Financement appartement : Sarkozy ne répond pas à Mediapart
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Financement appartement : Sarkozy ne répond pas à Mediapart

Une question, pas de réponse.

Comment Nicolas Sarkozy a-t-il financé l'achat de son appartement de l'île de la Jatte à Neuilly, acheté en 1996 et revendu en 2006. La semaine dernière, Mediapart avait posé la question (accès payant), après avoir constaté que le fruit de la vente de cet appartement, 1,9 millions d'euros, constituait la majorité du capital de 2,7 millions d'euros, déclaré par le Président.

Sur les 5 millions de francs qu'avait coûté le bien immobilier en 1996, la provenance de trois millions reste très floue, pointait Mediapart. En 2007, la seule fois où il s'était exprimé sur la question, Sarkozy avait fait savoir à L'Express qu'il avait contracté deux prêts pour financer son achat : 1,6 million de francs auprès de sa banque, et 3 millions de francs auprès de l’Assemblée nationale.

Problème, selon le site d'info : l'acte de vente de l'appartement ne mentionne pas ce deuxième prêt. Qui, de toute façon, aurait été "hors des clous", l'Assemblée ayant assuré qu'elle ne prêtait pas de telles sommes à l'époque (la pratique a d'ailleurs disparu en 2010). D'où venait cet argent ? L'équipe du candidat n'a pas répondu à Mediapart.

Cet après-midi, Nicolas Sarkozy tenait une conférence de presse sur l'annonce de son programme. Le site d'info était sur place et, surprise, a réussi à poser une question sur l'appartement.

Sans toutefois obtenir de réponse picto

Remerciant ironiquement pour "cette question très précise sur mon programme", il a assuré être "certainement l'un des hommes politiques qui a été le plus contrôlé sur son patrimoine, avant, pendant et après". Sans plus de précision, et faisant mine de regretter, fataliste, "la démocratie".

Comment le site fondé par Edwy Plenel, acharné à révéler tous les dossiers embarrassants sur le candidat, a-t-il pu poser une question ? Selon Michaël Hajdenberg, coauteur de l'article sur l'appartement, et qui a réussi à mettre la main sur un micro, c'est Franck Louvrier, le conseiller en communication de Sarkozy, qui régentait la distribution de la parole dans la salle et "qui a donné une consigne pour qu'on me passe le micro" (mais peut-être n'avait-il pas identifié les fauteurs de trouble potentiels). Les journalistes du site étaient venus à quatre, répartis dans deux endroits de la salle. "Une fois que j'avais posé ma question, la personne qui m'avait donné le micro a tendu la main pour le récupérer. J'écoutais la réponse de Sarkozy et je l'ai donc rendu", indique Hajdenberg. Manque de réflexe : cela l'a empêché de relancer le président-candidat une fois qu'il était clair qu'il ne répondrait pas. "J'ai essayé de le relancer deux fois sans micro, mais il m'a simplement rétorqué de m'adresser à l'Assemblée nationale. Ce que nous avions déjà fait, sans obtenir plus d'info sur le prêt lui-même."

Dans la salle, aucun journaliste présent n'a pris la relève pour essayer de faire répondre Sarkozy.

Mediapart avait déjà tenté de poser la question au candidat, lors d'un déplacement dans le Gard le 29 mars.

picto Sans plus de succès.

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