Copé à France Info et Europe 1 : deux styles d'interview
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Copé à France Info et Europe 1 : deux styles d'interview

Etudiants en école de journalisme, prenez des notes. Pour réaliser une interview complaisante, il faut des questions courtes, très orientées en faveur de l'invité, un ton compatissant suivi d'un clin d'œil complice. C'est ce qu'a fait Jean-Pierre Elkabbach avec Jean-FrançoisCopé ce jeudi 6 octobre sur Europe 1. A l'inverse, pour mettre en difficulté un politique, il suffit de faire comme Mathilde Munos sur France Info : poser des questions précises et argumentées.



Etude de cas avec ces deux interviews, aux deux styles différents, traitant du même sujet : les liens entre Copé et Ziad Takieddine, l'intermédiaire franco-libanais au cœur de l'affaire Karachi.


On devrait toujours consulter un Elkabbach pour se faire consoler. Au lendemain d'une interview plutôt musclée avec Mathilde Munos, journaliste de France Info, Jean-François Copé a eu la bonne idée de se rendre sur Europe 1 pour répondre aux questions complaisantes de Jean-Pierre Elkabbach. En comparant les deux interviews, la différence est saisissante : quand Munos insiste sur les liens entre Takieddine et le pouvoir en place (l'intermédiaire assure être récemment intervenu à la demande de l'Elysée en Libye), Elkabbach émet des doutes sur la réelle proximité entre Copé et Takieddine.

Quand Munos demande à Copé s'il a aidé "son ami" quand il était ministre du budget pour lui éviter un contrôle fiscal, Elkabbach inverse la question en demandant si Takieddine aurait pu aider Copé... tout en émettant des réserves sur la fiabilité du personnage. Le rôle exact de Takieddine en tant qu'intermédiaire ? Munos pose la question, Elkabbach élude et relaie les accusations de complot contre Sarkozy mentionnées par l'intermédiaire. Pas étonnant qu'à l'issue de ces deux interviews, Copé n'ait pas eu la même opinion de Munos et d'Elkabbach : l'une serait forcément de gauche, et pas l'autre.

Deux interviews, deux stylespicto

Dans un autre registre, Takieddine lui-même s'est essayé à deux exercices différents au sein du groupe Lagardère. Après une interview sur BFM et dans Libé, Takieddine a en effet accordé un entretien à Europe 1 et un autre à Paris-Match ce jeudi 6 octobre. Si les questions de Bruce Toussaint étaient assez directes (Takieddine a accusé Villepin d'être au coeur d'un complot contre Sarkozy), celles de Match était noyées dans un ensemble qui sentait bon la com'. Avec des photos de Takieddine dans son jardin, dans sa cuisine, dans la cave, dans son salon (mais sans Copé ni Hortefeux).

Et si l'intermédiaire n'a pas répondu sur le fond de l'affaire à Paris-Match, il a tout de même pu passer un message essentiel (chers abonnés mélenchonistes, fermez les yeux, ça va piquer) : "J'étais plutôt gauchiste. C'est pour ça que j'aime beaucoup Mélenchon. Il me rappelle ma jeunesse".

L'occasion de vous replonger dans notre dossier "Karachi, un Watergate français ?" et de réviser vos classiques avec le dossier "Elkabbach, grand professionnel... du dérapage".

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