Google a-t-il désindexé une critique d'Elisabeth Badinter ?
Brève

Google a-t-il désindexé une critique d'Elisabeth Badinter ?


Elisabeth Badinter, Publicis et les Précieuses ridicules : c'est le titre d'une note que Fabrice Nicolino, journaliste et conseiller éditorial pour le groupe Bayard, blogueur à ses heures, a consacré à la philosophe féministe.

Il accuse aujourd'hui Google d'avoir désindexé sa note sur demande de cette dernière (ou du groupe Publicis).


L'article en question est assez critique : le blogueur reprend notamment des propos du journaliste du Monde Hervé Kempf. "Page 62 de son livre, il attaque madame Badinter. Il y écrit exactement ceci : « On ne verra pas une coïncidence dans le fait qu’une philosophe favorable à la liberté de prostitution, Élisabeth Badinter, se trouve détenir 10,32 % du capital d’une des plus grandes compagnies de publicité du monde - Publicis - au conseil d’administration duquel elle a sa place ». Pour Kempf, que je rejoins intégralement, la publicité a joué un rôle clé dans la marchandisation du corps humain, exploitation sexuelle y compris. Je me souviens de ces féministes qui défilaient aux cris de : « Notre corps nous appartient ». Je criais alors avec elles. Je ne le ferai plus, car nos corps appartiennent désormais à TF1, à Coca, à la pub en général, à tous ces foutus salopards ivres d’eux-mêmes", écrit-il.

Il évoque aussi une polémique qui a opposé l'association "Les amis de la terre" à la philosophe. En 2004, Métrobus, (filiale de Publicis) réclamait un million d'euros à des tagueurs de publicité dans le métro. Les Amis de la Terre avaient alors écrit à la philosophe pour déplorer « la disproportion manifeste entre les sommes plusieurs fois supérieures aux revenus de toute une vie qui leur sont réclamées et la situation matérielle de ces citoyens souvent très modestes", évoquant "la dégradation croissante du service public des transport en terme de cadre de vie, de développement durable et de liberté d’expression ». « Quand vous parlez de dégradation de la qualité de vie dans le métro, note–telle, je suis obligée de vous répondre, que la Régie, depuis quelques années, rénove l’ensemble de ses stations et modernise de manière évidente, pour qui les utilisent, les transports en commun, les matériels comme les stations. Je ne crois pas par ailleurs que les voyageurs de la ligne Météor trouvent que le cadre de vie du métro se dégrade », avait répondu Elisabeth Badinter. Ce qui inspire à l'auteur du blog le commentaire suivant : "Madame Badinter, qui n’a pourtant aucun rapport autre que commercial - les affiches - avec la RATP, se sent obligée de prendre la défense de l’entreprise. Deux, et même si je n’ai pas la moindre preuve, j’avancerais audacieusement l’hypothèse que madame Badinter ne prend jamais le métro. Ou peut-être de temps à autre entre Saint-Placide et Odéon ?"

Les jours suivants, Nicolino observe le référencement sur Google de sa note. "J’ai eu la curiosité deux jours plus tard de regarder si ce texte était référencé par Google, l’ami de l’homme, lorsque l’on tapait sur le clavier : “elisabeth badinter”. Et cela m’a fait rire, au point que j’y suis retourné. Le texte ne cessait de grimper, figurez-vous ! Il était environ dans les quinze premiers quand on cherchait à se renseigner sur la dame. Diable !", raconte-t-il dans un nouveau billet.

Il se dit donc surpris, quelques jours plus tard, de constater que son billet a disparu de cette même page de résultats. Mais il remarque la mention suivante, en bas de la page : "En réponse à une demande légale adressée à Google, nous avons retiré 1 résultat(s) de cette page. Si vous souhaitez en savoir plus sur cette demande, vous pouvez consulter le site ChillingEffects.org" (ci-contre).

Ce qui le pousse à écrire dans une nouvelle note qu'il est persuadé qu'Elisabeth Badinter "semble bien être intervenue - directement ou par le biais d’un avocat - auprès de Google pour que cet article n’apparaisse plus lorsqu’un internaute tape simplement “elisabeth badinter” dans sa recherche." En tout cas, le blogueur n'a pas été prévenu d'une quelconque procédure juridique à son égard.


D'après les essais d'@si, même en tapant des phrases exactes de la note dans Google, il est en effet impossible de tomber sur un lien direct vers la note en question (Edit : après d'autres essais sur d'autres mots-clé, la note peut être retrouvée sur Google, mais pas juste avec les mots "Elisabeth Badinter).

Reste à savoir si cela résulte d'une décision en ce sens de la part du moteur de recherche. @si va donc chercher les réponses auprès de Google, explorer ChillingEffect.org avec attention, et...surveiller la carrière dans Google du présent "Vite dit" . A suivre.

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