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La lettre secrète de Trichet à l'Italie ne choque pas Europe 1

Par le - 17h39 - entendu

Une "lettre secrète" envoyée par la Banque Centrale Européenne au gouvernement de Silvio Berlusconi et publiée par le Corierre Della Sera, qui enjoint par exemple le gouvernement de procéder à des privatisations dans le domaine des transports ou de l'électricité, suscite la polémique en Italie. L'opposition parle de véritable "programme de gouvernement" imposé à l'Italie en contrepartie de l'aide de la BCE et demande des explications. Invité sur Europe 1 ce mardi 9 août, Jean-Claude Trichet, le président de la BCE, est resté très évasif sur cette lettre. Un flou qui ne semble pas avoir gêné le journaliste qui l'interrogeait, qui ne l'a jamais relancé sur le contenu précis de cette lettre sans précédent.

 

"Nous avons demandé de manière extrêmement claire pendant les derniers jours au gouvernement italien de prendre un certain nombre de décisions, qui ont été prises, et d'accélérer en particulier le retour à une situation budgétaire normale". De lui-même, le président de la BCE, Jean-Claude Trichet, a expliqué au micro d'Europe 1 avoir demandé à l'Italie de prendre des "décisions". De quelles décisions s'agit-il ? Peut-on parler de contreparties ?

Le quotidien italien Corierre Della Sera publie cette lettre qui décrit très précisément les réformes à mener. "Moins de rigidité sur les contrats à durée indéterminée, interventions sur l'emploi public, modification du modèle fondé sur l'extrême flexibilité des jeunes et précaires et la totale protection des autres, contrats de travail stimulant la productivité" constitueraient les exigences de la BCE souligne le journal. A cela s'ajoutent des mesures plus globales de libéralisation et de privatisations, notamment "des sociétés municipales gérant déchets, transport ou distribution d'électricité" et que le gouvernement italien doit "adopter au plus vite" ajoute l'AFP.

 

Invité d'Europe 1 mardi matin, Trichet n'a pas eu à s'expliquer sur le contenu de cette lettre sans précédent. "Je sais que vous ne voulez pas entrer dans la politique intérieure des Etats": l'a excusé par avance le journaliste d'Europe 1 Thierry Guerrier. "Nous avons en permanence des messages pour tous les pays européens, nous sommes extrêmement clairs là-dessus" répond le président de la BCE en s'appliquant à rester très évasif.


 

Chargée théoriquement d'atteindre et de respecter la stabilité des prix, la BCE, en exigeant de telles réformes, outrepasserait manifestement son rôle. L'opposition italienne accuse Berlusconi "d'avoir placé le pays sous "tutelle" des puissances étrangères" rapporte l'AFP. Outre les réformes, la lettre co-signée par l'actuel président de la BCE et son successeur, l'Italien Mario Draghi, précise également la manière d'y parvenir. Ce "programme de gouvernement", relève Corierre Della Sera, dresse la liste des "mesures à prendre, le calendrier pour leur application et même les outils législatifs à utiliser". Pour ce faire, "des décrets législatifs" permettront "d'accélérer leur mise en œuvre" conseille par exemple la BCE, selon le quotidien italien.

(par David Courbet)


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