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Carglass (F3) : des employés contestent le documentaire

Par le - 19h08 - buzz
"La mise à mort du travail", documentaire en trois parties diffusé à partir de ce soir sur France 3, consacre un épisode entier à observer les méthodes de management de l'entreprise de réparation de pare-brise Carglass. Sur le forum de France 3, plusieurs internautes, parmi lesquels manifestement des employés de Carglass, débattent déjà de l'émission.


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La partie consacrée à Carglass alterne des scènes de vie en entreprise avec des interviews, notamment du pdg de l'entreprise Eric Girard. Le documentaire entier dépeint les méthodes "d'aliénation" utilisées par la direction.

Contactée par @si à plusieurs reprises la semaine dernière, la direction de Carglass n'a pas souhaité s'exprimer sur le reportage.

En revanche, sur le forum de France 3 consacré à l'émission, la polémique a déjà commencé, avant même la diffusion du documentaire (qui aura lieu ce soir). Si l'on en croit les dires des forumeurs, il s'agit de plusieurs employés de Carglass, qui ont pu visionner le documentaire en interne. Mis en cause par des salariés, le réalisateur Jean-Robert Viallet et son producteur Christophe Nick n'hésitent pas à venir répondre aux internautes.

Le réalisateur est accusé de partialité : "Ce documentaire ne vaut rien sur un plan journalistique, il ne dit rien sur le réel. En revanche, il en dit beaucoup sur ce que M. Viallet a dans la tête mais je doute que ça intéresse grand monde." (...) Au final, ce documentaire ne soulève pas les bonnes questions et n'apporte bien entendu aucune réponse." "En fait j'apparait sur l'une des vidéo et je trouve scandaleux le montage qui a été fait", témoigne nathounet. Surtout, comment expliquer que le pdg ait choisi d'ouvrir ainsi les portes de l'entreprise ? Pour plusieurs internautes, l'équipe du film a menti pour arriver à ses fins. ""Le patron il est hyper compétent, il a du se faire "enfumer" par ces manipulateurs de journalistes, des faux culs !!! ", écritchristoto3. Plusieurs disent aussi avoir noué des liens avec l'équipe du film, et se sentir trahis.

Certains témoignages semblent plus crédibles que d'autres. Exemple : "Je ne suis pas salariée de cette société, mais à la vue des reportages, je me dis que si ma boîte me proposait ce genre de séance (de motivation de groupe, montrée dans le film, ndlr), je serais plus épanouie. Du coup, je suis mal à l'aise car je ressens un profond décalage entre ce que le réalisateur a filmé, et ce qu'il essaie de nous faire croire, comme s'il fallait tordre l'image, lui faire évoquer, à coup de voix et de phrase off lugubre, ce que de toute façon, il avait rêvé de nous dire, pour faire un beau petit reportage, bien commercial, à l'époque où le sujet est vendeur", écrit Emmadulub. Ce à quoi le producteur, Christophe Nick, répond du tac au tac. "Etant donné que seuls quelques cadres dirigeants de Car Glass ont vu le film en question (votre allusion aux commentaires prouve que vous parlez du film et pas des modules sur internet, donc que vous faites parti des initiés) je ne vois pas comment vous pouvez vous présenter comme "je ne suis pas salariée de cette société". Le reste de votre témoignage en est du coup réduit à sa vacuité".

Un autre internaute au pseudonyme évocateur — "Carglassien" — mène la charge. Il évoque les "contre-vérités" du reportage : "Quand ils filment le service en Espagne qui rappelle nos clients pour mesurer leur satisfaction, il est dit : "CARGLASS a délocalisé en Espagne, là ou le SMIC est 2 fois moins élevé qu'en France" (voix déprimante et musique choc de rigueur...). Or les employés de ce service sont, en extrême majorité, des étudiants français qui sont en Espagne en Erasmus et ont des contrats étudiants... C'est quand même dommage que les journalistes aient oublié de préciser ça ! Etrange autocensure pour coller au sujet." Là encore, Viallet vient répondre : "Le com dit ...des enquêtes confiées à un prestataire délocalisé en Espagne ...là ou le smic est deux fois moins cher". Et donc tous étudiants qu'ils sont, ils sont également dans le cadre de ce travail des salariés d'une entreprise, payés au smic horaire espagnol. Ce qui donc revient moins cher au contractant. C'est tout. Rien à voir avec une erreur journalistique. C'est factuel rien de plus."

Parmi les internautes se disant employés de Carglass, certains semblent en accord avec le reportage. Mais il y a peu de chance que l'on entende l'un des deux camps dans les prochains jours : "Nous sommes sommés, depuis une dizaine de jours, à ne répondre en aucune manière à d'éventuelles sollicitations journalistiques et devons systématiquement donner un numéro renvoyant à une cellule dédiée à cela", explique Marionou007.

Pour entendre le réalisateur s'exprimer sur son film, le 25 septembre dernier, dans un débat sur la souffrance au travail, c'est par là. Depuis, aussi bien le réalisateur que la direction de Carglass ont refusé notre invitation pour un débat contradictoire sur le documentaire.


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