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Peillon-Royal : pourquoi ça fait du bien

Par le - 09h15 - le neuf-quinze

Peillon-Royal

Bien sûr, il y a mille raisons de se lamenter, à l'unisson de tout le monde, de la querelle Royal-Peillon. Ce combat à coups de bazooka à bout portant ("je te vire", "non mais je vous jure, on est en psychiatrie lourde") éclipse la révolte des pouvoirs locaux contre le pouvoir central. Il a presque réussi (pas tout à fait) à éclipser le magnifique voyage "semi-privé" de Sarkozy en Arabie Saoudite (pourquoi "semi-privé" ? se demandait Thomas Legrand, sur France Inter.Y a-t-il une partie privée et une partie publique ? Au dîner, a-t-il été question à la fois des films de Clavier, de Proust, et du nucléaire iranien ? Mystère). Il éclipse d'autres sujets plus importants encore, comme la préparation du sommet de Copenhague.

Et pourtant, osons le dire, du point de vue de l'humble matinaute, cette querelle fait du bien. Parce qu'enfin le PS commence à crever l'énorme abcès de rivalités non dites, de haines, de rancunes, qui l'empoisonne, et le paralyse très savamment. Parce qu'enfin, deux socialistes se détruisent, non pas en langage codé socialiste habituel, c'est à dire en se gardant soigneusementt de prononcer les noms des cibles de ses attaques, mais en langage de cour de récré compréhensible par tout le monde. D'une certaine manière, c'est un grand progrès.

Sur le plan politique, c'est encore plus prometteur. La bataille Royal-Peillon fera un mort, peut-être deux. Si l'un des deux survit, il en sortira auréolé d'un diplôme de tueur de premier ordre, délicate qualité indispensable à la constitution d'une "image présidentielle" sous la V e République. Si tous deux disparaissent, cela fera deux prétendants de moins. Dans tous les cas, cela déblaiera le terrain. C'est un mode de sélection très peu socialiste, mais possiblement efficace.

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