Barbier dézingue mélenchon : représailles ?
Brève

Barbier dézingue mélenchon : représailles ?

Barbier se paye le "nouveau Che". Dans son édito au titre évocateur, "Pour en finir avec Mélenchon", paru aujourd'hui dans L'Express, Christophe Barbier, le directeur de la rédaction de l'hebdomadaire, s'en prend avec virulence au candidat du Front de gauche. Mais pourquoi donc aujourd'hui ?

"La mode est au mélenchonisme", assure Barbier. Selon lui, ce que Jean-Luc Mélenchon incarne plaît "plus dans les salons que dans les usines". Le "duel ennuyeux" de la campagne, favoriserait le "spectacle" mélenchonien et expliquerait aussi la popularité du candidat. Mais derrière le "folklore tribunicien" et sa "juste colère", Christophe Barbier décèle "l'annonce (…) des tensions qui déchireront à coup sûr la France dès après son élection".

L'éditorialiste dénonce surtout l'"idéologie totsko-marxo-protecto-nationaliste" du candidat, qui risque de "polluer l'éventuel quinquennat de François Hollande". Celui qui a été conseiller général, député européen, sénateur et ministre est dépeint comme "un candidat du système, nourri aux fromages de tous les mandats et au gâteau du carriérisme politicard". Pas très joli pour le politique, accusé de se "vautrer dans l'invective et dans l'injure".

Mais pourquoi Christophe Barbier fait-il preuve d'autant de hargne? Peut-être en réaction aux bons scores dans les sondages de Mélenchon, qui tournent désormais autour de 10%. On peut aussi penser que Barbier réplique à Mélenchon après que celui-ci a réussi à l'évincer la semaine dernière de Salut les Terriens, l'émission de Thierry Ardisson sur Canal+. Nous en parlions ici : la veille de l'enregistrement, le patron du Front de Gauche avait fixé un ultimatum à Ardisson. Il ne viendrait pas si l'animateur ne décommandait pas les journalistes Jean Quatremer et Christophe Barbier. Ardisson s'est exécuté. Mais si Barbier contre-attaque aujourd'hui, il ne souffle mot de cet affront.

L'origine du conflit entre les deux hommes serait à trouver dans des propos précédents de Barbier, qui a comparé a plusieurs reprises Mélenchon à Marine Le Pen. Il est intéressant de noter que dans le portrait au vitriol qu'il dresse aujourd'hui, l'éditorialiste ne s'aventure plus sur ce terrain. Il explique même que c'est parce qu'il est un "républicain irréprochable, un laïcard intransigeant et un patriote lyrique" que le leader du Front de gauche "a gagné l'estime de ses concitoyens".

(Luc Nakache)

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