Clearstream/Villepin : décryptage (Marianne2)
Les soubresauts juridiques du versant politique de l'affaire Clearstream ne sont pas près de cesser. Hier, c'est le site du Point qui révélait que le procureur chargé de l'affaire avait demandé aux juges de poursuivre leurs investigations sur Dominique de Villepin. Car si les charges n'apparaissent pas suffisantes pour justifier le renvoi de Villepin devant le tribunal correctionnel, il est nécessaire de mener des investigations complémentaires de contexte.
En clair, le procureur demande aux juges d'interroger une nouvelle fois l'ancien Premier ministre. Il s'agit d'établir s'il savait que les fameux listings impliquant des personnalités haut placées comme Nicolas Sarkozy étaient des faux. Il est depuis le 27 juillet 2007 mis en examen pour "complicité de dénonciation calomnieuse".
Une information à laquelle Marianne donne un éclairage intéressant. Pour le journaliste Eric Decouty, spécialisé dans les affaires politico-judiciaire (et déjà invité sur plateau d'@si pour évoquer son enquête sur la caisse noire du patronat ), le procureur Jean-Claude Martin a attendu trop longtemps pour faire cette demande, pour que cela ne paraisse pas louche. Pour le journaliste, la position du procureur suit depuis le début une ligne peu claire, déterminée par ses influences politiques. Etiqueté chiraco-villepiniste au début de l'affaire, il aurait été contacté par Thierry Herzog, l'avocat du chef de l'Etat. Celui-ci lui aurait "fait comprendre" qu'un non lieu de Villepin serait nécessairement interprété comme une défaite de Sarkozy et un succès de son premier ennemi. Or, depuis l'élection présidentielle, continue Decouty, Jean-Claude Marin s'est évertué à donner toutes les garanties au nouveau chef de l'Etat quitte à y perdre, auprès de ses pairs, beaucoup de son crédit. Et de conclure : Ce sont en réalité toutes ces contradictions que le procureur a tenté de résoudre dans son réquisitoire Clearstream : sauver les apparences juridiques, préserver un peu de ses anciennes amitiés politiques et ne pas déplaire au Président de la République.
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