Draghi a-t-il camouflé la dette de la Grèce ? (Eurodéputé)
Brève

Draghi a-t-il camouflé la dette de la Grèce ? (Eurodéputé)

Quel a exactement été le rôle de Mario Draghi auprès de la Grèce ?
C'est la question que pose le député européen français Pascal Canfin à propos du très probable successeur de Jean-Claude Trichet à la tête de la Banque centrale européenne. Aujourd'hui, les membres de la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen se sont prononcés à une large majorité en faveur de Draghi. Ils l'avaient auditionné mardi.

Et pour Canfin, qui s'exprime sur son blog hébergé par Libération.fr, ses réponses n'ont pas été crédibles sur un point : son rôle exact lorsqu'il était vice-président de Goldman Sachs International, en charge des filiales européennes de la banque d'affaire, entre 2002 et 2005. "Au moment même où Goldman Sachs - moyennant 300 millions d'euros de commission - a aidé la Grèce à maquiller son taux d'endettement effectif", souligne Canfin.

"Le communiqué de presse publié par Goldman Sachs au moment de son embauche stipule qu'il «sera en charge de développer les activités de la banque auprès (...) des gouvernements et de leurs agences». En réponse, Mario Draghi précise qu'il a demandé ensuite à sa hiérarchie de ne pas être associé à des produits liés aux dettes souveraines", détaille Canfin, pas convaincu : "Il nous a donc demandé de croire à la fiction suivante: Goldman Sachs recrute Mario Draghi et précise officiellement lors de son embauche qu'il est en charge des dettes souveraines. Puis Mario Draghi se rend compte, par le plus grand des hasards, qu'il a été recruté à tort par Goldman Sachs pour effectuer cette mission et demande à ne pas la mener à bien. Goldman Sachs accepte sans broncher"

Canfin évoque des "témoignages malheureusement purement oraux de l'intérieur de Goldman Sachs, d'agences du trésor de pays de l'Union européenne et de gestionnaires de hedge funds" qui lui permettent de dire que Draghi "a bien proposé les services de Goldman Sachs aux Etats pour "alléger" leurs dettes publiques en ayant recours à de la créativité comptable".

Le Parlement européen se prononcera définitivement sur la candidature de Draghi le 23 juin.

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