Le Figaro, de droite ? Revel soutient Mougeotte
Curieux billet, qu'il est aujourd'hui possible de lire sur le blog du chef de la rubrique médias de L'Express, Renaud Revel. Ce dernier revient sur les revendications de la société des journalistes (SDJ) du Figaro, portées à l'attention du directeur de la publication Etienne Mougeotte. Comme nous l'expliquions ici, les journalistes estiment que le journal revendiqué de droite s'éloigne de plus en plus de ce simple statut qui le rattache à la presse d'opinion, pour ressembler de plus un plus au bulletin officiel du pouvoir.
Pour Revel, ces journalistes sont "trop jeunes sans doute et sans mémoire, [et] ont oublié que déjà sous la férule de Robert Hersant, ce quotidien accompagna l’histoire du RPR et de ses dirigeants : Un quotidien qui n’était pas plus godillot que le furent Le Matin de Paris et Libération, deux titres qui orchestrèrent, sans recul aucun, et avec la même dévotion aveugle, l’avènement de la gauche, en 1981." Mais alors pourquoi les journalistes du Figaro ne se mutinaient pas auparavant ? "L’avènement d’Internet", répond Revel. "Tout a changé depuis et le tombereau de sarcasmes et de critiques visant Le Figaro, déversés fréquemment sur la Toile, a fini par toucher une rédaction atteinte dans son moral. Epinglés par le Petit Journal de Canal+ et moqués par des dizaines de sites d’information, certaines manchettes ou éditos de ce quotidien sont régulièrement cloués au pilori par les internautes et par une profession qui se gausse." Certes. Mais sans doute la ligne éditoriale s'est-elle durcie depuis le rachat du quotidien par Dassaut en 2004, et l'arrivée à sa tête de Mougeotte en novembre 2007.
Revel assure tout de même que ce constat ne dépasse pas la sphère d'internet et des programmes satiriques. Cette ligne éditoriale ne dérange pas le lectorat, souligne-t-il : "Le drame de cette rédaction, c’est que le Figaro va bien : le journal gagne de l’argent et son modèle économique, assis sur une stratégie numérique performante, est payant. Si ce quotidien est parfois la cible de critiques et s’il arrive à sa rédaction de ruer dans les brancards, le lecteur, lui, s’en contrefiche : il reste d’une fidélité canine. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, les tiroirs-caisses du journal tintinnabulent comme rarement."
| Revel réagissait en fait à une réponse de Mougeotte adressée à la SDJ. Dans un entretien accordé vendredi au JDD.fr, le directeur de la publication a pris acte de la fronde des journalistes : "Les membres de la SDJ du Figaro ont envie de réaffirmer leurs points de vue par rapport à la ligne éditoriale, je n’ai pas de problème avec ça, je le comprends." Mais n'a pas manqué de réaffirmer sa position : "La ligne éditoriale plaît aux lecteurs comme elle est, ça fonctionne. Je ne vois pas pourquoi j’en changerais. (...) Nous sommes un journal de droite et nous l’exprimons d’ailleurs de manière claire. Les lecteurs le savent, les journalistes aussi. Il n’y a rien de nouveau sous le soleil !" |
Arguments similaires à l'appui, les deux journalistes semblent être tombés d'accord sur le sujet.
Pour vous faire votre idée, rien de mieux que de relire notre grand dossier sur Le Figaro...
(Jamel Benhassine)
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