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16h34 éconaute
Chut ! Le FMI "pense" aux restructurations de dettes
Par Anne-Sophie Jacques le 25/06/2013

Qui a dit : "on ne peut pas s'offrir le luxe de ne pas penser aux restructurations de dette publique" ? Cette belle double négation n'est ni l’œuvre du porte-parole d’Attac ni de Jean-Luc Mélenchon mais de l’économiste en chef du FMI, Olivier Blanchard, au détour d’une rencontre avec l'éditorialiste des Echos Jean-Marc Vittori.

Dans un long portrait dithyrambique – on sent l’admiration de l'éditorialiste des Echos pour ce "seigneur de l’économie", avec "sa longue silhouette élégante de jeune homme malgré l'approche de ses soixante-cinq ans" et "son regard bleu acier au loin" – Olivier Blanchard, économiste en chef du Fonds monétaire international, s’épanche. Il doute de l’efficience des modèles macroéconomiques qu’il utilise et avoue notamment avoir "sous-estimé le rôle de la finance".

Repris par la Tribune sous le titre "le blues de l'économiste du FMI", les propos de Blanchard résonnent avec le mea culpa du Fonds qui, dans un rapport rendu public, avoue des échecs notables sur le plan de sauvetage de la Grèce en 2010. Un mea culpa qui n’en est pas vraiment un, comme l’estime Romaric Godin, autre journaliste de la Tribune qui a bien lu le rapport auto-flagellatoire du FMI et conclut aux larmes de crocodiles : "le FMI s'évite un débat sur sa propre idéologie qui, elle, n’est pas remise en question", à savoir la dévaluation interne chère à l’Allemagne, en gros la compression des salaires.

Blanchard Les Echos

Mais l’article des Echos recèle une petite info passée inaperçue : "les chercheurs du Fonds ont lancé une série d'études, à la fois historiques et théoriques, sur les faillites d'Etat". Pourquoi? En raison de "la dégradation des finances publiques". Blanchard est formel: "on ne peut pas s'offrir le luxe de ne pas penser aux restructurations de dette publique. Si un pays a 0% du PIB de dette publique, il n'a aucun problème. S'il a 400% du PIB, c'est intenable. A quel moment assoit-on débiteurs et créanciers autour de la table ? A quel moment le créancier a-t-il intérêt à négocier, pour perdre 50 ou 70% et non la totalité de son argent ?" Vittori, lui, "pense tout de suite au Japon". Nous, on pense tout de suite aux dettes publiques de la zone euro qui gonflent inexorablement.

Du reste, le FMI n’est pas le seul à plancher sur cette question. Dans une note parue hier (format PDF), Patrick Artus, directeur de la recherche et des études de la banque Natixis, propose "d’envisager sérieusement une réduction des vieilles dettes" de la zone euro, soit, dit-il, "une restructuration avec défaut partiel". Voyez : le défaut, on y vient.

Le défaut sur nos dettes ? C’est le premier chapitre du livre de l’éconaute La crise et moi qui épluche cette question encore taboue, mais peut-être plus pour longtemps.


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