Le gouvernement fait la com' des restaurateurs (La Tribune)
Les membres de la commission des finances du Sénat avaient voté un amendement pour annuler la baisse de TVA à 5,5% dans la restauration et rétablir le taux normal de 19,6%. C’était le 23 novembre dernier. Les sénateurs UMP exprimaient ainsi leur mécontentement vis-à-vis d'une profession qui n'aurait pas joué le jeu en ne baissant pas suffisamment les prix. Depuis, Nicolas Sarkozy a fait savoir qu'il était hors de question de revenir sur la TVA à 5,5%. Aussitôt dit, aussitôt fait. Selon la Tribune, Hervé Novelli, secrétaire d'État chargé du commerce, a décidé de prendre en main la communication des restaurateurs.
Dans son édition du 1er décembre, le quotidien économique explique que le gouvernement a décidé de détourner "en partie la mission originelle du Fonds de modernisation de la restauration géré par Oséo, qui taxe les « grands » du secteur pour aider les plus petits à financer leur mise aux normes. Selon les calculs du gouvernement, la recette correspondante devrait s'élever à 30 millions d'euros par an sur la période 2009-2012. Mais ce fonds comprend aussi un volet intitulé « Promotion », dont le budget est estimé à 9 millions d'euros sur trois ans. Officiellement, cette somme doit être consacrée à « la promotion des métiers de la restauration, et plus généralement de l'image de la restauration ».
Mais sur ce dernier point, le gouvernement, jugeant sans doute inefficace la communication des organisations professionnelles de la restauration, a décidé de se substituer à elles. Il souhaite donc utiliser une partie de cet argent pour financer une « campagne coup de poing sur une période resserrée pour communiquer positivement sur la baisse de la TVA ». Cet objectif, fixé par Hervé Novelli, le secrétaire d'État chargé du commerce, figure dans un document confidentiel daté du 16 novembre que « La Tribune » s'est procuré.
Il a été adressé par Oséo à plusieurs agences de communication afin qu'elles puissent proposer leurs projets et gagner l'intégralité du budget. Les compétiteurs ont été invités à trouver des arguments permettant de retourner « l'opinion publique largement alimentée par les médias qui constituent aujourd'hui une menace forte pour la bonne marche de la réforme » (...)
En quoi le cabinet d'Hervé Novelli est-il légitime à organiser la communication des professionnels du secteur ? « Parce que le taux de syndicalisation dans ce secteur est faible, les organisations patronales ont peu de prise sur les établissements qui ne jouent pas le jeu. Le gouvernement, qui ne peut compter sur les efforts de persuasion des syndicats actuellement en pleine guerre interne, essaie tant bien que mal de faire accepter cette mesure », explique l'un des protagonistes".
Retrouvez toutes les chroniques de Sherlock Com'
Cet article est libre d’accès
En vous abonnant, vous contribuez
à une information sur les médias
indépendante et sans pub.
Déjà abonné.e ? Connectez-vousConnectez-vous