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Mali : le Pentagone ne fera finalement pas payer la France (WSJ)

Par le - 21h43 suivi

D'où viennent les atermoiements américains sur l'aide militaire apportée à la France au Mali ? Doit-elle être payante ou gratuite ? Dans le Wall Street Journal, on peut lire que "La France est étonnée" du peu de soutien de l'administration Obama à l'intervention au Mali. Pis, les Etats-Unis ont, un temps, envisagé de faire payer l'aide logistique à la France, avant de faire volte-face. Un débat guère médiatisé en France.

RAF

Boeing C-17 de la Royal Air Force sur la base aérienne d’Evreux, le 14 janvier 2013 (photo EMA / Armée de l’Air)

Les médias français ont peu évoqué le sujet. Il est pourtant potentiellement très polémique. Après avoir, dans un premier temps, envisagé de demander à la France de payer la facture pour l'aide au transport aérien militaire effectué par gros porteurs américains, le Pentagone y a renoncé le week-end dernier. Le Wall Street Journal ne rentre pas en détail dans les raisons de ce changement. Toutefois, il le lie aux commentaires des officiels français sur l'attitude de l'administration Obama, publiés la semaine dernière dans...le Wall Street Journal. Ce sont du moins les informations obtenues, à Paris, par l'un des deux auteurs de l'article.

Le coût de la facture à présenter à la France était d'environ 20 millions de dollars, pour une trentaine de vols aller-retour, entre la France et l'Afrique.

L'article cite des critiques françaises "inhabituellement dures qui soulignent la frustration d'un allié de longue date face à l'engagement des USA au Mali."

Avant de faire volte-face, les Américains ont d'abord défendu le principe du paiement par la France de l'aide logistique. A leurs yeux, après dix ans de guerre en Afghanistan, les contribuables européens devaient payer pour leur défense. Et ce d'autant plus que le Pentagone subit des pressions de la Maison Blanche et du Congrès pour réduire ses dépenses.

Sous la version en ligne de l'article du Wall Street Journal, on trouve dans les commentaires des critiques acerbes contre la France. Ils évoquent la mise en place des 35 heures ou les dépenses d'aide sociale trop importantes, au détriment de l'équipement en avions militaires de transport. En gros, si les Français n'ont pas voulu s'acheter assez d'avions, c'est de leur faute, et nous n'avons pas à payer pour eux.

Leon Panetta, ministre américain sortant de la Défense, a évoqué ce point lors d'un déplacement à Rome, le 16 janvier dernier signale Reuters. Lorsque des journalistes lui ont demandé pourquoi les décisions concernant l'aide militaire à la France étaient si longues à prendre, il a répondu qu'il fallait vérifier que "nous avons toutes les autorisations légales pour le faire". Quand on lui a demandé s'il avait fallu des autorisations pour combattre Al Quaeda après le 11 septembre, il a plaisanté en disant "Une chose que je sais, c'est que où que je me tourne, je vois une armée d'avocats" avant de conclure "Il n'y a aucun doute que nous devons tous apporter toute l'aide possible à la France" en précisant que ce n'était pas une guerre française, mais "un effort international".

Le Pentagone a donc finalement accepté de transporter par avion un bataillon de l'armée française, soit environ 800 hommes, entre l'Hexagone et le Mali. C'est ce qu'annonçaient jeudi dernier des responsables militaires américains cités par une dépêche de l'agence Dow Jones. Ces vols devaient commencer cette semaine pour transporter un bataillon d'infanterie mécanisée depuis le sud de la France jusqu'en Afrique. Les USA envisageaient une trentaine de vols, mais ils s'attendaient au départ à ce que la France couvre les frais de ces vols.

Outre le fait que la France ne dispose pas d'une flotte d'avions de transport suffisante pour ses propres soldats, il faut aussi acheminer les troupes des pays africains qui sont censées former une coalition pour intervenir au mali. Problème : l'alliance Economic Community of West African States (ECOWAS) qui rassemble les Etats Africains n'a pas non plus les moyens de payer pour cette intervention. Il faudra donc que plusieurs pays, y compris européens, participent financièrement à cette guerre. Une conférence des donateurs est même prévue le 29 janvier prochain à Addis Abeba comme le signale la radio internationale allemande Deutsche Welle.


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