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"Qui veut épouser mon fils" : TF1 mise en demeure

Par le - 19h09 - grrr !

Scoop: TF1 traite les femmes comme des objets. Et c'est le CSA qui le dit. Le Conseil de surveillance de l'audiovisuel a mis en demeure TF1 pour l'épisode du 5 novembre 2010 de l'émission, culturelle et subtile, Qui veut épouser mon fils ?, pour "traitement avilissant" des femmes. Le concept de l'émission reposait sur la mise en scène de cinq candidats présentés comme célibataires, "aidés" par leurs mères à dénicher une jeune femme parmi plusieurs prétendantes.

Un extrait a plus particulièrement retenu l'attention du CSA, et c'est pour celui-ci que TF1 est condamnée. Marie-France, mère de l'inénarrable Giuseppe, sorte d'archétype du macho, incitait les jeunes femmes à utiliser la chirurgie esthétique pour être "dignes" de son fils - ou d'elle-même.

Regardez ces jeunes femmes transformées en viande fraîche prête à consommer picto

Le CSA reproche à la chaîne le "caractère humiliant" de cette séquence et considère qu'elle véhicule des "stéréotypes tendant à réduire les qualités d'une femme à ses seuls attributs physiques". Il s'agit donc pour le CSA d'un "traitement avilissant, abaissant la femme au rang d’objet".

TF1 est mise en demeure de se conformer, à l'avenir, aux stipulations de l'article 10 de la convention du 8 octobre 2001, "en tant qu’elles prévoient notamment que l’éditeur veille à ce qu’il soit fait preuve de retenue dans la diffusion d’images ou de témoignages susceptibles d’humilier les personnes et à éviter la complaisance dans l’évocation de la souffrance humaine ainsi que tout traitement avilissant ou rabaissant l’individu au rang d’objet."

Etonnamment, l'information a été publiée très en retard par rapport à la décision. Celle-ci remonte en effet au 18 janvier dernier, mais le Journal officiel ne l'a publiée que le 17 août. Au coeur de l'été, donc, lorsque tout le monde - ou presque - est en vacances. Comme le souligne Claude Soula, spécialiste média du Nouvel Observateur, cette décision ne changera pas grand-chose pour TF1. "Sa publication au JO ne plaît pas à TF1, entreprise qui aime bien apparaître comme «respectable», mais elle n'entraînera rien d'autre. Les sages du CSA expliquent que leur problème, c'est de ne disposer que d'une arme atomique pour sanctionner les chaines: ils peuvent, en théorie, lui enlever le droit d'émettre. Un droit dont ils n'useront jamais. Alors, ils se contentent de gronder... Ca ne sert pas à grand-chose, mais ca leur donne le sentiment d'exister."

Cette émission n'en est pas à sa première polémique. Le Parisien avait dévoilé que le même Giuseppe avait été condamné en juillet 2000 à huit mois de prison, dont un ferme, pour des faits de violence envers sa compagne de l'époque. Il s'était rendu coupable de douze infractions différentes entre mai et juin 2000, dont des faits de violence, des dégradations de biens, une violation de domicile et un vol avec violence. Des faits pour lesquels il a effectué trois semaines de détention provisoire, avant de bénéficier d'un aménagement de peine. Prescrite depuis, la condamnation, prononcée par le Tribunal de Versailles (Yvelines), n'apparaît plus sur son casier judiciaire, ce qui explique sa participation à l'émission de TF1, expliquait le Parisien. Mais, au moment de l'émission, il était également sous le coup d'une enquête pour une série d'appels malveillants datant de l'été 2009. Cette polémique avait donné lieu à un mémorable clash sur le plateau de Morandini, sur Direct 8, dans lequel le paparazzi Jean-Claude Elfassi, qui s'est improvisé agent de Giuseppe, avait traité à plusieurs reprises de "salope" l'ex de Giuseppe, victime de ses violences, qui avait osé se confier au Parisien. Ce qui lui avait valu d'ailleurs le qualificatif de macho de l'année par les Chiennes de garde.

TF1, qui prépare la saison 2 de l'émission, tentera-t-elle de faire amende honorable ? Rien n'est moins sûr, notamment si on considère les Secret story et autre Carré Viiip régulièrement diffusés à l'antenne. Soula souligne : "La chaîne a recommencé depuis, et recommencera après: la réduction de la femme à ses attributs physiques, c'est assez commun à la télé. L'humiliation, c'est devenu courant aussi. Et pourtant, cet avis n'a rien entraîné depuis qu'il a été rendu."

(montage Marion Mousseau)


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