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"Parcage" des journalistes au sommet de l'Otan, l'AFP raconte

Par le - 23h06 - lu

Chicago aura été le sommet de trop pour Joanna Biddle. Cantonnée bien loin des dirigeants politiques, cette correspondante de l'AFP à Washington est repartie frustrée de la réunion de l'Otan des 20 et 21 mai. Frustrée de devenir "le vulgaire instrument d’une sorte de cabinet officieux de relations publiques". Elle a décidé d'en faire un billet pour le blog collectif de l'AFP.


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"Accès de plus en plus restreint des journalistes aux dirigeants politiques et à leur entourage", "impression que les gouvernements ont accru leur contrôle sur les médias", "parcage" des journalistes, Joanna Biddle dresse un tableau noir de la couverture médiatique des grandes rencontres internationales. Alors que des milliers de journalistes sont accrédités pour ces grand-messes, les contacts entre ceux-ci et les dirigeants politiques sont de plus en plus limités. Ainsi la journaliste de l'AFP observe: "Ce n’est qu’au bout d’un jour que je me suis rendue compte que la rencontre entre des dirigeants de l’Otan avait lieu dans le même bâtiment. A un autre étage, auquel presque aucun d’entre nous n’avait accès."

Qu'en est-il des points quotidiens et des conférences de presse de présidents, comme celle de Barack Obama à Chicago ? Des "os à ronger" jetés "aux journalistes accrédités", pour Biddle. Les déclarations calibrées et officielles ne suffisent pas. "Régurgiter déclarations et communiqués n’aide pas les gens à mieux comprendre les tenants et les aboutissants des grands problèmes mondiaux", se plaint la journaliste.

D'ailleurs, elle assiste à ces points presse... derrière son ordinateur! Petite explication de la correspondante: C'est "le prix à payer pour prévenir tout retard. Dans le monde instantané des réseaux sociaux, une journaliste d’agence doit être sur le qui-vive, traquer la «petite phrase qui tue» dans un discours et la diffuser sans perdre de temps, de préférence dans la minute où elle est prononcée."

L'accès aux dirigeants n'a pas toujours été aussi vérouillé. Il y a eu un avant et un après 11-septembre. "Depuis cette tragédie, les gouvernements et les organisations internationales ont complètement remis à plat leurs plans et leurs stratégies en matière de sécurité", explique Biddle. C'est là qu'il a fallu dire adieu aux informations obtenues de haute lutte sur le terrain. "Finies les conversations discrètes dans les couloirs avec les membres des cabinets des chefs d’Etat. Finies les rencontres fortuites avec les dirigeants du monde. Fini le contact visuel avec eux. Fini l’information sur ce qui se passe réellement dans les salles de conférence et dans leurs coulisses."

Biddle envisage un futur encore plus sombre: "Dans seulement quelques années, la conférence de presse-fleuve au cours de laquelle nous avons encore une petite chance de poser de vraies questions (même si, de plus en plus souvent, ces questions doivent être transmises à l’avance aux organisateurs) se transformera peut-être en vidéo conférence pour le plus grand nombre, avec seulement quelques journalistes triés sur le volet autorisés à y assister en chair et en os." Maigre consolation, la journaliste pourra ainsi "«couvrir» un sommet de premier ordre depuis le confort de [son] living-room".


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