Libé "désintoxe" les accusations de Dati contre Fillon
ancienne ministre de la justice, et actuelle maire du 7e arrondissement de Paris, s'est déchaînée contre François Fillon. Depuis que le Premier ministre a annoncé son parachutage à Paris dans la circonscription que visait Dati aux législatives de juin 2012, l'ancienne garde des Sceaux multiplie les attaques contre lui. Dernières salves : le Premier ministre aurait fait embaucher le fils Tibéri à Bercy pour éviter qu'il se présente dans la deuxième circonscription tant convoitée, et il aurait recruté une conseillère à Matignon pour préparer sa campagne. Libération.fr a tenté de vérifier le bienfondé de ses accusations. Et donne plutôt raison à Dati.
François Fillon pourrait-il être poursuivi pour trafic d'influences ? D'après Rachida Dati, interviewée sur France inter dimanche 23 octobre, il "a fait recruter le fils [de Jean Tiberi] au ministère des Finances à un poste, contre l'avis du ministère des Finances". Dans le but d'éviter que ce dernier ne se présente dans la circonscription de Jean Tibéri, convoitée par Fillon ? C'est ce qu'a laissé entendre Dati. Mais si un faisceau d'indices montre que ce scénario est vraisemblable, les preuves manquent pour pouvoir l'affirmer avec certitude selon Libération.fr.
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Jean Tibéri aurait très bien pu souhaiter laisser sa circonscription à son fils. Mais le 19 janvier dernier, Dominique Tibéri a été nommé contrôleur général économique et financier à Bercy, poste incompatible avec un mandat national. Cette nomination avait suscité la polémique car elle était intervenue contre l'avis de la commission "chargée d'apprécier l'aptitude" du candidat. A l'époque, déjà, Le Monde avait indiqué que cette nomination "pourrait faciliter le parachutage de François Fillon" à Paris. D'autant plus que Jean Tibéri "a toujours dit qu'il ne laisserait sa circonscription parisienne qu'au premier ministre", renchérit Libé.fr. Faut-il voir pour autant la main de Fillon dans la nomination de Dominique Tibéri Ce sera difficile à prouver, car c'est Christine Lagarde qui avait proposé le nom de Dominique Tibéri pour le poste. "C'est sur la base de ses qualifications qu'il a été nommé", avait-t-elle déclaré au Monde. "Mais de là à prouver l'implication directe de François Fillon dans cette nomination, il y a un pas que Rachida Dati franchit allègrement", tempère Libé.fr. |
Accusation plus convaincante de Dati, aux yeux de Libé : l'embauche à Matignon d'une chargée de mission pour préparer la candidature Fillon à Paris. Et cette fois, le site donne plus nettement raison à Dati. La jeune femme est Anne Faguer, ancienne conseillère technique du groupe UMP au Conseil de Paris. Rue89 et Libération.fr se sont procurés son arrêté de nomination dont l'intitulé est très vague : elle a été embauchée comme chargée de mission pour "les affaires réservées". De quoi s'agit-il exactement ? "De nombreux élus et observateurs considèrent qu'Anne Faguer a effectivement pour rôle d'œuvrer au parachutage parisien du Premier ministre", indique Libération.fr. Qui précise que "ces trois dernières années, Anne Faguer était conseillère technique au cabinet du président du groupe UMP au Conseil de Paris, Jean-François Lamour". Elle "connaît donc bien les coulisses de la droite parisienne". Sur ce point, Dati semble donc bien avoir raison.
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