C+ : Mélenchon boycotte Quatremer et Barbier
Brève

C+ : Mélenchon boycotte Quatremer et Barbier

Jean-Luc Mélenchon accepte de débattre face à Marine Le Pen, mais aurait-il peur des journalistes Jean Quatremer et Christophe Barbier ?

Le leader du Front de gauche, invité dans l'émission "Salut les Terriens", diffusée sur Canal + samedi, a refusé de venir si le journaliste de Libération et le directeur de L'Express étaient présents, comme le signale le Point.fr.



Alors que l'émission devait se tourner dans la soirée du jeudi 8 mars, Quatremer recoit à midi un coup de fil de son éditeur : "la production venait de lui annoncer que Barbier et moi-même n’étions plus invités. Sans explication", raconte-t-il sur son blog. Un peu plus tard, il apprend que c'est Mélenchon qui a posé son veto. Ardisson lui explique : "j’ai reçu un texto insensé de Mélenchon mercredi soir vers minuit". "Il me disait: «tu as invité mes deux pires ennemis, ils sont pourris jusqu’à la moelle, je ne viens pas" . Ardisson annule donc leur venue, et les remplace par Eric Brunet, journaliste sur RMC, auteur de "Pourquoi Sarkozy va gagner", et le directeur du CFJ Christophe Deloire. Au cours de l'émission, lorsqu'il les présente, Ardisson ne précise pas que Barbier et Quatremer auraient dû être à leur place.

Pourquoi ce refus ? Contacté par @si, le conseiller de Mélenchon, Eric Coquerel commence par préciser : "Jean-Luc Mélenchon n'a pas refusé de venir, il a juste dit qu'il n'irait pas si Quatremer et Barbier étaient présents." Soit. Ce qui revient tout de même à mettre Ardisson devant le fait accompli, puisque, aucun autre candidat ne pouvant remplacer Mélenchon dans des délais si brefs.

Une polémique à épisodes oppose Quatremer à Mélenchon. Nous vous en parlions ici. Quatremer avait raconté sur son blog que Mélenchon avait refusé de signer une résolution au Parlement européen condamnant le dirigeant de Biélorussie, Alexandre Loukachenko. Et visiblement, Mélenchon n'a pas oublié. "Quatremer a fait croire que Mélenchon a refusé de condamner Loukachenko, alors qu'en réalité il a signé une autre résolution, écrite par les partis de gauche", précise Coquerel à @si. Sur son blog, Quatremer avance un autre élément, un papier dans lequel ildénonçait le boycott par Mélenchon de la cérémonie de la remise du prix Sakharov du Parlement européen à un dissident cubain.

Coquerel explique à @si que Mélenchon ne voulait pas revenir sur ces polémiques... Sauf que Quatremer était invité chez Ardisson pour la promo de son dernier livre "Sexe, mensonges et médias". "L’émission était divisée en trois parties: la première réservée à Mélenchon, la seconde consacrée à «l’Europe contre Hollande» et la troisième à mon livre «sexe, mensonges et médias»" raconte Quatremer sur son blog. Ce "conducteur" laissait a priori peu de place à une controverse sur la Biélorussie.

Quant à Barbier, la raison du refus de Mélenchon résiderait dans une phrase prononcée quelques jours plus tôt : "il a déclaré que Mélenchon, avec Le Pen, ne fait pas partie de l'arc républicain", déplore Coquerel. L'épisode est peut-être plus complexe. A Quatremer, Barbier explique : "il (Mélenchon), a toujours accepté mes invitations à iTélé et, même si nous avons des relations passionnées et passionnelles, je ne vois pas ce qui motive ce boycott. Il y a simplement eu un incident lors de l’émission d’une heure et demie que je lui ai consacrée dernièrement, comme à tous les candidats à la présidentielle. Pendant le débat, nous avons diffusé le dessin de Plantu paru en “une” du Monde qui l’associait à Marine Le Pen pour dénoncer les populismes. Cela l’a rendu furieux et, après l’émission, il s’est emporté et m’a traité de “fasciste parfumé”".

Ce refus rappelle celui de Marine le Pen de débattre avec Mélenchon dans l'émission "Des paroles et des actes" le 23 février. "Ce n'est pas la même chose", se défend Coquerel : "Lorsque l'on est candidat, on ne doit pas choisir avec quel candidat on débat. Mais l'émission d'Ardisson n'est pas un débat entre responsables politiques. On revendique le droit de ne pas y aller", ajoute-t-il. Même méthode que Marine Le Pen ? La patronne du FN aurait elle-même appelé l'équipe d'Ardisson pour menacer de ne pas envoyer son porte-parole, Nicolas Bay, dans l'émission du 14 janvier, si Caroline Fourest - auteure d'un livre à charge contre elle - était présente. Et Ardisson avait également cédé.

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