, qui ne seront pas rémunérés. Entre ironie et consternation, les blogueurs lancent une offensive groupée contre le travail gratuit.

Ne pas rémunérer ses blogueurs "invités", mais leur offrir "une tribune, de la visibilité". La pratique est courante dans le milieu de la presse en ligne, mais reste un sujet sensible, décrypté par @si ici. Le Huffington Post avait alimenté la polémique bien avant sa mise en ligne. La directrice éditoriale Anne Sinclair avait adressé un mail à des blogueurs prestigieux, en appellant à leurs contributions bénévoles, déclenchant un déluge de critiques

Sur son blog, Seb Musset compare le Huffington Post au site de téléchargement illégal MegaUpload, qui dégageait de gros bénéfices sans rien reverser aux ayants droit. Nicolas Sarkozy s'était félicité de sa fermeture par le FBI jeudi dernier. Dans un billet satirique, le blogueur publie un faux communiqué:

picto "L’Élysée se félicite de la fermeture du Huffington Post", fautes d'orthographe à l'appui

"Le Président tient à saluer l'opération de grande envergure lancée par la justice fédérale des États-Unis à l'encontre du site de publication de contenus non rémunérés HuffingtonPost.fr. La mise à disposition illégale, selon le code du travail français, par ce service, d'œuvres protégées par le droit d'auteur, allait permettre à ses promoteurs de réaliser des profits criminels sous la forme de recettes publicitaires sans parler des retombées en terme d'image de marque."

Dans la même veine, le site parodique HuffingPouf a vu le jour à l'initiative du blog Intox2007. Au menu: des articles tels que "Le travail gratuit: stade ultime du capitalisme". En édito, une lettre ouverte à la directrice éditoriale Anne Sinclair, initialement publiée sur le blog de Seb Musset, qui proposait ironiquement de...payer pour être publié: " 80 euros pour chaque publication d’un article de [sa] composition".

Rédigé par "un rassemblement de blogueurs aux tarifs élevés", le site a vocation à "se moquer des “pure players” au cul serré , subventionnés par l’argent public et qui ne payent pas le travail des blogueurs."


De son côté, le blogueur Christophe Ginisty explique très sérieusement pourquoi il a refusé les avances (gratuites) du Huffington Post. "C'est une chimère que d'imaginer que l'information est gratuite à produire." Si le modèle a fonctionné aux États-Unis, le communicant espère qu'il ne réussira pas à s'importer en France: "Espérons que la France démontrera à Arianna Huffington (la fondatrice, ndlr) qu'il est temps de respecter ceux qui contribuent à l'enrichir." Sur Twitter, le journaliste de Libération Jean-Christophe Féraud a republié un lien vers son billet de mars dernier, plus que jamais d'actualité "Les blogueurs sont fatigués de toute cette gratitude".

(Par Julie Mangematin)

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