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09h15 le neuf-quinze
Sarkozy, deux contes de la liberté
Par Daniel Schneidermann le 09/11/2009


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Géniale trouvaille, que ce "programme unique", spécial Berlin, sur Radio France. Pour fêter la chute du mur, et la victoire définitive du marché, de la libre concurrence et des pubs en couleur, sur la grisaille communiste, Jean-Luc Hees a donc réinventé le programme unique. Une sorte de Trabant des radios du matin, avec traductions poussives, et anecdote sans intérêt de Nicolas Poincaré, transfuge de France Info, qui a remplacé pour un matin Stéphane Guillon (tiens tiens, le Guillon qui énerve tant Hees. A quelque chose, opération unique est bonne).

Toute aux festivités berlinoises, Radio France n'a pas eu le temps de relever le vilain petit mensonge de Sarkozy, qui prétend sur sa page Facebook avoir été sur place dès le 9 novembre 89, alors que c'était matériellement impossible, comme le relève Alain Auffray, de Libé. Tant pis. L'enquête attendra le trentième anniversaire. Et si vous avez envie de bouder la journée-commémoration, tout en entendant parler du monde d'avant la chute du mur, écoutez donc l'écrivain Jean-Michel Guenassia, d@ns le texte, nous raconter l'époque où la grisaille communiste représentait, pour bien des jeunes écervelés d'ici, un grand espoir.

Tiens, à propos de Sarkozy, un deuxième joli conte de la liberté. Pas Nicolas, pas Jean, non. Pierre. Il manquait à la famille "mon papa est président", celui-là. Nous vous avons raconté dès hier comment Sarkozy Pierre, donc, producteur de rap de son état, a fait appeler un conseiller de l'Elysée, Eric Garandeau, pour décrocher une subvention que la Société Civile des Producteurs Phonographiques lui refusait. Le meilleur n'est pas là. Le meilleur, c'est la défense de Garandeau. «Je suis sollicité en permanence par des producteurs à qui on a refusé une subvention, et je demande systématiquement les raisons du refus» a expliqué Garandeau à l'AFP. Le brave homme ! En voilà un qui ne doit pas chômer. Garandeau a d'ailleurs, explique-t-il toujours à l'AFP, pris deux précautions : préciser, par écrit et par oral, que l'Elysée ne demandait aucun traitement de faveur. Et "ne pas citer le nom de Pierre Sarkozy" dans sa "demande d'explication" sur le refus de la subvention. Garandeau s'est arrêté juste à temps. Encore un peu, il nous expliquait qu'il ne savait même pas intervenir pour Sarkozy, Pierre. En tout cas, le destinataire du message a reçu le coup de fil cinq sur cinq, puisqu'il aurait assuré son interlocuteur du château en faire "une affaire personnelle". Enquête en cours, là aussi.

Mise à jour, 11 h 30 : l'ami David Abiker nous fait remarquer (avec raison) qu'il a abordé le sujet Facebook sur Radio France à 8 h37 (soit sept minutes après que j'ai éteint toutes mes radios pour m'atteler à la rédaction de la chronique). C'est ici.

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