Grand Paris et champs de patates
Brève

Grand Paris et champs de patates

O injustice ! A force de prendre des nouvelles du grandébat, et du grantemprunt, on avait oublié le granparis.
champ de patates

Pas de chance pour le granparis. Tous ces granvoisins l'ont occulté. Donc, résumons : le grantemprunt se montera à 35 milliards (alors que la France emprunte chaque année environ 200 milliards d'euros), et ne sera pas ouvert aux particuliers. Le grandébat sur l'identité est en marche : le granministre Besson va recevoir les "forces vives" de la remarquable commune de Montargis (Loiret). Quant au granparis, donc, le voilà qui émerge enfin des cartons. Son ministre va venir le défendre à l'Assemblée.

Sur France Inter, le persifleur Thomas Legrand conseillait opportunément de relire le grandiscours de Sarkozy du 29 avril, sur le granparis. Pour les matinautes paresseux, il est là. On ne relit pas assez les discours de Sarkozy. On aurait envie de tout citer. C'est une collections de grandecitations. Je me contente de vous livrer celle-ci : "Nous ferons le Grand Paris comme les générations passées ont fait jadis Paris, nous le ferons avec les ingénieurs, avec les entrepreneurs mais aussi avec les architectes, avec les artistes, avec les poètes, avec les musiciens". Ce n'est qu'un trop court emprunt. Pardon à l'auteur. Si vous avez du temps, l'intégrale vous fera voyager.

Si l'on a bien compris, le granparis que le ministre Christian Blanc va venir défendre à l'Assemblée se limite à un vrai, un beau, un granmétro de cent trente kilomètres, dont on ne connaît ni le tracé, ni les gares (mais certainement avec poètes et musiciens). Pour faire le granparis, le gouvernement avait sollicité des granzarchitectes, ce qui est normal. Et même : les plus granzarchitectes disponibles. Logiquement, ayant entendu le discours de Sarkozy sur les poètes et les musiciens, ils protestent devant le rabougrissement du projet. Ils jugent qu'un granmétro, "au dessus des champs de patates", comme dit Huchon qui n'entend rien à la poésie ni à la musique, ne justifiait pas de les déranger. Et quand plusieurs granzarchitectes protestent en même temps, cela fait granbruit. Heureusement, le gouvernement a trouvé la solution : il crée un gransite participatif. C'est une grandidée. Qui nourrira un grandébat.

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.