Afghanistan : "bavures", seulement ? (Acrimed)
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Afghanistan : "bavures", seulement ? (Acrimed)

Quand un "pays allié" occasionne la mort de civils au cours d'une opération militaire, on évoque généralement une "bavure". Le site Acrimed critique l'utilisation répétitive de ce terme par certains sites français à propos de l'Afghanistan, et la tendance de certains médias à vouloir, de ce fait, atténuer la responsabilité de l'armée.

Acrimed cite en exemple un article du Figaro qui tend à minimiser la responsabilité de l'armée :

"Lefigaro.fr, après avoir titré, comme en témoigne l’URL restée inchangée, «Afghanistan: L’Otan tue 21 civils dans un bombardement», a finalement préféré présenter l’organisation militaire sous un meilleur jour: Afghanistan : regrets de l'Otan après la mort de 27 civils".

C’est dans le corps de l’article que l’on apprend qu’il s’agissait d’une… «bavure», et même mieux, d’une simple «erreur»:

Nouvelle bavure de l’Otan en Afghanistan. [...]. Ces décès constituent une nouvelle erreur des forces internationales (...)."

"«Bavure» atténue la conséquence. On met en avant une prétendue cause avant d’en décrire les effets [...]" picto

"Libération a choisi un titre qui, avec un raffinement cultivé fort à propos, fait écho à celui du film Mortelle randonnée."

picto Libération 23 février 2010

"Le 16 avril 1999, Libération faisait déjà preuve d’une cinéphilie toujours utile en temps de guerre et titrait «Autopsie d’une bavure», pour évoquer le bombardement par l’Otan d’un convoi civil, faisant 75 victimes. Dix ans plus tard, rien n’a changé – à part le titre du film."

"Mais au fait, qu’est-ce qu’une bavure? À l’origine, nous dit Le Petit Robert[1], le mot désigne une «trace laissée par les joints du moule sur l’objet moulé». D’où, par analogie, la «trace d’encre empâtant une écriture, un dessin». Et par extension, il signifie «erreur pratique, abus, conséquence fâcheuse»."

"Le Robert Historique nous donne cette ultime précision: depuis les années 50, le mot peut désigner «une erreur grave, voire tragique». L’usage de ce terme est-il pour autant anodin?"

Et Acrimed de poser une question : "Si, à l’occasion d’un conflit armé dans un pays étranger, des dizaines de civils français étaient tués, parlerait-on aussitôt, sans prise de distance et sans plus de précautions, de «bavure»?"

(Par Guillaume Stoll)

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