Chabot : journalistes "figurants" du débat d'entre-deux-tours
Brève Vidéo

Chabot : journalistes "figurants" du débat d'entre-deux-tours

A l'approche du face-à-face des deux candidats à l'élection présidentielle le 2 mai prochain, Arlette Chabot, interrogée par L'Express, se souvient du débat qu'elle avait animé en 2007 entre Segolène Royal et Nicolas Sarkozy. Un "huis-clos" où les journalistes ne sont "que des figurants", balance-t-elle.

"Ce fut tout simplement épouvantable", se rappelle l'actuelle directrice de la rédaction d'Europe 1 en parlant du débat qu'elle avait animé avec Patrick Poivre d'Arvor en 2007; opposant Nicolas Sarkozy à Segolène Royal. "Ce type de débat n'appartient pas aux journalistes qui l'animent, mais aux deux seuls candidats. Vous devenez moins un journaliste qui interviewe deux responsables politiques en campagne, qu'un acteur inefficace et pris en otage. Et le débat vous échappe." La journaliste est convaincue que le scénario sera le même entre Nicolas Sarkozy et François Hollande : "On s'est retrouvé au coeur d'un huis-clos où tout avait été préalablement réglé dans le moindre détail, comme ce sera le cas mercredi prochain".

En dehors du cadre très particulier du débat avant second tour, les journalistes restent des acteurs-clés d'une campagne présidentielle. Mais pour Arlette Chabot, ils jouent un mauvais rôle. "Aiguillonnés par les sondages, comme en 2007, les journalistes ont tendance à brûler les étapes. Ils ont pour ainsi dire entériné avant l'heure cette présidentielle et ils sont déjà sur les législatives. D'où ces emballements médiatiques."

La journaliste n'est pas tendre avec ses collègues qu'elle estime ralliés au candidat socialiste : "J'ai vécu 1981 avec des confrères qui se découvraient des convictions socialistes et des cartes du PS, quand ils n'avaient jamais eu entre les mains même une carte de la SFIO. J'ai vu, dès janvier 2007, éclore des sarkozystes en herbe. Je vois aujourd'hui des convertis de la dernière heure rouler comme un seul homme pour François Hollande. C'est lamentable. Les journalistes anticipent et aiment surfer aux côtés du vainqueur annoncé."

Chabot sait de quoi elle parle : à l'issue du débat de 2007 entre Sarkozy et Royal en 2007, Arlette Chabot n'avait pas non plus gardé ses distance avec le favori de l'époque, en le quittant sur une bise...

qui avait fait polémiquepicto

Une récidive puisqu'elle avait déjà claqué la bise a François Coppé en 2006 sur France 2. Déçue des promesses non tenues par Nicolas Sarkozy envers les journalistes (conférences de presse régulières, transparence, interviews en-dehors de l'Elysée), elle ne refera peut-être plus la même erreur avec le socialiste : "Souvenons-nous des relations idylliques entre Sarkozy et les journalistes, qui n'ont cessé de se dégrader au fil des mois. (...) Je vois que François Hollande prend aujourd'hui les mêmes bonnes résolutions qu'avait prises Nicolas Sarkozy en 2007 et qu'il n'a jamais respectées."

Malgré les bises, le président avait nommé en 2010 Rémy Pflimlin à la tête de France Télévision. Et ce dernier avait évincé Arlette Chabot de la direction de l'information du groupe.

A l'époque, le matinaute s'était penché sur le "cas Chabot", brutalement devenue martyre du sarkozysme à la suite de son éviction.

(par Anna Ravix)

Partager cet article Commenter

 

Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.

Déjà abonné.e ?

Voir aussi

Ne pas manquer

Abonnez-vous

En vous abonnant, vous contribuez à une information sur les médias indépendante et sans pub.