Silence médiatique sur les Indiens Mapuches (El Mostrador)
Brève

Silence médiatique sur les Indiens Mapuches (El Mostrador)

"Trente-deux Indiens Mapuches en grève de la faim demandent que la loi antiterroriste adoptée sous la dictature de Pinochet ne leur soit plus appliquée. Comme d'habitude, leur cause est passée sous silence et mobilise moins que celle des pingouins menacés par un projet de centrale" constatait le 31 août un journaliste de la télévision chilienne dans une tribune publiée sur le site d'information El Mostrador, comme le signale Courrier International.


 
"D'après nos faiseurs d'opinion en ligne, et en particulier sur Twitter, la maigre couverture médiatique du conflit mapuche (notamment la grève de la faim de 32 d'entre eux depuis le 12 juillet dernier) serait liée à la censure et au bâillonnement de l'information. Les théories du complot sont souvent séduisantes, mais dans l'immense majorité des cas – et je suis bien placé pour en parler -, là où le spectateur soupçonne manoeuvres ou censure, il n'y a bien souvent que des facteurs bien plus pragmatiques. Et pour cette raison, j'ose soutenir que le peu d'intérêt des médias pour ces grévistes de la faim est à mettre au compte d'une pratique bien plus affligeante, déplorable et inquiétante qu'une censure préméditée : l'indifférence, tout simplement… Ou autrement dit, et peut-être plus familièrement : la flemme. Le sujet n'est pas vendeur. Le sujet est “inesthétique” et “pas vraiment glamour” : il n'est pas aussi "mignon" que celui des dauphins et des petits pingouins de Punta de Choros [réserve nationale de pingouins au nord-ouest du pays menacée par un projet de centrale thermique]. (...) Et ce qui est intéressant ici, c'est que le mouvement sur Twitter, qui critique les médias pour leur couverture du conflit mapuche, se comporte en fait de la même manière que ces derniers, et – très probablement – pour les mêmes raisons. Cette masse qui maîtrise les outils de communication et ne connaît pas les contraintes de l'audiovisuel n'a pas non plus fait grand chose hormis dénoncer, en 140 caractères, le silence ou l'indifférence des médias." écrit entre autres le journaliste de télévision Franco Ferreira.


El Mostrador 31 août 2010

Des Mapuches accusés d'avoir protesté avec violence contre des expulsions ou des confiscations de terres relèvent en effet de la loi antiterroriste. Depuis la parution de cette tribune la médiatisation semble avoir eu lieu, puisque l'information fait la Une du quotidien La Tercera cette semaine.




"Le gouvernement étudie la possibilité d'exclure les attaques contre les propriétés pour arrêter la grève de la faim" indique le titre principal du quotidien chilien La Tercera qui explique en sous-titre que "cette initiative est prise alors que les 32 indiens Mapuches entament leur 57e jour de grève de la faim" ajoutant que "le délit d'incendie est puni d'une peine qui va de 61 jours à 10 ans de prison, alors que si la loi anti-terroriste s'applique, la peine est de 30 ans."

La Terceira lundi 6 septembre 2010 picto
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