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Diallo/sexisme : RMC mis en demeure

Par le - 17h50 - suivi

RMC se fait taper sur les doigts par le CSA. Mercredi, le Conseil supérieur de l'audiovisuel a mis en demeure la radio RMC pour les "propos injurieux, misogynes, attentatoires à la dignité de la personne et à connotation raciste" tenus à l'antenne au sujet de Nafissatou Diallo, le 21 janvier lors de l'émission "Les grandes gueules". Nous le racontions ici.

"Tu veux que je sois politiquement totalement incorrecte ? [...] Je me demande, c’est horrible à dire, si c’est pas ce qui lui est arrivé de mieux", avait déclaré l'une des invitées de l'émission, Sophie de Menthon, à propos des indemnités perçues par Nafissatou Diallo. Les autres propos incriminés avaient été prononcés par le chroniqueur Franck Tanguy. Il avait notamment affirmé que la jeune femme vivait un "conte de fée".

Voici cette mémorable séquence picto

La mise en demeure est le deuxième niveau d'avertissement du CSA après la mise en garde. Mise en garde qu'avait reçu précédemment RMC après des propos sexistes dans une autre émission, le Moscato Show, nous vous en parlions ici. En cas de récidive, le gendarme de l'audiovisuel peut décider - dans de très rares cas - de sanctions. Par exemple : la suppression d'une tranche de publicité, la lecture d'un communiqué d'excuses lors d'un journal télévisé ou une amende qui peut aller jusqu'à 3% du chiffre d'affaires, précise l'AFP.

La condamnation suscite des bisbilles au sein de l'équipe de l'émission. "La condamnation (du CSA) ne s'exerce pas à mes dépens. Elle est bien celle de l'émission et de l'animateur", a fait valoir à l'AFP Sophie de Menthon. Interviewé par Ozap, le présentateur, Olivier Truchot, considère de son côté que cette mise en demeure est "injuste". Et il s'en prend à Sophie de Menthon, estimant que celle-ci a "franchi la ligne rouge". Il assure que lui-même avait condamné immédiatement ses propos lors de l'émission.

Dans un communiqué envoyé aux rédactions, de Menthon tente, tant bien que mal, de se justifier. "Je m'excuse sincèrement d'avoir blessé des femmes par ce raccourci qui a laissé penser que j'exprimais un point de vue méprisant, aux antipodes des valeurs que je défends et qui me sont chères depuis 30 ans de militantisme en faveur de la place des femmes dans la société et de l’égalité des chances." Elle explique qu'en réalité il fallait comprendre... le contraire de ce qu'elle a exprimé lors de l'émission. "Ce qu’il fallait comprendre au regard de cette affaire traitée par la justice américaine aux mécanismes singuliers, c’est qu’il ne faut pas que de telles circonstances finissent par pouvoir être perçues comme étant "ce qui pourrait lui arriver de mieux". En effet, ce serait alors plus de deux siècles de luttes pour l’accès à l’éducation et à l’égalité des chances qui seraient mis à mal. C’est la leçon qu’il faudrait en tirer", écrit-elle dans le communiqué. Dommage qu'elle ait dû condenser dans l'émission une pensée aussi riche.

RMC avait reçu une mise en garde (premier niveau d'avertissement) du CSA suite à des propos sexistes dans une autre émission, le Moscato show. Nous vous en parlions ici.


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