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21h52 buzz

Rue89 lance un "cumuloscope"

Par la rédaction le 04/09/2012

Depuis lundi, Rue89 propose sur son site "le Cumuloscope", qui permet aux internautes d'appeler les parlementaires socialistes cumulards à abandonner leurs casquettes en surnombre. Une initiative qui engage le site dans la lutte contre le cumul des mandats. Pour quels résultats jusqu'à présent ?

Comme le rappelle Rue89, à ce jour, 231 parlementaires socialistes cumulent toujours plusieurs mandats. Or, si la loi ne l'interdit pas, le PS a ses propres règles en la matière. Ainsi, en 2010, le parti a voté une règle de non-cumul, censé s'appliquer trois mois après l'élection des parlementaires. Mais elle n'est pas respectée par la grande majorité des élus socialistes.

Pour encourager les cumulards à démissionner, Rue89 invite les internautes à les interpeller sur la toile. Pour ce faire, une liste affichant le nom de tous ceux qui ne respectent pas la règle de leur parti est affichée sur le site. A côté du nom de chaque député cumulard, sont indiquées ses fonctions et ses coordonnés mail, Facebook et Twitter. Il suffit donc pour l'internaute, en théorie, de cliquer sur l'un des onglets, pour interpeller le député ou sénateur concerné.

Le "Cumuloscope" de Rue89 picto

cumul4

@si a trouvé l'initiative intéressante, et a voulu mesurer les réactions des internautes, ainsi que l'impact chez les politiques concernés.

Mais première déception, lorsqu'on clique sur l'onglet Facebook d'un cumulard, on tombe bien sur sa page, mais bien souvent aucun commentaire ne l'interpelle. Cette quasi-absence de commentaires semble provenir du fait qu'il faut d'abord adhérer à la page du politique, c'est à dire la "liker" en langage 2.0, pour pouvoir laisser un message.

Une démarche qui a pu en démotiver plus d'un. Du coup, nous n'avons trouvé qu'une seule page Facebook contenant des commentaires dénonçant le cumul des mandats...

... celle du député-maire, Jean-Pierre Allosserypicto

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cumul3

Du côté de Twitter, le procédé semble plus simple. Il suffit de cliquer sur l'onglet adéquat pour voir un message pré-écrit apparaître, à l'intention du député ou sénateur en question. Un exemple, si vous voulez envoyer un message au député et maire Laurent Baumel, vous verrez le message suivant apparaître : "Dites donc @laurentbaumel, il est temps d'arrêter de cumuler, non ? http://www.rue89.com/node/235044 #cumuloscope via @Rue89." Du coup, les réactions sont plus nombreuses que sur Facebook.


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Ainsi, le député et vice-président du conseil régional de Haute-Normandie Guillaume Bachelay a reçu un peu plus d'une dizaine de messages l'invitant à démissionner de son poste de vice-président. Suite à cette initiative, François Rebsamen, maire de Dijon et président du groupe socialiste au Sénat, récent pourfendeur de la règle anti-cumul, a fait savoir sur la twittosphère qu'il cumulait certes les mandats, "mais pas les indemnités".

Malheureusement, l'application Twitter du cumuloscope de Rue89 rencontre aussi quelques limites, puisque certains sénateurs ou députés ne possèdent pas de compte sur le réseau... Le message pré-rédigé n'est alors adressé à personne.

Pas d'impact pour l'instant

Mais que pensent les principaux intéressés de cette initiative de Rue89 ? Leurs boites mails ont-elles explosé suite aux plaintes des internautes? Des démissions en perspective pour les députés ou sénateurs? Pour le moment, loin de là, selon un rapide tour de bureaux de parlementaires effectué par @si. Ainsi, l'attaché parlementaire du député et maire Jean-Paul Bacquet (Puy-de-Dôme), dit ne pas avoir été interpellé. De même, pour l'attaché parlementaire de la députée Carole Delga (Haute-Garonne), qui considère l'initiative comme marginale. Ajoutant qu'étant maire d'une petite commune, les deux fonctions étaient tout à fait cumulables.

Un autre député et adjoint au maire, Luc Belot (Maine-et-Loire), n'a lui été interpellé qu'une seule fois sur twitter et a de toute manière déposé sa démission d'adjoint ce matin. Une décision prise...avant le lancement du cumuloscope, assure-t-il.

(par Justine Cohendet)


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