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Mali : la presse algérienne critique son gouvernement, et la France

Par le - 17h05 - lu

La presse algérienne constate que l'Algérie qui avait privilégié le dialogue pour résoudre la crise malienne se trouve prise à contre pied et a perdu l'initiative, alors que l'offensive de la coalition islamiste vers Bamako ferait le jeu de la France et de son président.

 

Watan

Ce lundi, El Watan constate que l'Algérie s'implique dans le conflit malien : "En fermant sa frontière et en ouvrant son espace aérien, Alger entre ouvertement dans le conflit. L’Algérie s’implique dans la guerre contre les groupes terroristes au Mali. Au troisième jour des raids menés par l’armée française contre les bastions islamistes au nord du Mali, Alger a autorisé le survol de son espace aérien aux Rafale français."

"Fin octobre 2012, l’armée algérienne avait déployé 35000 hommes à la frontière sud avec le Mali. Une muraille militaire érigée pour empêcher toute infiltration des éléments djihadistes. Et l’arrivée du Premier ministre malien, Diango Cissoko, à la tête d’une importante délégation, civile et militaire, hier à Alger, est on ne peut plus opportune." ajoute El Watan

Une analyse estime qu'Alger a fait une erreur en croyant à la négociation :"En pensant pouvoir convaincre Iyad Ag Ghali, le chef du groupe islamiste Ançar Eddine, dont les acolytes contrôlent actuellement plusieurs villes de l’Azawad, de renoncer à la violence et de négocier bien sagement avec Bamako un règlement politique à la crise malienne, l’Algérie a visiblement fait preuve de naïveté. Une telle erreur de jugement trouve pourtant difficilement une explication. L’Algérie est un pays qui a payé un lourd tribut dans la lutte contre le terrorisme. Tout le monde sait maintenant depuis belle lurette que l’on ne peut pas vraiment faire confiance à un groupe islamiste armé."

 

"Cette décision de déclencher une guerre contre le terrorisime en Afrique tombe à pic pour un François Hollande au plus bas dans tous les sondages alors qu'il n'est entré en fonction que depuis 7 mois. Simple hasard surement pas" note avec sévérité Liberté en page 2.

 

"L’intervention militaire française au Mali a été baptisée du nom de code Serval. Pour ceux qui ne le savent pas, le Serval est un petit félin africain qui a la particularité d’uriner 30 fois par heure pour marquer son territoire. " remarque aussi, Liberté.
"Malgré les précautions sémantiques et les éléments de langage dont use l’Élysée pour légitimer une intervention militaire aux conséquences terribles sur la sous-région, François Hollande a démontré qu’il ne peut rien changer à la réalité de la Françafrique. (...) Il est trop tôt de spéculer sur l’issue de cette intervention militaire qui devait avoir lieu. Tout est une question de timing."

Un deuxième article plus nuancé souligne l'échec de l'Algérie "La seconde manche de la guerre a éclaté plus tôt que prévu au Mali. Les organisations terroristes étaient probablement impatientes de conquérir ce qui restait à occuper du territoire malien. (...) l’instauration de la charia au Mali. La destruction des mausolées de Tombouctou, les viols de femmes et les amputations de jeunes Maliens à Gao, ne suffisaient-ils donc pas à justifier l’urgence d’une intervention ?Si l’on pouvait s’assurer la paix par “le dialogue” avec les groupes islamistes, nous l’aurions su. Chez nous, d’abord. En fait, c’est la réalité du terrain qui a disqualifié une indécision qui aura marqué la position algérienne depuis le début de la crise."

Liberté

 

Expression

Sous le titre "La "mouche" qui a piqué Hollande" l'éditorial de l'Expression en page 3 constate "La France est bien seule à faire le coup de feu au Mali. Au quatrième jour de son intervention militaire, l'Angleterre a consenti à l'aider avec deux avions de transport tandis que les Etats-Unis consentent à lui fournir des renseignements. Bien maigre consolation. (...) Cet isolement de la France contredit l'argument de «la légalité internationale» avancé par le président français pour justifier son intervention qui a, de toute évidence, été décidée dans la précipitation."

 

L'édito ajoute ensuite "De tout ceci il apparaît que l'armée française va s'efforcer de sécuriser la ligne de démarcation entre le nord et le sud du Mali et s'y installer comme une digue pour protéger ses ressortissants. Cela fera une base militaire supplémentaire pour la France en Afrique. Pas question de pourchasser les terroristes dans le désert. Ce bourbier sera laissé aux troupes africaines qui se sont annoncées!" Mais il semble déja démenti par les faits puisque les avions français ont bombardé les bases arrières islamistes.

 

 

 

Hier, dimanche El Watan notait que la diplomatie algérienne s'était engagée dans une impasse en croyant à la négociation avec un des acteurs de la coalition hétéroclite qui tente de contrôler le mali.

"Le gouvernement algérien qui, depuis le début du conflit de l’Azawad, s’est constamment dit opposé à une présence militaire occidentale au Mali, semble désormais avoir changé son fusil d’épaule. Le ministère algérien des Affaires étrangères s’est, en tout cas, montré hier compréhensif concernant la décision du gouvernement malien de transition de faire appel à l’aide de la France pour reprendre la ville de Konna, près de Mopti (centre), tombée jeudi aux mains d’islamistes armés. Mieux, Alger – qui a mis du temps pour rendre publique sa position au sujet de l’intervention française au Mali – laisse même penser que son armée pourrait aussi bientôt entrer en action pour chasser les différents groupes terroristes armés qui occupent le Nord-Mali depuis le mois de mars dernier. Des sources proches du dossier se sont d’ailleurs faites fort de rappeler que «l’Algérie n’a jamais exclu le recours à la force pour éliminer la menace terroriste»." écrit El Watan avant de conclure "Bref, dans le cas malien, l’on espère encore que la guerre ne servira qu’à mieux préparer la paix. "

Watan

 

Le Soir d'Algérie publie, aujourd'hui, une interview du professeur Ahmed Adimi, colonel à la retraite et enseignant en sciences politiques à l’Université Alger III, qui estime que l’intervention militaire française au Mali est une des étapes d’un plan visant l’installation de forces étrangères dans la région du Sahel.

"Les Français savaient que leur intervention en Libye provoquerait un retour des militaires touareg pro-Kadhafi vers le Mali. Ils avaient aussi prévu le déversement des stocks d’armements libyens dans l’ensemble de la bande du Sahel." explique Adimi.

"Cette guerre va sûrement durer très longtemps. Après l’appel lancé par le porte-parole d’Ansar Dine, il faut s’attendre à une ruée de tous les aventuriers du monde vers le Sahel. Tous les djihadistes du monde vont affluer pour participer à cette nouvelle croisade. Ne soyons pas naïfs, on ne combat pas le terrorisme en engageant des opérations militaires comme celle qui se déroule actuellement. On ne tue pas les mouches avec des canons."

"Mais nous devons reconnaître que c’est l’absence de la diplomatie algérienne en Afrique qui a permis cela."

Expression

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