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Vite-Dit

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Au Louvre, rien à voir !

Par le - 09h15 - le neuf-quinze

"Le Louvre a refusé de répondre à nos questions", dit France Inter, en chute d'un court article consacré à la polémique provoquée par le projet du Louvre d'organiser une exposition temporaire de solidarité dans la région de Fukushima. Intitulée "Rencontre, amour, amitié, solidarité dans les collections du Louvre", cette exposition est critiquée par le site La Tribune de l'art. Elle est critiquée pour plusieurs raisons (incohérence des oeuvres formant l'exposition, et pourquoi le Japon ? Pourquoi pas Bagdad ou Haïti ?) Mais surtout en raison du risque de contamination encouru par les oeuvres prêtées.

Cette exposition est-elle justifiée ou non ? Les tapisseries et les peintures voyageuses courent-elles un vrai risque de contamination ? Les matinautes, les pauvres, n'ont aucun moyen d'en juger par eux-mêmes. Tout ce qui leur restera en mémoire, c'est cette phrase de France Inter, "le Louvre a refusé de répondre à nos questions". Ce "circulez y a rien à voir" a au moins le mérite de rappeler le sous-développement du journalisme d'investigation, dans le domaine opaque du marché de l'art. Dans la presse généraliste, ne sont publiés que des critiques et les échos de quelques polémiques. D'investigation sur les coulisses, aucune. Pour de multiples raisons, la presse ne constitue pas un contre-pouvoir, face aux grandes institutions culturelles. Depuis des années, c'est un site indépendant, la Tribune de l'art, qui porte seul le flambeau, avec bien des difficultés, relayé du bout des lèvres par le reste de la presse, quand le scandale prend de trop fortes proportions. C'est d'ailleurs bien dommage. On en apprendrait de belles. Ainsi de ce détail parmi d'autres, révélé par la Tribune de l'art: la sélection des oeuvres envoyées au Japon a été faite...en fonction du format des caisses déjà fabriquées pour d'autres prêts temporaires, et qui se trouvaient donc disponibles. Les Japonais apprécieront.

Est-ce à dire que l'on ne sait jamais rien ? Mais si. Longtemps après. Et dans les livres, comme d'habitude. Ainsi, dans une très instructive enquête parue l'an dernier, (Dans le secret du conseil des ministres, Editions du Moment) Bérengère Bonte, journaliste à Europe 1, racontait dans le détail la croquignolesque pression exercée par Chirac, alors président, sur le Louvre, afin qu'il prête au Japon la Victoire de Samothrace. La sculpture fut finalement avantageusement remplacée par une toile de Delacroix, après une héroïque résistance de la direction du musée. Patience, donc. Qu'est-ce que quinze ans, à l'échelle de l'Histoire de l'art ?


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