News of the World/Mediapart, même combat ?
Inattendu: dans un article d'Atlantico, Hugues Serraf rapproche Murdoch et Mediapart. "Sans les conversations de riches héritières captées par un majordome en colère ou les enregistrements secrets de réunions sportives, nos tabloïds à nous n’auraient pas grand chose à se mettre sous la dent non plus." Mediapart, qui avait utilisé des enregistrements pirates dans l'affaire Bettencourt et dans l'affaire du racisme supposé des dirigeants du foot français, est directement visé. Et est au passage assimilé aux tabloïds anglais (voir nos articles sur ces deux affaires, notamment ici et ici).
Mais Serraf va plus loin. "Entre ces Grecs qui trafiquent leur comptabilité nationale, ces ministres allemands qui se fabriquent des doctorats et ces chefs d’État italiens qui détournent des mineures, on aurait presque l’impression de la jouer petit bras… Bon, à vrai dire, pour les enquêtes à base d’écoutes clandestines, la presse française n’est pas la dernière non plus."
En matière d'immoralité, tout se vaut donc. La dette grecque, le plagiat d'un ministre allemand, le détournement de mineure par Berlusconi, et le journalisme d'investigation de Mediapart.
Peut-on vraiment mettre dans le même sac l'intrusion dans la vie privée pratiquée par les tabloïds anglais et l'utilisation de preuves par les journalistes d'investigation de Mediapart pour faire la lumière dans une affaire de fraude fiscale?
L'irritation de Fabrice Arfi était, en tout cas, prévisible: "J'en ai lu des inepties sur le «journalisme d'investigation», mais alors celles de H.Serraf (Atlantico) frôle le sublime", a tweeté l'investigateur de Mediapart.
(Par Alexis Bellas)
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