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Libye : Espionnés grâce à la France, ils parlent (Canal+)

Par le - 16h06 - à voir et revoir

Les "traqués" parlent. Dans un documentaire diffusé ce soir sur Canal +, le journaliste Paul Moreira enquête sur la façon dont le régime de Kadhafi a pu espionner les internautes libyens, pour mieux organiser sa répression. Une chasse aux dissidents qui a été rendue possible grâce à Amesys, filiale de la société française Bull. Et avec l'accord du gouvernement français, affirme Moreira.

Ils sont trois. Journaliste, écrivain, blogueur. Ils racontent comment ils ont été arrêtés, interrogés, torturés, par la police politique de Kadhafi, après que leur correspondance internet et leurs SMS ont été interceptés, grâce au logiciel espion Eagle, de fabrication française. "Le mot internet était devenu synonyme de danger pour Kadhafi", explique ainsi Habib Al Amin. Qui dénonce : "Vous l’avez aidé à accéder à notre vie privée. Vous avez facilité les arrestations et les exécutions. C’est une honte, c’est immoral, inhumain que ces entreprises fonctionnent toujours, qu’elles ne se soient pas excusées."

La charge est rude picto

Le site Owni, dont les enquêtes sur le sujet ont largement alimenté le travail de Moreira, relaye des extraits du documentaire et indique qu'il "publiera demain un livre consacré à ce scandale, avec de nouvelles preuves de l’implication “personnelle” de Claude Guéant, Brice Hortefeux et Nicolas Sarkozy dans ce projet de «surveillance massive» de l’Internet libyen", qui aurait été "pensé et conçu par les services de renseignement français comme un «test» susceptible d’être déployé ailleurs".

Le pouvoir français impliqué ? Depuis cet été, c'est toute la question. Hier, le ministère des Affaires étrangères a répondu qu officiellement, ce n'était pas le cas, comme l'a relevé Numerama. Dans une réponse à une question d'un député socialiste, publiée au Journal officiel, le Quai d'orsay a fait savoir que les logiciels d'espionnage "n'entrent pas dans la catégorie des matériels de guerre" et qu'ils "ne font donc l'objet, selon les réglementations française et européenne, d'aucun contrôle préalable à l'exportation" : "Si un tel matériel a été exporté vers la Libye depuis la France, l'exportateur n'avait donc pas besoin d'obtenir une autorisation à cette fin, ni d'en informer l'administration."

Pour tout comprendre des avancées de l'enquête journalistique sur Amesys, relisez notre article qui fait le point.


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