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13h31 grrr !

Serge Dassault, simple sénateur dans le Figaro

Par la rédaction le 25/07/2012

Au Figaro, on assume de mieux en mieux les conflits d'intérêts. Dans son édition du jour, le quotidien se penche sur les débat du Sénat, où la droite "se bat contre les hausses d'impôts". Pour compléter le propos, il donne aussi la parole, dans un bel encadré, à un certain Serge Dassault, sénateur UMP intervenu durant la séance de la veille. Dassault est aussi, bien sûr, propriétaire du Figaro, mais pas un mot dans l'article ne vient le préciser.

Les journalistes du Figaro auraient-ils oublié le nom de leur patron ? Dans un article qui reprend les propos de Serge Dassault au Sénat, le journal n'a pas jugé utile de préciser que l'octogénaire, membre du groupe UMP à la Haute assemblée, n'est autre que son propriétaire.

Dans cet article, le quotidien - qui vient de changer de directeur de la rédaction avec la nomination d'Alexis Brézet en lieu et place d'Etienne Mougeotte - débute de la sorte : "Sénateur UMP de l’Essonne, Serge Dassault est intervenu mardi soir à la Haute Assemblée lors de la discussion générale sur le collectif budgétaire." Dassault est ensuite présenté en tant que "membre de la commission des finances" ou "parlementaire." Sans la moindre précision quant à son rôle de président de la Socpresse, maison-mère du quotidien.

Dans les colonnes de son journal, le sénateur s'offre ainsi une belle tribune, avec un article qui reprend une à une ses recommandations. Au menu par exemple : "Abroger les 35 heures" et "relever à 23 % le taux normal de la TVA".

Dassault Impôts - Le Figaro - 25/07/12

Mais le journaliste s'enquiert aussi de l'imposition de son patron, qui "s’est opposé au projet d’impôt sur le revenu pouvant atteindre un taux marginal d’imposition de 75 %". Pas étonnant de la part de l'industriel, dont la fortune était estimée à près de 7 milliards d'euros en 2010.

Ce n'est pas la première fois que Le Figaro se montre complaisant à l'égard de son patron et se penche sur ses faits et gestes. En tant que sénateur déjà, alors qu'Etienne Mougeotte dirigeait encore la rédaction, mais aussi en tant que "philanthrope capitaine d'industrie", dans deux colonnes élogieuses. Un article empreint de flagornerie rédigé à l'occasion d'une médaille des mains du ministre de la Culture. Dans les deux cas pourtant, les journalistes avaient rappelé que Dassault était le propriétaire de leur journal.

(Par Thomas Deszpot)


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