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La presse allemande, disséquée (blog Gaucher)

Par le - 10h49 - lu

Des millions d'exemplaires vendus chaque jour, un nombre ahurissant de journaux différents... Vue de France, la presse allemande est un modèle à suivre. L'est-il réellement ? Le blogueur Erwann Gaucher a posé la question à Valérie Robert, une universitaire (Paris 3) qui vient de publier un livre comparant l'état de la presse en Allemagne et en France.

La chercheuse tempère le regard optimiste français sur les médias allemands : "D’un point de vue français, la presse allemande se porte à merveille. (...) D’un point de vue allemand, cependant, la presse traverse la plus grande crise de son histoire. (...) Les éditeurs allemands réagissent à cette crise comme leurs collègues français (...) : suppression de postes, externalisation de certaines tâches voire de toute la rédaction, salaires en deçà des tarifs fixés par les conventions collectives, recours accru aux pigistes."

Mais même en crise, la presse allemande a de quoi faire rêver de l'autre côté du Rhin : "Il y a en Allemagne 3,7 fois plus de titres quotidiens différents qu’en France (gratuits inclus). En nombre de titres de quotidiens payants, l’Allemagne est le premier pays européen et le 8ème mondial, alors que la France se classe à la 4ème place européenne et à la 21ème place mondiale. (...)En nombre d’exemplaires diffusés pour les quotidiens payants, l’Allemagne est au 5ème rang mondial et au 1er rang européen, la France est au 10ème rang mondial et au 3ème rang européen."


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Même si on rapporte ces chiffres au nombre d'habitants, la France est loin derrière. Une des raisons ? "On compte en Allemagne 1,5 point de vente pour 1 000 habitants, trois fois plus qu’en France, ce qui constitue le réseau le plus dense du monde."

La chercheuse souligne que que "le concept de presse quotidienne nationale n’est pas pertinent pour l’Allemagne" : "On parle de presse suprarégionale pour désigner les 10 quotidiens qui paraissent dans une grande ville d’édition (entre autres Munich, Francfort/Main, plus récemment Berlin) mais sont lus par delà cette région et ont une importance nationale dans le débat public. L’organisation de la presse reflète donc la structure fédérale de la RFA. Seuls Die Tageszeitung et Die Welt ont leur rédaction à Berlin, et ce dernier seulement depuis 1993."

Le seul véritable quotidien national est Bild, souligne Valérie Robert. Il est "produit depuis 2008 à Berlin (après plus de 50 ans à Hambourg)" et "reste le 5ème quotidien le plus vendu au monde (et le premier européen) avec 2,9 millions d’exemplaires vendus chaque jour, 12,5 millions de lecteurs (l’équivalent de l’audience cumulée de l’ensemble des quotidiens nationaux et gratuits en France), (...) 27 éditions régionales livrées à 4h30 du matin, 11 imprimeries en Allemagne et 8 à l’étranger sur les lieux de tourisme privilégiés par les Allemands".

Robert souligne par ailleurs que les journaux allemands, y compris Bild, vendent une gamme très large de produits dérivés, allant de la téléphonie mobile aux... préservatifs. Les journaux français ont aussi une politique de produits dérivés, mais nettement plus timide, limitée à des produits culturels. Exemple avec Le Monde, ou Libération (quelques livres reprenant des Unes célèbres ou des photos publiées par le journal, des tee shirts et des tasses) ou encore avec avec Le Figaro : collection de DVD, de monographies "Ils ont fait la France" dirigée par Max Gallo, de Napoléon à Jeanne d'Arc, ou collection sur "Les plus grands musées d'Europe" en 35 volumes.


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