Cité du mâle : Nabila Laïb sera jugée pour menaces de mort
Brève

Cité du mâle : Nabila Laïb sera jugée pour menaces de mort

Elle n'était pas sur notre plateau vendredi, et pour cause : Nabila Laïb, la journaliste qui a participé au tournage du documentaire "La cité du mâle" (Arte) et se trouve depuis en conflit avec le producteur, a été placée en garde à vue pendant deux jours.

La jeune femme sera jugée le 8 décembre pour appels malveillants et menaces de mort réitérées envers la productrice Cathy Sanchez. Elle a été libérée sous contrôle judiciaire.

Elle avait accepté l'invitation à notre émission de cette semaine, mais à partir de jeudi, quand nous avons tenté de la rappeler pour lui confirmer l'heure du tournage, plus de nouvelles. Son portable sonnait dans le vide. C'est seulement hier, dimanche, que Nabila Laïb a fait savoir à @si qu'elle avait une bonne raison d'être absente : elle a été placée en garde à vue, de jeudi matin à samedi en fin d'après-midi, a-t-elle raconté.

A l'origine de la plainte, une conversation téléphonique et un texto, de Laïb à Sanchez. Le 31 août, jour initialement prévu de la diffusion de "La cité du mâle", avant que l'émission soit brutalement déprogrammée, conversation orageuse entre Laïb et Sanchez. La jeune journaliste, que Doc en stock qualifie de "fixeuse", vient de découvrir le montage final de l'émission, qui ne correspond nullement à ce qu'elle avait compris du but du tournage. Que se sont-elles dit ? Version de Laïb: "Tu vas me le payer." Version de Sanchez, rapportée aux policiers: "Je vais te crever."

Le documentaire est finalement reprogrammé le 29 septembre. Dans l'intervalle, les esprits ne se sont pas calmés dans la cité de Vitry-sur-Seine. Et le surlendemain de la diffusion, le 1er octobre, quatre jeunes, dont trois figurent dans le documentaire, tentent en vain de pénétrer dans les locaux de la société de production Doc en stock. Ils sont mis en examen et placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de se rendre à Paris. La colère monte encore d'un cran. Mercredi soir, nouveau texto de Laïb à Sanchez. Dans un flot d'insultes, cette menace : "Je vais m'occuper de toi personnellement pour que toutes les rédactions sachent qui tu es vraiment." C'est ce texto qui aurait été l'élément déclencheur de la garde à vue de Nabila Laïb.

Selon son récit, la journaliste a été interrogée par la police jeudi et vendredi. La jeune femme a ensuite été transférée au dépôt du Palais de Justice de Paris vendredi soir. Elle a dû attendre samedi à 13 heures pour être déférée au parquet, après une nuit passée au dépôt, et la fin de journée pour se voir notifier son contrôle judiciaire par la juge des libertés et de la détention. Au total, trois jours. Placée elle aussi sous contrôle judiciaire, Laïb a cependant échappé au sort des quatre jeunes. Il lui est seulement interdit de rencontrer Sanchez.

La jeune femme ne compte pas en rester là. Trois plaintes contre l'équipe de Doc en stock sont prêtes : une assignation aux prudhommes pour salaires non versés, et deux plaintes pour diffamation. Elles devaient être signées vendredi. En garde à vue, Laïb n'a pu les finaliser. Ce n'est que partie remise, assure-t-elle.

Contactée par @si, l'avocate de Laïb, Me Aude Le Querré, ne souhaite pas s'exprimer. Le Parquet de Paris confirme, lui, que la jeune femme "a été déférée au parquet le 9 octobre" : "Elle a fait l'objet d'une enquête préliminaire, placée sous contrôle judiciaire, et sera jugée le 8 décembre."

Mise à jour - 18h35: Après appel du Parquet, nous avons modifié le titre et une phrase du contenu. Nabila Laïb n'a pas été mise en examen, puisqu'il n'y a pas eu d'instruction dans cette affaire. C'est le Parquet qui a mené une enquête préliminaire, et la jeune femme a été convoquée à un procès, le 8 décembre.

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