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Vive le krach : avant Rastani, Goldman Sachs

Par le - 16h23 - suivi

Comment se faire de l'argent grâce à l'effondrement du système bancaire ? Comme nous l'a signalé un @sinaute, le discours d'Alessio Rastani, le pseudo-trader inconnu de la BBC n'est pas un cas isolé. Avant lui, on avait déjà la preuve que des fonds spéculatifs misaient sur la faillite de banques européennes pour faire du profit. Début septembre, le Wall Street Journal s'était procuré un document de la banque d'affaires américaine Goldman Sachs, montrant que, tout en menant une activité de conseils auprès d'Etats et d'entreprises, elle conseillait des fonds spéculatifs pour qu'ils tirent bénéfice d'éventuelles faillites bancaires en Europe.

On avait un faisceau d'indices sur le rôle ambigu de la banque Goldman Sachs, il y a maintenant le document. Le 1er septembre, le Wall Street Journal (article payant) rendait compte d'un rapport confidentiel d'un expert de la banque américaine invitant les fonds spéculatifs à parier sur l'effondrement du système bancaire. L'information avait notamment été relayée par Paul Jorion sur son blog et dans une chronique du Monde (article payant).

Le document en question - un rapport de 54 pages - est signé Alan Brazil, présenté par Le Monde comme "l'un des conseillers les plus éminents des clients spéculateurs, les hedge funds, de Goldman Sachs au sein de la division chargée des opérations de vente et d'achat de valeurs mobilières".

Dans ce rapport, l'expert se montre très pessimiste sur la situation des banques européennes et "explique comment, à l'aide de produits financiers sophistiqués développés par Goldman Sachs, les fonds en question peuvent tirer profit de la crise de l'euro et de la faiblesse des titres des banques". Un exemple ? "Acheter un «credit default swap» de 5 ans indexé sur la dette européenne, le iTraxx 9. Ceci en pariant que certaines de ces sociétés seront en défaut et que votre police d’assurance paiera".

Pour Paul Jorion, il n'y a rien de très surprenant au fait que "Goldman Sachs encourage – une fois de plus : comme au temps des subprimes – ses clients fortunés à parier sur la destruction totale du système financier". Mais il relève le paradoxe que "ce soit l’une des principales firmes financières au monde qui agisse de cette manière et précipite l’effondrement du capitalisme".

Double jeu de Goldman Sachs

"La firme est un peu comme un aigle à deux têtes, qu'elle ne montre jamais simultanément, explique Le Monde. D'un côté, il y a la face visible, les analystes parmi les meilleurs et les plus influents au monde, écoutés religieusement par les investisseurs institutionnels comme par les petits porteurs". De l'autre, il y a les experts discrets, qui conseillent les fonds spéculatifs et peuvent parier à la hausse ou à la baisse. S'il n'y a rien d'illégal dans ce mélange des genres, "aux yeux des détracteurs de Goldman Sachs, dans ses activités spéculatives comme lors du trucage des comptes grecs responsables de la crise de l'euro, (...) la banque franchit trop souvent la ligne jaune de l'éthique", constate le quotidien.

L'occasion de lire notre enquête sur "Le trader inconnu de la BBC qui prie pour le krach et la récession".


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