Birmanie, Islande, des nouvelles du défaut
Brève

Birmanie, Islande, des nouvelles du défaut

Le défaut sur les dettes ? Un épisode économique assez fréquent comme le raconte l’éconaute dans le premier chapitre de son livre La crise et moi. Pour preuve, deux exemples pris dans l’actualité de ce mardi.

6 milliards de dollars : c’est le montant de la dette birmane mise au placard par le Club de Paris, soit 60% de sa dette publique. Mais qui est donc ce généreux Club de Paris ? Un organisme qui regroupe dix-neuf pays (dont la France, l’Allemagne, la Russie, le japon, etc.), tous créanciers publics détenant des dettes importantes de pays du monde entier. Ce Club officie depuis 1956 et se concentre sur les pays en voie de développement ou émergents. Dans le cas birman, les dix-neuf membres ont salué les réformes économiques envisagées par le Gouvernement de la République de l’Union de Myanmar (la Birmanie donc), par ailleurs engagé dans un programme avec le FMI. Comme le rappelle LeMonde.fr, "le nouveau régime du président et ancien général Thein Sein, au pouvoir depuis près de deux ans, a surpris le monde entier en pilotant un ambitieux programme de réformes politiques et économiques, à la suite du départ sans violence de la junte après un demi-siècle de dictature". Conscients que la dette est un poids, les membres "se sont accordés sur un traitement permettant d’assurer la soutenabilité à long terme de sa dette". La dette extérieure publique birmane est de 15,3 milliards de dollars, dont 10,33 dûs au Club de Paris selon ce dernier. Une remise de dette qui suscite néanmoins l’inquiétude de l’association Info Birmanie citée par RFI : "cette décision […] est selon nous assez prématurée, et de mauvais augure au moment même où le gouvernement birman et l'armée birmane continuent d'attaquer les minorités ethniques, notamment dans l'Etat Kachin, où les combats ont repris plus que jamais."

 

Victoire pour les Islandais : non, ils n’étaient pas tenus de rembourser les Anglais et Néerlandais lors de la faillite de la banque en ligne Icesave implantée en Grande-Bretagne et aux Pays-Bas mais détenue par la banque islandaise Landbanski. Souvenez-vous : à l’époque de l’écroulement du système bancaire islandais, en 2008, la petite île avait décidé de nationaliser ses banques et refusé de payer pour les voisins (un refus validé par les citoyens à l’occasion de deux referendums). Pas contente, la Commission européenne poursuivait Reykjavik mais, comme le raconte Les Echos, elle a été déboutée hier par le tribunal de l'Association européenne de libre-échange (Aele) qui a été formel : il n’y a pas eu infraction aux règles sur les garanties des dépôts bancaires et il n’y a pas eu non plus de discrimination entre épargnants nationaux et étrangers. Conclusion des Echos : "cette décision va donner des arguments à l'Islande pour renégocier sa dette bancaire avec les Européens". Car l’Islande va bien rembourser ses deux pays voisins qui avaient, de leurs poches, dédommagé leurs citoyens… mais dans des conditions plus favorables.
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