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MES : Cohn-Bendit pour, Mélenchon contre (Libération)

Par le - 09h30 - éconaute

Ayé, le MES est sur la table : comme nous l’évoquions ici et , le Mécanisme Européen de Stabilité (MES), soumis au vote à l’Assemblée le 21 février puis au Sénat une semaine après, ne fait pas l’unanimité au sein de la gauche (au sens large) française. Libération condense dans son numéro du jour tous les points de vue.

 

Interrogé par Jean Quatremer, correspond du journal à Bruxelles, l’eurodéputé vert Daniel Cohn-Bendit se prononce pour ce Mécanisme et pour un vote d’adhésion à l’Assemblée : "le MES instaure une solidarité financière entre les pays de la zone euro dont on a besoin si l’on ne veut pas laisser sombrer le Portugal, l’Italie, l’Espagne ou la Grèce. Surtout, le MES est la porte d’entrée vers les obligations européennes."

Cohn-Bendit fustige ainsi la position de François Hollande, qui se déclare pour le MES mais qui a appelé à l’abstention lors du vote. La position du PS est d'ailleurs partagée par Cécile Duflot : la patronne des Verts, comme le rapporte Quatremer, refuse de "participer au vote d’un projet de loi qui imbrique totalement le MES et le traité budgétaire. Si on vote pour en affirmant qu’on veut renégocier le traité budgétaire, notre position deviendra inaudible, car trop subtile."

Mais non, soutient Cohn-Bendit qui estime que la pirouette pourra être aisée : "Hollande, s’il est élu, pourra conditionner la ratification du traité budgétaire à l’adoption d’un second volet renforçant la solidarité financière et d’un plan d’investissement destiné à relancer l’économie européenne. La chancelière allemande sera alors dans une position très difficile (…) et devra donc négocier avec la France." Faire et défaire, voilà la subtilité.

MES Libération 20 février 2012

 

Quant à Mélenchon, il est contre le MES et contre le vote. Dans une tribune de ce même quotidien, quelques pages plus loin, le député européen et candidat du Front de gauche estime que "le MES est non seulement un modèle économique asphyxiant qu’il s’agit d’imposer à tous mais une répudiation de la démocratie qui commence". En effet, les pays sollicitant le mécanisme sollicitent de fait le FMI, se plaçant sous surveillance (pour ne pas dire tutelle) de la troïka (FMI, UE et BCE). Mélenchon souligne également le coût de ce MES pour la France : le pays "s’engage «de manière irrévocable et inconditionnelle» à verser une contribution immédiate de 16,3 milliards d’euros" et "devra donner jusqu’à 142,7 milliards d’euros en cas de besoin", soit près de la moitié du budget de l’Etat. Enfin, en écho à Cohn-Bendit, Mélenchon tient le même raisonnement que Duflot : "qui prétend vouloir renégocier demain ce second traité, doit commencer par s’y opposer aujourd’hui et donc par rejeter son préalable, «le Mécanisme européen de stabilité»".

Le MES est dit ? Visiblement, pas tout à fait.


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