Enveloppes / Bettencourt : restons calmes, mais...
Brève

Enveloppes / Bettencourt : restons calmes, mais...

Nous voici donc au summum : des enveloppes de liquide

, venant sans doute de comptes suisses. Et à Sarkozy lui-même (avant 2007) ou à Woerth (pour la campagne de 2007). On ne voit pas bien comment demain, après-demain, on pourra encore faire pire. Restons calmes. Souvenons-nous que l'ex-comptable des Bettencourt, Claire T, qui a parlé hier soir à Mediapart (après avoir parlé deux fois aux policiers dans la même journée, selon Mediapart), n'a aucune preuve de ce qu'elle avance. Rien ne nous garantit sa fiabilité. Les noms des bénéficiaires des enveloppes ne figurent pas dans ses fameux "cahiers de comptes", qu'elle ne détient d'ailleurs plus. Les vérifications seront longues. Il y a, dans cet emballement, encore d'autres mystères. Celui-ci, par exemple : qu'arrive-t-il au procureur Courroye, homme de Sarkozy, jusqu'à peu agent actif de la poutinisation de la Justice, et qui depuis quelques jours pousse les feux, jusqu'à faire interroger deux fois l'ex-comptable dans la même journée de lundi. Et pourquoi cette cascade de révélations aujourd'hui, alors que l'ex-comptable avait été interrogée en juin ? Donc, restons calmes.

Mais tout de même. "L'Elysée dément", répètent ce matin les radios, en boucle. De près, c'est plus compliqué. Si l'Elysée dément, en effet, les remises d'enveloppes personnelles à Sarkozy avant 2007, s'agissant du don de 150 000 euros, l'Elysée renvoie vers le trésorier de la campagne, un certain...Eric Woerth. Par là-même, s'éclairent d'ailleurs d'un jour sinistre les vraies raisons pour lesquelles Sarkozy ne peut pas lâcher Woerth.

A l'heure matinale où cette chronique est écrite, Copé somme Sarkozy de "parler aux Français". Pour "remettre les choses en perspective", explique-t-il délicieusement dans leur novlangue, toujours vaillante. Un ordre ! Et au président de la République ! Leur navire coule. Qui eût prédit naufrage si rapide ? Parler aux Français, certes. Mais que dire ? Leur marge de manoeuvre, à la vérité, se réduit de minute en minute. Depuis ce matin, on n'en est même plus au renvoi de Woerth. Hormis la création immédiate d'une commission d'enquête parlementaire (mais une vraie, pas une au rabais, à la Karachi), avec auditions publiques et télévisées, sur le système Bettencourt, on ne voit pas bien ce qui peut encore sauver le pouvoir.

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