Hadopi : Eolas démonte Guaino
Brève

Hadopi : Eolas démonte Guaino

Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, qualifie la censure d'Hadopi par le Conseil constitutionnel de "déroutante" sur Europe 1. Il avance pour justifier sa critique quelques arguments "juridiques". L'avocat-blogueur qui écrit sous le pseudonyme de Maître Eolas s'emploie à les démonter un à un.

Maître Eolas, avocat blogueur accorde un de ses "prix Busiris" à Henri Guaino, un prix qui récompense les contre-vérités juridiques. Cet éminent prix a été décerné à la suite de ces propos tenus par le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy au Grand Rendez-vous d'Europe 1 le 14 juin concernant la censure de la loi Hadopi.

Ecoutez Guaino critiquer la censure du Conseil constitutionnel puisque "rien ne lui interdit" de le faire picto

Eolas procède dans son billet à une critique en trois temps sur les propos de Guaino :

"Vous vous souvenez que Internet était une préoccupation des rédacteurs de la déclaration des droits de l'homme", dit Guaino avec ironie.

"Les révolutionnaires ont entendu protéger la liberté d'expression", répond Eolas. "Fort heureusement, les juges sont plus intelligents que M. Guaino, ce qui n'est pas les flatter et ont compris que la liberté de s'exprimer recouvrait toutes les formes, y compris les plus nouvelles."

"Il est curieux que le droit d'accès à internet soit plus défendu que le droit d'accès à l'eau ou à l'électricité", rajoute Guaino.

Eolas récuse cette affirmation : "Oubliez UNE facture d'internet et votre service sera coupé dans les 15 jours. J'ai testé. (...) Oubliez une facture EDF et vous aurez une lettre de relance, puis une autre, puis un recommandé, et votre dossier sera transmis au service solidarité qui vous proposera un échéancier ou mille moyens d'éviter la coupure. (...) La coupure d'électricité est rare de fait des conséquences graves qu'elle peut emporter. (...) Il en va de même de l'eau qui a un rôle sanitaire essentiel."

"Non seulement M. Guaino dit des sottises quand il critique la décision du Conseil constitutionnel mais il en dit aussi quand il défend son point de vue. Et ce type conseille le président de la République, tout va bien."

"En faisant référence à la déclaration des droits de l'homme, on n'est pas dans l'ordre du juridique mais dans l'ordre de la philosophie politique, dans l'ordre des valeurs", juge le conseiller du président.

"La déclaration des droits de l'homme n'est pas un texte de philosophie du droit. (...) La déclaration des droits de l'homme et du citoyen est un texte juridique. (...) Cette déclaration fait d'ailleurs partie intégrante de notre constitution depuis 1958. Amusant de la part de quelqu'un se disant gaulliste que de vouloir ainsi liquider l'héritage de 58".

(Par Jean-Guillaume Santi)

Le matinaute Schneidermann a consacré une de ses récentes chroniques à cette décision historique du Conseil constitutionnel. Elle est ici.

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