Quand Fillon gâche une photo de Merkozy
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C'est ce que pourrait suggérer un curieux cliché pris à l'occasion du sommet franco-allemand, qui s'est tenu hier à l'Elysée. Le making of de la photo est proposé sur son blog par l'auteur de l'image lui-même, Olivier Laban-Mattei, qui couvre la campagne de Nicolas Sarkozy pour Le Monde. La photo était censée montrer la ferme et amicale poignée de main entre Nicolas Sarkozy et la chancelière allemande Angela Merkel. |
Problème, François Fillon est passé dans le champ au moment où la poignée de mains officielle est immortalisée par le photographe. Laban-Mattei s'amuse à en imaginer les raisons : "Doit-on y voir un geste de rébellion (le premier en cinq ans) de la part de celui qui a été le meilleur soldat du Président, son homme de main impassible, son fidèle serviteur ? Doit-on comprendre que même M. Fillon ne croit plus en la victoire de son chef et qu'il serait temps pour lui de lui faire savoir ? Crime de lèse-majesté ou simple lassitude protocolaire de fin de parcours ?"
Laban-Mattei a lancé son blog le 3 janvier 2012, manifestement dans le même esprit que celui de son collègue de Libération Sébastien Calvet, dont @si a déjà parlé. Le photographe qui suivra Sarkozy en campagne explique dans son premier billet les raisons qui l'ont poussé à ouvrir ce blog, notamment l'envie "d'accompagner mes images de récits, de rencontres sonores, et ainsi d'expliquer en quelques lignes ce qui se passe au-delà du cadre photographique..."
Son initiative s'explique aussi par la postérité d'un de ses clichés pris en 2006, à l'université d'été de l'UMP.
Publiée dans Paris Match, elle illustrait à merveille la proximité entre Sarkozy et les journalistes.
La popularité de l'image avait pris son auteur de court : "Je me suis très vite rendu compte qu'une photographie n'appartient plus au photographe dès lors qu'elle est diffusée. Chacun la fait sienne et y voit ce qu'il veut, en fonction de son idéologie et de sa culture", analyse-t-il avec le recul.
Le photographe a donc profité de son premier billet pour revenir sur le contexte de l'élaboration du cliché : "L'ambiance est "amicale", les tutoiements fusent, sans complexe. A croire que, plus que la réponse à la question elle-même, c'est le retour de tutoiement qui est d'abord attendu, «preuve ultime» à destination des confrères de son intimité avec le futur candidat... La conférence de presse est donc informelle et les caméras et micros sont priés de s'éloigner de la scène. On peut comprendre aisément pourquoi. Seuls les photographes et les rédacteurs sont admis. Je me place comme je peux en face du ministre. Déjà à ce moment là, disposant Sarkozy au centre de l'image, j'ai l'impression de vivre un «remake» de la Cène. Ainsi, quand il décida de joindre les mains pour répondre à la question d'une journaliste située derrière lui, l'appelant par son prénom, l'aubaine fut trop grande pour ne pas la saisir. J'avais la photo du dernier repas du Christ avec ses Apôtres."
(par Jamel Benhassine)
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