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Vite-Dit

Les "vite dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Kiosque numérique : la presse française lâchée par Google

Par le - 14h31 lu

Acheter en un clic et à la carte n'importe quel journal français sur sa tablette numérique, grâce à un service centralisé et indépendant. Le projet est audacieux. Peut-être trop. Après avoir fièrement tourné le dos à Apple, les éditeurs français se retrouvent délaissés par Google, qui devait assurer le système de paiement.

Ce n'est pas demain la veille que les journaux français réussiront à développer leur application de rêve pour tablettes et ordinateurs : centraliser leur titres et proposer des offres personnalisées, en vente à l'unité ou en forfait. Le passage au numérique est semé d’embûches pour les médias regroupés au sein du groupement d’intérêt économique ePresse (L’Equipe, Le Parisien, Le Figaro, Les Echos, Libération, et trois magazines), qui peinent aujourd'hui à trouver un système de paiement.

Les éditeurs français avaient fait front fin 2011 pour rejeter le "kiosque numérique" d'Apple, et lancer leur propre plate-forme d'achat en ligne. En cause : les conditions jugées inacceptables du service d'Apple, l'App Store et son "Newsstand", qui prélève une commission de 30% sur les ventes et impose le prix des quotidiens - nous en parlions ici.

Pour assurer leur service de paiement, les journaux se sont donc tournés vers la concurrence, c'est-à-dire Google. Selon l'accord passé en novembre dernier avec le moteur de recherche, le service de paiement Google One Pass devait permettre à la presse française de faire payer à l’unité ou sous forme d’abonnement l’accès à des articles via Google Actualités, mais aussi et surtout via les tablettes et téléphones sous Android.Le tout en prélevant une commission de seulement 10% par achat, et en laissant l'éditeur libre de choisir ses offres et ses prix.


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Le lancement de l'offre était prévu pour demain... Mais patatras : Google a retiré ses billes vendredi dernier, en annonçant un remodelage de son service One Pass, revèle un blog de l'Express.fr. La date de mise en service est repoussée jusqu'à nouvel ordre: "Nous avons écouté les retours de nos utilisateurs et de nos partenaires et nous avons décidé de modifier One Pass, qui était en version bêta, confiné à quelques éditeurs dans le monde. Mais je ne peux pas vous donner les détails du nouveau projet, ni quand cela surviendra. Il arrive que nous ne tenions pas nos délais. Nous communiquerons en temps utile", déclare le responsable de Google Actualités au site de l’Express, qui note que ce couac oblige ePresse à repousser le projet, voire, au pire, à "se tourner vers d’autres systèmes de paiement en ligne comme AlloPass de Hi-Media, ou encore Cleeng. "

Une déconvenue qui s'ajoute aux problèmes internes à ePresse. L'ancien directeur général, Frédéric Filloux, a abandonné le groupement pour rejoindre Les Echos, mais n'a pas encore été remplacé. Selon Pressenews, le directeur du Monde interactif Philippe Jannet pourrait le remplacer. Selon igeneration.fr, ePresse "perd encore un peu plus de légitimité" après cet incident de dernière minute.

Pour comprendre du projet de kiosque numérique des journaux français, lisez notre article explicatif.

(Par Julie Mangematin)


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