Gendarmerie : effet Matelly ?
Brève

Gendarmerie : effet Matelly ?

Le patron de la Gendarmerie est brutalement remplacé. Pour Le Monde, c'est une sanction, illustrée par l'affaire Matelly, (gendarme radié pour une prise de position publique) ; pour Libération, c'est un départ "brutal" mais sans rapport avec cette affaire, tandis que pour Le Figaro tout va bien.

"L'autre nomination en conseil des ministres sonne comme une disgrâce : le directeur général de la gendarmerie, le général Roland Gilles, faute d'avoir pu réduire le malaise de la gendarmerie devenu un peu visible ces derniers mois, devrait se voir proposer une ambassade. Il est remplacé par son numéro deux, le major général Jacques Mignaux."

"Le général Gilles avait eu la tâche ingrate d'inscrire dans les faits le rattachement de la gendarmerie au ministère de l'intérieur, entré en vigueur en 2009. Il avait le sentiment ces derniers mois d'avoir"accompli sa mission", sans parvenir cependant à calmer la grogne des gendarmes, qui craignent d'être digérés dans les gros bataillons de la police."

"Le chef de l'Etat entend que la gendarmerie entre dans le rang : la radiation des cadres le 25 mars par l'Elysée du chef de bataillon Jean-Hugues Matelly, un chercheur associé au CNRS qui avait critiqué le rapprochement avec la police, montre clairement la voie."

Le Monde daté du jeudi 8 avril 2010 picto

Le Monde, gendarmerie

Liberation, gendarmerie


Libération du jeudi 8 avril traite cette information en une phrase, mais son journaliste chargé des question de défense, Jean-Dominique Merchet s'y est intéressé sur son blog mercredi 7 avril sous le titre "Le directeur général de la gendarmerie est remplacé brutalement (...

"Surprise dans la Gendarmerie nationale : son directeur général (DGGN) Roland Gilles est remercié ! (...) Selon nos informations, Roland Gilles devrait être nommé ambassadeur en Bosnie, ce qui s'apparente à un lot de consolation. (...) La méthode employée par l'Elysée est pourtant d'une grande brutalité. Il ne faut sans doute pas surestimer l'importance de l'affaire Matelly dans cette décision. Certes, la grogne de la base gendarmique n'a pas arrangé la situation. Le poème antisarkosyste d'un adjudant-chef, comme le détournement du film La chute où le président de la République est comparé à Hitler n'a sans doute pas été apprécié avec tout l'humour nécessaire..."




"Le remplacement du général Roland Gilles par son numéro deux, le général Jacques Mignaux, au poste de directeur général de la gendarmerie est un second symbole fort. D’abord parce qu’un militaire remplace un autre militaire à la tête d’une prestigieuse arme de 100 000 hommes, longtemps commandée par un civil, préfet ou magistrat. (...) À 55 ans, le général Mignaux aura pour délicate tâche d’apaiser une institution où certaines voix frondeuses se sont élevées pour critiquer son fonctionnement. À l’image du chef d’escadron Jean-Hugues Matelly, radié des cadres le 25 mars par un décret du président de la République pour avoir critiqué publiquement le rapprochement entre les forces de police et de gendarmerie."

"Roland Gilles, qui n’avait pas caché son ambition de rejoindre une carrière diplomatique, sera installé comme ambassadeur « dans les toutes prochaines semaines »."


Le Figaro jeudi 8 avril 2010 picto
Figaro, gendarmerie



L'occasion de retrouver Jean-Hugues Matelly sur le plateau de notre émission de cette semaine Le gendarme, la prof, le journaliste, le député et la ligne j@une

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