Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

15h23 Hors Série

Propagande : des nazis à Daech (Comolli / Hors série)

Par
la rédaction le 30/08/2016

En filmant ses exécutions, le groupe Etat islamique brise un tabou longtemps entretenu par les nazis. C'est l'une des analyses historiques que développe le réalisateur Jean-Louis Comolli dans une émission sur Daech et le cinéma, diffusée cette semaine chez Hors-Série (site adossé à @si). "On ne pouvait pas filmer dans les chambres à gaz et personne n'a jamais filmé dans les chambres à gaz", rappelle l'ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma - qui vient de publier Daech, le cinéma et la mort (éd. Verdier).

Àla libération des camps, les Alliés réfléchirent à la manière de filmer ce qu'ils découvrirent. Comment être crus ? Comment produire des images qui ne puissent pas être mises en cause ? Comolli rappelle comment un certain Alfred Hitchcock recommanda alors... de faire des panoramiques :

Pour retrouver l'intégralité de l'émission avec Jean-Louis Comolli, animée par Muriel Joudet, c'est par ici : "Daech et le cinéma".

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13h49 suivi

Burkini / conseil d'Etat : Joxe ne se baignera pas en pyjama

Par
la rédaction le 27/08/2016

L'arrêté dit "anti-burkini" pris par le maire de Villeneuve-Loubet (Alpes-Maritimes) constitue "une atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales" et doit être suspendu, a estimé le Conseil d'Etat le 26 août. Mais plusieurs maires de communes ayant pris un arrêté identique, ainsi que le Premier ministre Manuel Valls, se sont élevés contre la décision de la plus haute juridiction administrative.

À Villeneuve-Loubet, il est de nouveau possible de se baigner en "burkini". L'arrêté pris par le maire de cette commune des Alpes-Maritimes qui interdisait de se baigner "à toute personne ne disposant pas d’une tenue correcte, respectueuse des bonnes mœurs et du principe de laïcité", a été invalidé par le Conseil d'Etat. Ce dernier a estimé que l'arrêté constituait une "atteinte grave et manifestement illégale aux libertés fondamentales que sont la liberté d’aller et venir, la liberté de conscience et la liberté personnelle", et qu'il ne se justifiait pas par des problèmes de trouble à l'ordre public. Le Conseil se prononçait suite à un recours déposé par le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF) et la Ligue des droits de l'Homme (LDH).

Il n'est pas certain que sa décision mette fin à la polémique de l'été – dont @si vous racontait ici les origines et le traitement médiatique. Plusieurs maires de communes ayant pris des mesures similaires (ils sont une trentaine en tout) ont en effet indiqué qu'ils ne retireraient pas leurs arrêtés. La LDH a répliqué qu'elle les poursuivrait. Quant au Premier ministre (qui avait publiquement soutenu les maires concernés), il a estimé que l'ordonnance du Conseil d'Etat "n'épuisait pas le débat" et que "dénoncer le burkini, [n'était] en aucun cas mettre en cause une liberté individuelle".


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Extrait du billet posté sur Facebook le 26 août 2016 par Manuel Valls

"Le droit des femmes à porter les vêtements de leur choix" (Joxe)

Conséquence inattendue de l'ordonnance du Conseil : elle a conduit un ancien ministre de 81 ans à... troquer son pyjama pour un short. Dans un billet grinçant (et largement repris), l'ancien ministre de l'Intérieur Pierre Joxe s'en prend à l'arrêté de Villeneuve-Loubet et salue son invalidation. Il raconte comment "pour affirmer le droit des femmes à porter les vêtements de leur choix", mais également pour "inciter Jean-Pierre Chevènement à un peu plus de discrétion", il avait décidé d'aller se baigner en pyjama. "Rassuré" par la décision du Conseil d'Etat, le membre honoraire du Conseil constitutionnel est finalement allé se baigner "en short".

nouveau media

Pierre Joxe sur le plateau d'ASI, en avril 2015

L'occasion de revoir notre émission avec Pierre Joxe, où l'ancien ministre revenait sur les représentations médiatiques du travail, mais également sur la laïcité et l'islamophobie. Et pour un rattrapage sur la controverse la plus médiatique de l'été, c'est par ici : "Burkini : de la difficulté, pour les télés, d'illustrer un micro-phénomène"

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14h40 @rrêt sur images

Faut-il rire du complotisme ? (Callegari/Le Before)

Par
la rédaction le 25/08/2016

Que faire face à des adolescents qui croient aux Illuminatis ? Le journaliste-réalisateur Giulio Callegari (Le Before, Canal+) a pris le parti d’en rire, et de faire rire. En parodiant les complots, avec par exemple des sketchs sur la mort de Mickael Jackson, le 11 septembre... ou Dieudonné (complot supposé des Lyonnais pour vendre des quenelles). Mais comme il le raconte sur notre plateau, ce dernier sketch a été censuré par la chaîne.

Pour voir l’émission en intégralité, c’est ici Complots: "Heureusement, nos élèves nous font parfois confiance" et pour retrouver toutes les émissions de notre série d’été, c’est là

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17h19 flash

Lussas / documentaire : la préfecture contrôle une liste de participants

Par
Justine Brabant le 24/08/2016

Un atelier sous surveillance. La préfecture de l'Ardèche a demandé aux organisateurs des Etats généraux du film documentaire de Lussas de lui fournir la liste des participants à l'un de ses ateliers, portant sur les images de propagande du groupe Etat islamique. L'un des quatre intervenants à cet atelier, le réalisateur Jean-Louis Comolli, a annoncé dans Le Monde qu'il annulait sa participation afin de protester contre ce dispositif. Il s'agit d'une mesure "classique", assure de son côté la préfecture.


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Extrait du programme des Etats généraux

"Surenchère sécuritaire" à Lussas ? Le réalisateur Jean-Louis Comolli a annulé sa participation à l'atelier qu'il devait co-animer lors des Etats généraux du film documentaire (dont nous vous parlions récemment)* pour protester contre les mesures de sécurité imposées par la préfecture. L'atelier, qui portera sur les images de la propagande djihadiste contemporaine, doit se tenir le jeudi 25 août. Les trois autres intervenants programmés (le réalisateur et chercheur Abdelasiem El Difraoui, la philosophe Marie-José Mondzain et le professeur de cinéma Dork Zabunyan), ont, eux, maintenu leur participation.

Le réalisateur explique sa décision dans un encadré paru sur le site Monde le 23 août : "Cette décision marque (...) son désaccord avec la surenchère sécuritaire qui entoure l’organisation de cet atelier – et notamment avec l’injonction récemment faite au festival par la préfecture de police de communiquer la liste des auditeurs inscrits", rapporte le quotidien. Comolli, qui vient de publier Daech, le cinéma et la mort (Verdier), développe : "Je suis pour qu’il y ait le plus possible de symposiums, de séminaires sur Daech, mais surtout qu’on ne contrôle pas l’identité de ceux qui y participent. Ma critique de Daech, films et pensée, porte précisément sur ce point de la liberté de chaque sujet d’être ou non aligné sur ce que tel ou tel pouvoir requiert de lui."


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Une liste des auditeurs passée au crible ? "Oui, nous avons effectivement demandé aux organisateurs de nous transmettre la liste des participants à cet atelier pour des raisons d'ordre public, confirme la préfecture, contactée par @si. Mais nous n'avons pas diligenté spécifiquement d'enquête à partir de cette liste, et nous n'avons pas constitué de fichier qui tomberait sous le coup de la loi." A quoi cela a-t-il servi, dans ce cas ? Notamment "à vérifier qu'il ne s'y trouvait pas d'individu fiché S", précise la préfecture, qui insiste sur le caractère "classique" de ce type de dispositif (mais n'était pas en mesure, dans l'immédiat, de fournir un exemple d'autre manifestation culturelle qui aurait donné lieu à un tel contrôle).

La philosophe Marie-José Mondzain, dont l'intervention est prévue dans l'atelier, a une autre interprétation : elle assure que l'objectif de la préfecture était de l'interdire purement et simplement : "La préfecture aurait voulu annuler cet atelier. C'est ce qu'ils ont demandé aux organisateurs. Ces derniers ont réussi à négocier son maintien, mais à condition de fournir la liste". Elle a décidé de maintenir sa propre participation, pour "ne pas céder à ces pressions". Une version démentie par la préfecture, qui assure "qu'à aucun moment l'annulation de l'atelier ou du festival n'a été demandée, ni même envisagée".

Le réalisateur et chercheur Abdelasiem El Difraoui sera également présent à l'atelier : pour lui, le sujet est trop important pour justifier un boycott de l'événement. "Je m'oppose à un Etat qui devient de plus en plus sécuritaire pour des raisons d'affichage (tout en ne s'attaquant pas aux problèmes), mais j'ai choisi de participer quand même à l'atelier parce que le sujet me paraît important à traiter", a-t-il indiqué à @si.

Cette demande de la préfecture n'est pas exactement une première. "Chaque année, raconte Jean-Marie Barbe, fondateur des Etats généraux, la préfecture nous demande la liste des invités, et on refuse de la donner. Cette année, on a accepté l'hypothèse qu'il pouvait y avoir un danger, et on a accepté cette contrainte". Barbe confirme que la préfecture n'a, à aucun moment, menacé d'interdire l'atelier, mais a laissé planer la menace d'une sécurité très renforcée, si les organisateurs refusaient leur coopération. Ce que ces derniers ont préféré éviter.

Màj 18 h 45 : citation Jean-Marie Barbe

* : les Etats généraux du film documentaire de Lussas ont récemment noué un partenariat avec @si concernant la diffusion de documentaires de création.

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22h34 ego

Gamekult rejoint La Presse Libre

Par
la rédaction le 23/08/2016

Le site de jeux vidéo Gamekult rejoint La Presse Libre, le portail groupé d'abonnement en ligne créé par Arrêt sur images et Next Inpact.


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Après Alternatives économiques et Les Jours, c'est au tour du site de jeux vidéo Gamekult de rejoindre La Presse Libre, pensée par @si et NextInpact, et qui permet de s'abonner à plusieurs sites de presse en ligne en un seul paiement, et à un tarif préférentiel.

"Vous étiez plusieurs à nous le réclamer, c'est désormais officiel : Gamekult rejoindra d'ici quelques jours le projet La Presse Libre, un collectif de sites Internet partageant des valeurs communes (indépendance, qualité du contenu, respect du lecteur) réunis sur une plate-forme unique d'abonnement", écrit mardi 23 août le rédacteur en chef du site, Thomas Cusseau, reçu en septembre 2015 sur le plateau de notre émission C'est p@s qu'un jeu.

Pour l'instant, outre @si, le portail regroupe Hors-Série et NextInpact. Nous rejoindrons dans quelques jours, en plus de Gamekult, Alternatives économiques et Les Jours - dont nous avions reçu ici les fondateurs, précédemment journalistes à Libé.

L'occasion de relire l'acte de naissance de ce nouveau portail en ligne : "La Presse Libre prend son envol"

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16h48 lu

JO Rio : peu regardés à la télé, beaucoup sur le net

Par
la rédaction le 23/08/2016

Record de médailles pour la délégation française, et chute des audiences pour France Télévisions. Alors que les audiences télévisées ont baissé, en France comme aux Etats-Unis, les JO ont cartonné en ligne.


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Les Echos, 22/08/2016

42 médailles pour l'équipe de France, mais un bilan en demi-teinte pour les médias français. Alors que les Jeux Olympiques de Rio se sont achevés dimanche 21 août, les premiers chiffres sont moins bons qu'en 2012, à Londres. "France Télévisions, le diffuseur historique de la compétition, a réalisé une part d'audience moyenne de près de 35%, un score inférieur à celui des JO de Londres (42,6%)", détaillent Les Echos. France Télévisions avait pourtant doublé le dispositif mis en place en 2012, en retransmettant les épreuves sur France 2, France 3, France 4 et France Ô. Des chiffres en baisse ? De son côté, France TV a préféré communiquer sur la... progression de 22% pour ses scores habituels en saison (alors que les audiences en plein mois d'août sont réputées très faibles).

Deux explications à cette baisse d'audience : le décalage horaire entre le Brésil et la France (la majorité des finales étaient diffusées en pleine nuit) et l'explosion du nombre de vidéos vues sur le net. Toujours selon Les Echos, les vidéos mises en ligne sur les plateformes du groupe Canal (qui diffusait aussi les Jeux) ont généré plus de 43,5 millions de vues, tandis que celles mises en ligne sur les sites et applications de France Télévisions ont généré 150 millions de vues - soit six fois de plus qu'aux JO de Londres.

Il n'y a pas qu'en France que les audiences télé baissent : aux Etats-Unis, où le géant audiovisuel américain NBC a mis 12 milliards de dollars sur la table pour diffuser en exclusivité les Jeux Olympiques jusqu'en 2032, elles se sont aussi effritées, de 17% par rapport à Londres. Chez les 18-49 ans, ce chiffre a même baissé de 30%. L'argument du décalage horaire tient moins dans le cas de NBC, qui avait réussi à imposer les heures des épreuves reines pour pouvoir les diffuser en prime-time. Et sur le net ? 78 millions de visiteurs uniques se sont connectés à l'application NBC Sports ou au site NBCOlympics.com. 24% de plus qu'à Londres.

L'occasion de relire notre article : "JO : France 2, médaille d'or de la beaufitude"

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15h13 vous n'êtes pas obligés

Le CERN, théâtre de sacrifice humain ? Un hoax vite démonté

Par
la rédaction le 22/08/2016

Des sacrifices humains perpétrés dans l’enceinte du plus grand laboratoire européen de recherche nucléaire? Depuis quelques jours, rumeurs et théories vont bon train sur internet après la diffusion d’une vidéo postée le 11 août sur les réseaux sociaux. Sur celle-ci, filmée de nuit depuis la fenêtre d’un bureau du laboratoire situé à la frontière franco-suisse, on voit plusieurs personnes vêtues de noir et encapuchonnées se livrant à un étrange rituel dans la cour du centre de recherche, devant une statue du dieu Shiva.

Sur les images on aperçoit une femme habillée de blanc qui s’allonge au sol avant de se faire poignarder. Derrière la caméra tremblotante, l’auteur non identifié de la vidéo simule la surprise et pousse un cri d’effroi. Il n’en fallait pas plus pour qu’en quelques heures ces images fassent le tour du web et deviennent l’objet de supputations. Les chercheurs procéderaient donc à des sacrifices humains ? "Non, cette vidéo est une fiction, illustrant une mise en scène", a d'emblée répondu le laboratoire. "Le CERN et ses installations d’hébergement accueillent des scientifiques du monde entier qui viennent au Laboratoire dans le cadre de leur travail. Les personnes qui sont autorisées à accéder au site laissent occasionnellement leur sens de l’humour aller trop loin, et c’est exactement ce qui est arrivé avec cette vidéo", a assuré l’organisation qui explique que la vidéo a bien été filmée dans son enceinte mais sans sa permission et à son insu. Quant à la statue de Shiva? "Elle a été offerte par l'Inde pour célébrer sa collaboration avec le CERN, qui a débuté dans les années1960 et se poursuit aujourd'hui." Pour identifier le ou les auteurs de ce canular, le CERN annonce avoir ouvert une enquête interne.

Ce n’est pas la première fois que le laboratoire européen pour la physique des particules suscite fantasmes et théories fumeuses sur ses activités. Ses recherches de physique fondamentale sur l’accélération des particules, les mystères de la matière et la découverte du Boson de Higgs ont souvent fait l’objet de théories catastrophistes. Le Cern a ainsi été accusé par plusieurs sites complotistes de tenter de créer un trou noir qui engloutirait la terre, de projeter d’ouvrir une porte vers l’enfer ou encore de prouver que Dieu n’existe pas. Plutôt que de les ignorer, l’organisation a eu pour politique de démonter les hoax et autres intox. Elle consacre même une page sur son site pour démonter les rumeurs qui circulent sur le web. Une page qui compte désormais un nouveau paragraphe.

L'occasion de (re)voir les épisodes de notre série d'été sur le complotisme

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17h25 suivi

Omran : doutes et confusions autour d'une photo (et d'une vidéo)

Par
Vincent Coquaz le 21/08/2016

Un photographe proche de rebelles extrémistes ? Selon Le Parisien, le photographe Mahmoud Rslan, qui a pris une photo du petit Omran Daqneesh (dont Alain Korkos vous parlait ici) après un bombardement à Alep en Syrie, "ne cache pas sa sympathie pour un groupe rebelle qui a décapité un enfant, en juillet".

Le quotidien en veut pour preuve "une photo publiée sur son compte Facebook le 5 août", où "il pose fièrement aux côtés de membres de Noureddine Al-Zinki, dont deux commandants du mouvement à Alep, Omar Salkho et Mohammed Mayuf". "En légende, Mahmoud Rslan écrit : «La victoire vient avec la permission de Dieu». Salkho et Mayuf sont deux des hommes impliqués dans la décapitation à Alep d'un enfant, Abdallah Issa, dont le supplice avait été rapporté à la mi-juillet", poursuit Le Parisien.

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"Quelle est la profondeur des relations qu'entretient Mahmoud Rslan avec Nourredine Al-Zinki ? Pouvait-il ignorer le méfait du groupe rebelle au moment de publier son selfie sur Facebook ? s’interroge toutefois Le Parisien. Le photographe n'était pas joignable au moment d'écrire ces lignes. Interrogé auparavant par l'AFP sur ses photos d'Omrane, il a eu ces paroles lourdes de sens : «Cet enfant comme tous les enfants en Syrie est le symbole de l'innocence. Ils n'ont rien à voir avec la guerre»."

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L’AFP avait-elle conscience de cet éventuel problème ? Interrogé par Le Parisien, l’adjoint à la direction de l'information de l’agence, Christophe Schmidt, explique les conditions de leur collaboration avec Rslan : "Notre bureau de Beyrouth surveille régulièrement la production de l'Aleppo Media Center (média militant, ndlr), c'est par leur intermédiaire que nous avons découvert la photo du petit Omrane. Nous avons fait ce que nous faisons à chaque fois que nous avons affaire à ce type de contenus : contrôler l'authenticité des images et vérifier que nous ne nous faisons pas manipuler. Nous nous sommes adressés à notre pigiste photo et vidéo à Alep Est qui connaît directement Rslan. Il le décrit comme un activiste anti-régime qui travaille régulièrement avec Al-Jazira Direct. Selon lui, Rslan ne participe pas à des opérations militaires, mais il fréquente des tas de combattants. Il faut imaginer le contexte de cette ville d'Alep... Tous ceux qui sont impliqués dans la collecte d'informations ne peuvent qu'être en relation avec les combattants."

Une photo, une vidéo et deux auteurs différents

C'est par ailleurs à tort que les médias français ont attribué au photographe Rslan cette vidéo d'Omran, dont sont issues la plupart des images du petit Syrien diffusées dans la presse.


L’Obs écrit ainsi que la vidéo "a été tournée par Mahmoud Rslan, qui documente la guerre dans la ville". Le Parisien assure pourtant qu'on peut "voir Rslan prendre des photos" dans la vidéo. Problème : Rslan ne peut à la fois tourner la vidéo et être visible dessus avec un appareil photo à la main. En fait, la vidéo a été tournée par un autre journaliste d’Alep, Mustafa al-Sarout, interrogé par le Guardian, et qui n’est cité par aucun média francophone. Sa vidéo a été diffusée par le média militant d’opposition au régime, Aleppo Media Centre.

Mahmoud Rslan a bien pris une photo, diffusée par certaines agences de presse, dont l’AFP, reconnaissable par un angle légèrement différement de celui de la vidéo :

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La capture d'écran de la vidéo d'al-Sarout : l'enfant est pris de face

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La photo de Rsan, qui se trouvait légèrement à la gauche d'Omran


L'occasion de lire notre enquête : Syrie : la guerre des sources

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10h49 lu

Faux, mais toujours en ligne sur les sites français

Par
la rédaction le 20/08/2016

"L'info était bidon... mais elle est toujours en ligne sur ton site, coco." C'est le titre d'une enquête publiée par le site d'observation des médias Dans mon labo, sur la façon dont les grands médias français traitent les fausses infos. L'enquête s'intéresse à cinq intox qui ont beaucoup circulé sur internet ces derniers mois. La plus célèbre est sans doute celle de la (fausse) cité maya découverte par un ado canadien solitaire (intox qu'@si démontait ici). L'auteur de l'enquête, Yann Guégan, a ensuite sélectionné 30 médias français sur internet "parmi les plus fréquentés".


> Cliquez sur l'image pour un gros plan <

Résultat ? La plupart des sites de presse ont laissé au moins une intox en ligne, et certains n'ont jamais publié de démentis. Le Demotivateur, Le Point et Le Dauphiné libéré figurent ainsi en tête du classement... en partant de la fin, avec trois intox non démenties chacun (les cases rouges sur le graphique). Les cases en orange avec un P désignent les cas où des sites ont laissé inchangé l'article initial mais ont publié un démenti, selon le vieux dicton "une information et un démenti ça fait deux informations". Autre tactique repérée par Guégan : "la tactique du planqué : l'article initial n'a pas été mis à jour mais utilise le condtionnel" pour rapporter l'intox (cases orange avec un T). Enfin, plus rares, certains sites mettent "la poussière sous le tapis" en ajoutant une petite précision à l'article initial, mais rien de plus (cases orange avec un T).

Parmi les bons élèves, on retrouve notamment l'Obs ou le Monde (avec des cases vertes, qui désignent des mises à jour complètes voir des désintox). Mais même le meilleur élève de la liste, Atlantico, a laissé en ligne une intox sur une (fausse) araignée-tueuse retrouvée dans une caisse à bananes en Savoie.

A la fin, on retrouve plusieurs sites qui auraient purement et simplement ignoré ces intox (on ne trouve ni l'info ni son démenti, ce sont les cases grises). On y retrouve par exemple Buzzfeed, le Télégramme, ou encore... le blog de Jean-Marc Morandini. Une explication possible ? Certains de ces sites ont pu publier puis dépublier une intox, mais impossible de le savoir. A l'inverse, contacté par Guégan, le directeur adjoint du Point Jérome Béglé se défend justement de la très mauvaise place de son site : "Un papier de presse écrite ne se dépublie pas, donc un papier web ne se dépublie pas non plus : quand le coup est parti, il est parti."

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18h53 @rrêt sur images

Complots : Bilderberg pour les nuls

Par
la rédaction le 18/08/2016

Bilderberg, c'est quoi ? Un rassemblement voulu par les Américains pour créer un bloc atlantiste, en pleine guerre froide, explique Bruno Fay, journaliste et auteur du livre Complocratie, sur notre plateau, pour la quatrième émission de notre série d'été sur le complot. Une réunion annuelle et confidentielle vue par certains comme l'exemple même d'un complot des élites. "Du délire" pour Hubert Védrine, ancien ministre des affaires étrangères qui est allé deux fois à Bilderberg, mais "un délire" qui "l'intéresse énormément". De son côté, Monique Pinçon-Charlot, sociologue et ancienne directrice de recherche au CNRS, interroge Védrine : "Pourquoi ces gens importants effectivement ont beaucoup besoin de se rencontrer ? Parce qu'ils sont très peu nombreux. 1% contre 99% pour faire simple. Et ils sont très fragiles."

Pour voir l'intégralité de l'émission c'est ici : "Le système médiatico-mondial ne supporte pas la discrétion"

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16h41 suivi

El Khomri / Leonarda : Hollande critique Valls (et les médias)

Par
la rédaction le 18/08/2016

Mais qui a relu et corrigé l’interview de la ministre ministre du Travail, Myriam El Khomri ? Comme @si vous le racontait ici, en février dernier, une interview de la ministre laissait entendre que le gouvernement allait faire usage de l'article 49-3 pour faire passer sa contestée réforme du code du travail. Une phrase, "Nous prendrons nos responsabilités", que l’intéressée n’avait pourtant jamais prononcée, et qui aurait été ajoutée par les services de Matignon à en croire le Canard Enchaîné. Dans le livre Conversations privées avec le Président, signé Karim Rissouli et Antonin André, François Hollande revient sur cet épisode en sous-entendant que c’était Manuel Valls lui-même qui était à l’origine de la "correction", et dans des mots très durs pour le premier ministre.

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"Le passage en force n'est pas ma méthode. C'est celle de Manuel Valls, qui souligne qu'il tiendra bon... explique le président dans un extrait cité par Le Point. Et qui a ajouté la phrase sur le 49.3 dans l'interview aux Echos ? Valls m'assure que ce n'est pas lui. Mais il y a quelqu'un à Matignon qui pense que c'est bien de l'évoquer. Le texte n'a même pas été présenté au Conseil d'Etat ni au conseil des ministres et a fortiori pas au Parlement, et on annonce par avance qu'on utilisera le 49.3 ? Traduction : on n'y croit pas, on a peur. C'est l'erreur majeure de communication qui crée le désordre. «S'ils veulent passer ainsi, c'est qu'il y a un mauvais coup» : c'est, en substance, ce que les parlementaires de la majorité redoutent. Manuel Valls ne s'est pas rendu service en faisant cela, il s'est contraint à jouer la concertation. Il est victime de sa communication."

Hollande revient également sur un épisode marquant de son quinquennat (symbole du hollandisme, estimait à l'époque Daniel Schneidermann) : l’affaire Léonarda, du nom de cette jeune fille expulsée au Kosovo et à qui le président avait proposé de revenir en France… mais sans sa famille. Fidèle à lui-même, Hollande réussit aujourd’hui à faire mine de reconnaître des torts tout en rejetant la faute sur les médias : "A la réflexion, une solution aurait été beaucoup plus simple : ne pas parler et se contenter d’un simple communiqué. Si je devais refaire le film, je traiterais cette affaire de la même manière, mais je laisserais Valls en faire le service après-vente télévisé. Leonarda, ce n’est pas un personnage qui surgit d’un coup parce que je décide de parler ! Elle avait été invitée dans la semaine, pas simplement sur BFM et sur iTELE mais au journal télévisé de 20 heures de France 2 ! J’assiste à cette folie qui s’empare des chaînes d’information, qui multiplient les interviews de cette gamine avec une complaisance inouïe ! On sait maintenant que Libé a payé 50 euros pour l’interviewer [on le savait déjà à l'époque, ndlr] ! Ça en dit long sur notre système d’information ! Peut-être que les chaînes info l’ont aussi payée ?! Qui sait ?"

Plus surprenant, Hollande charge aussi le PS et Harlem Désir : "Mais je pense au fond que le problème n’est pas qu’elle me réponde. Le problème, c’est le parti. Si le PS, si Harlem Désir avait dit lors de sa première expression que j’avais pris la bonne décision, ça aurait été différent. Mais là il me lâche ! Le PS dit qu’il faut faire rentrer toute la famille. Les Français se disent : "Hollande parl et il n’est même pas suivi par son propre parti !"

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18h38 buzz

"L'info en laisse"  : nouveau conflit entre Robert Ménard et Midi Libre

Par
la rédaction le 17/08/2016

En pleine Feria de Béziers, les habitants ont pu découvrir une nouvelle affiche de la mairie. Elle s'en prend au quotidien Midi Libre qui appartient au ministre Jean-Michel Baylet. Nouvel épisode des relations tendues entre Robert Ménard et la presse locale.

De Reporters sans Frontières à "L'info en laisse". La dernière polémique lancée par le maire d'extrême-droite de Béziers, Robert Ménard, remontait à un mois, lors d'une altercation avec Midi Libre, à qui il avait reproché de ne pas avoir publié son discours après l'attentat du 14 juillet à Nice. La semaine dernière, l'ancien patron de RSF est allé plus loin : il a utilisé les panneaux d'affichage municipaux pour ridiculiser le quotidien régional, qui fait partie du groupe La Dépêche du Midi, détenu par Jean-Michel Baylet et dirigé par Marie-France Marchand-Baylet, son épouse.

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En réponse, le quotidien a fustigé une campagne d'affichage "haineuse". Mardi 16 août, la Société des Journalistes du Midi Libre (Sojomil) a ainsi publié un communiqué dénonçant la "quête irrationnelle de polémique" de Ménard. Les journalistes constatent "sans surprise, mais avec désolation, que le narcissisme et le nombrilisme de M. le maire de Béziers passent visiblement chez lui bien avant l'intérêt général". Ils rappellent au passage que "le traitement et la hiérarchisation de l'information à Midi Libre dépendent de la seule rédaction et non de l'actionnaire majoritaire".

Ménard n'en est pas à son premier accroc avec Midi Libre. Peu après son arrivée à la tête de la mairie de Béziers en 2014, le maire avait porté plainte contre le quotidien régional pour diffamation (@si racontait toute l'histoire ici). Le feuilleton continuait en mars 2015, lorsque Ménard écrivait dans le journal de la ville que Midi Libre avait menti sur le nombre de personnes présentes à une cérémonie, en accusant nommément le journaliste René Ferrando de "prendre les lecteurs pour des crétins". Nouvelle passe d'arme peu de temps après : en mars, le directeur de la rédaction de Midi Libre, Philippe Palat, publiait cette fois un éditorial contre Ménard. Riposte du journal de la ville avec un papier intitulé "Quand le talent n'est Palat".

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19h23 suivi

Le journalisme culturel compromis par le marketing (La Revue du Crieur)

Par
Vincent Coquaz le 16/08/2016

Au programme : voyages de presse, renvois d’ascenseur et pub cachée. On connaissait les relations un peu rapprochées qu’entretiennent certains journalistes jeux vidéo avec l'industrie qu'ils couvrent (@si y consacrait une émission et un dossier). Mais La Revue du crieur (éditée par Mediapart et La Découverte) rappelle que le problème concerne le journalisme culturel dans son ensemble, dans une enquête signée du journaliste de Mediapart Dan Israel, par ailleurs ancien d’@si. Des "secrets inavoués" qui s’expliqueraient notamment par le statut de la culture dans des journaux à la peine financièrement : "Lorsque frappent les difficultés financières, les entorses se multiplient, notamment dans le domaine culturel, relativement déconsidéré dans les rédactions. Pour remplir les pages Culture, on hésite de moins en moins à accepter les largesses des institutions culturelles : voyages de presse, "partenariats" discrets et publi-information camouflée se multiplient".

Le voyage de presse, c’est cette pratique qui consiste pour une entreprise ou une institution, à inviter des journalistes pour un séjour tous frais payés, en France ou à l’étranger, en lien avec un évènement ou un produit. Exemple ? Au printemps 2015, Le Monde, Le Figaro, La Croix, l’Express, RFI ou encore France 2 ont tous parlé, au même moment, de l’histoire des castrats de Naples au 18e siècle, note La Revue du Crieur. "Les journalistes qui se sont penchés sur ce courant musical n’ont pas eu l’idée seuls. Et n’ont pas déboursé d’argent pour se déplacer. «C’est le château de Versailles qui a organisé un voyage de presse pour faire la promotion de son festival», glisse un participant."

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Et aucun média n’a cru bon d’indiquer au lecteur le dispositif. À l’exception du chroniqueur de Télématin, qui expliquait que la présidente du château de Versailles, Catherine Pégard, avait "invité quelques personnes à faire un petit tour de reconnaissance" sur place. Le principal intervenant dans le sujet de France 2 sur l'histoire des castrats (6 minutes 30 tout de même) ? Laurent Brunner, directeur de "Château de Versailles spectacles".

Si la plupart des journalistes cités dans l'article de La Revue du Crieur le font sous couvert d’anonymat, l’un d’eux dénonce publiquement les pratiques décrites : Jérôme Garcin, patron du service Culture de l’Obs et animateur de l’émission de critique de France Inter, Le Masque et La Plume. "Tout voyage collectif est un non-sens journalistique pour moi, car il est impossible de faire une enquête journalistique entouré de 5 à 10 journalistes", affirme par exemple celui qui interdit "à ses troupes tout voyage de presse".

Mais le journaliste de Mediapart rappelle à quel point Garcin personnifie également un autre travers du journalisme culturel : le copinage et les renvois d’ascenseur, où "ceux qui tiennent un jour la plume pour évoquer le livre d’un écrivain ou d’un journaliste ayant de grandes chances de se retrouver dans la position inverse quelques mois plus tard". "N’a-t-il pas beau jeu de critiquer ce système, lui dont la position à la tête de l’émission culturelle phare d’Inter et des pages dédiées de L’Obs garantit à tous ses ouvrages un accueil plus que bienveillant ?" s’interroge Israel, prenant l’exemple de son dernier livre, Le Voyant, qui lui a valu "des dizaines d’éloges, parfois signés par ses chroniqueurs ou anciens chroniqueurs, ses collègues, ses amis écrivains ou journalistes".

Quand Le Point rend hommage à un film produit par Pinault

Dans la palette des entorses déontologiques des pages culture, l’article cite également "l’oubli" de la mention des liens d’intérêts. En pratique, cela passe par deux articles du Point "rendant hommage en octobre 2015 à La Glace et le ciel, le nouveau documentaire de Luc Jacquet" sans mentionner que le film est coproduit par Kering... propriété de François Pinault, par ailleurs propriétaire du Point. "Et lorsque Jean-Jacques Aillagon publie une tribune sur le site du magazine, comme il l’a fait six fois entre mai 2014 et février 2016, nulle part n’est précisé que l’ancien ministre de la culture est le conseiller officiel de François Pinault pour les questions artistiques…"

Le panorama ne serait pas complet sans parler des annonceurs, qui avancent masqués dans le domaine culturel encore plus qu’ailleurs. La Revue du Crieur cite notamment le cas des Inrocks, qui a publié des suppléments entièrement financés par des annonceurs, sans que cela soit clairement indiqué, comme le rapportait @si dans le cas d'un cahier sur le tourisme en Suisse. Un procédé qu’affectionne particulièrement Le Monde : après la mystérieuse affaire du supplément sur la Fondation Louis Vuitton, grassement payé par LVMH comme @si l'expliquait ici, le quotidien a également facturé entre 40 000 et 120 000 euros des suppléments sur la Philharmonie de Paris ou sur la Fondation Clément, sans aucune mention du caractère publicitaire. Seul lot de consolation : "Les suppléments réalisés depuis mai dernier sont désormais plus clairement identifiés, portant la mention«Ce supplément est réalisé avec le soutien de…»"

L'occasion de relire notre enquête : "Quand LVMH s'offre des grands plumes du Monde"

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14h02 vu

CNN et MSNBC : comment factchecker Trump

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Robin Andraca le 12/08/2016

Comment couvrir Trump ? Cette question, l'ensemble des médias américains se la posent depuis l'entrée en campagne du milliardaire, en juillet 2015. Alors que ce dernier multiplie, ces derniers jours, les déclarations (très) polémiques, les grandes chaînes d'info américaines, à l'exception de Fox News, ont peut-être trouvé une parade pour démentir rapidement les mensonges du candidat.

Comment ? En contredisant Trump dans leurs... bandeaux. C'est un journaliste freelance américain (Politico, Slate, The Rolling Stone), Sean McElwee, qui a fait une compilation des meilleurs sur son compte Twitter.


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Un exemple de bandeau contradictoire ? Alors que hier, Trump avait accusé Obama d'avoir "fondé" l'Etat islamique, CNN a répliqué, dans la journée du 11 août, avec le bandeau suivant : "Trump a dit qu'Obama avait créé l'EI (ce qui n'est pas le cas)".


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Et ce n'est pas une première pour CNN. En mars 2016, on pouvait ainsi lire sur la même antenne : "Trump : je n'ai jamais dit que le Japon devait se doter de l'arme nucléaire (il l'a dit)". Celui qui a depuis été investi par le parti républicain, en vue de l'élection présidentielle de novembre 2016, avait effectivement déclaré le 26 mars 2016 dans un entretien accordé au New York Times : "La plupart des gens ne savent pas qu'on s'occupe des besoins militaires du Japon (...) Il faut peut-être changer. Le Pakistan en a [des armes nucléaires]. La Chine en a. Beaucoup d'autres pays en possèdent. On s'en tirera mieux si le Japon se protège lui-même contre ce fou en Corée du Nord".


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Même chose en août 2016, après les vives critiques contre le candidat qui s'en était pris à un couple musulman américain dont le fils est mort en Irak en 2004. Selon le fils de Trump, son père s'était excusé. Pas selon la chaîne fondée en 1980 par le magnat des médias américain Ted Turner :


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"Le fils de Trump : Mon père s'est excusé auprès des Khans (il ne l'a pas fait)"

CNN n'est pas la seule chaîne d'info en continu américaine à contredire Trump dans ses bandeaux. Comme l'a noté McElwee, toujours sur son compte Twitter, MSNBC a utilisé le même processus. Début août 2016, lors d'un meeting à Daytona Beach en Floride, Trump affirmait que le paiement en janvier par Washington de la somme de 400 millions de dollars à l'Iran était une rançon. Il avait alors évoqué une vidéo, montrant "de l'argent se déverser d'un avion". Des affirmations vivement démenties à l'époque par le département d'Etat, Barack Obama et... MSNBC qui dans, l'un de ses bandeaux, écrivait : "Trump a déclaré avoir vu une vidéo (inexistante) d'Iran recevant du liquide".


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Si le paiement a bien eu lieu, il s'agissait en réalité du règlement d'un vieux différend commercial, en marge de l'accord international sur le nucléaire iranien, et non d'une rançon. Selon les autorités américaines, la libération des cinq Américains est survenue simultanément au transport de l'argent, mais il n'y aurait aucun lien entre les deux évènements. Surtout il n'existe aucune vidéo montrant "de l'argent se déverser d'un avion", comme le prétendait Trump. Le candidat avait fini par reconnaître son erreur, sur son compte Twitter, le 5 août 2016 : "L'avion que j'ai vu à la télévision était l'avion transportant les otages à Genève, en Suisse, pas l'avion transportant les 400 millions de dollars en liquide vers l'Iran !".

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13h56 vu

JO : le CIO fait suspendre un compte Twitter

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la rédaction le 12/08/2016

Six secondes et puis s’en va. Le journaliste William Reymond, qui tient le compte Twitter "Breaking 3.0" (dont @si vous parlait ici ou ) a eu la mauvaise surprise de le voir désactivé hier, jeudi 11 août 2016.

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La raison de cette suspension ? Selon Reymond, son compte a été suspendu parce qu’il a diffusé un Vine (vidéo de 6 secondes) où l’on peut voir un haltérophile célébrer sa médaille d’or olympique à Rio en dansant. Une vidéo qu’on retrouve pourtant, en version plus longue, sur d’autres comptes Twitter.

Le Comité international olympique (CIO) a édicté des règles strictes sur l’utilisation des images des Jeux Olympiques de Rio. "L’utilisation de contenu des JO transformé en formats graphiques animés tels que GIF animés, GFY, WebM ou formats vidéo courts tels que Vines et autres" est notamment prohibée sur les réseaux sociaux, en dehors des comptes de chaînes qui disposent des droits de diffusion, expliquait 20 Minutes. Comme l'expliquait un responsable de France TV (qui dispose des droits exclusifs en France), le CIO surveille ainsi les réseaux sociaux pour traquer les contenus "illégaux", "avec leur armada d’avocats et en lien direct avec Twitter, Facebook ou YouTube".

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13h07 suivi

Charlie Hebdo, menacé sur Facebook, porte plainte

Par
la rédaction le 12/08/2016

Des insultes et des menaces. Charlie Hebdo a déposé plainte contre X pour de nouvelles menaces de mort postées sur la page Facebook du journal, rapporte aujourd’hui Le Parisien : "Une enquête, confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, a été ouverte dans la foulée."

Les insultes et menaces, du type "Vous allez mourir !" ou qui évoquent un "attentat prochain", ont fait suite à deux couvertures de Charlie. Sur la première, publiée le 14 juillet 2016 (jour de l’attentat à Nice), on pouvait voir l’attaquant français Antoine Griezmann sous la forme d’un vibro-masseur avec comme titre : "Fais-nous encore vibrer !" .

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La deuxième Une, publiée ce mercredi 10 août, représente un couple de musulmans sur la plage, nus, avec pour titre : "Musulmans – Dé-coin-cez-vous !".

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Le Parisien rappelle que l’équipe du journal avait déjà déposé plainte en juin dernier, également suite à des menaces publiées sur leur page Facebook.

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18h42 suivi

Pokémon Go : inquiétudes sur la collecte de données (Intercept)

Par
Vincent Coquaz le 11/08/2016

"Pokémon Go est géré par un homme dont l’équipe a littéralement conduit à la pire débâcle concernant la vie privée de l’ère Internet." L’avertissement vient de The Intercept, le site du journaliste Glenn Greenwald, à l’origine des révélations Snowden. En cause ? Le passé de John Hanke, ex-patron de la division Geo de Google, qui gère tout ce qui a trait à la localisation (notamment Google Maps et Google Street View) avant de fonder et diriger Niantic, l’éditeur de Pokémon Go (dont @si vous parlait ici). Et Hanke s'est trouvé aux manettes à un moment crucial : il dirigeait cette branche de Google à l’époque du scandale "Wi-Spy".

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Comme le rappelle The Intercept, le Wi-Spy a débuté quand les autorités allemandes ont annoncé en avril 2010 que les Google Street Car, ces véhicules chargés de cartographier les routes du monde entier, collectaient illégalement des données Wifi au passage. Dans un premier temps, le géant américain s’était défendu en expliquant que les véhicules ne récupéraient que des méta-données comme l’emplacement ou le nom du réseau wifi. Mais l’entreprise a ensuite concédé qu'il y avait pu avoir des collectes plus larges, mais uniquement du fait d’un projet isolé clandestin d’un ingénieur de Google, plus tard identifié comme Marius Milner.

Mais après deux ans de controverse et d’enquête, le gendarme des télécoms américain, la FCC, affirmait finalement dans un rapport que les Google Street Car avaient très largement récupéré des données échangées sur les réseaux Wifi, comme des historiques de navigation, des e-mails ou des mots de passe. Pire : des échanges mail évoqués dans le rapport montraient par ailleurs que des hauts responsables de Google étaient au courant de cette collecte, qui n'était pas du seul fait de Milner.

"L’aspect fun est un aspect important d’un tel service de collecte de données"

Quel rapport avec Pokémon Go ? Le brevet derrière le jeu est précisément une œuvre commune entre Hanke et Milner, les deux personnages clé de la vaste collecte de données des Google Cars. Et la lecture du brevet en question donne le ton : "L’objectif du jeu peut être directement lié à la collecte de données. Le jeu [pourrait inclure] une tâche qui consiste à acquérir des données sur le vrai monde comme condition pour progresser dans le jeu […] Selon nous, le vrai challenge est de motiver les joueurs à donner constamment des données, même après l’excitation initiale de l’innovation technologique. Le processus de collecte de données doit être divertissant. Nous sommes convaincus que l’aspect fun est un aspect important d’un tel service de collecte de données."

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Selon les règles sur la vie privée stipulées par Niantic (et décortiquées par le Wall Street Journal), Pokémon Go peut récupérer la localisation de votre téléphone quand vous jouez, mais aussi votre adresse IP et la dernière page web que vous avez visitée. Des informations reliées à votre compte Google (qui permet, si on le souhaite, de se connecter au jeu), et que Niantic peut partager avec la société Pokémon Co., détenue' en partie par Nintendo.

L'occasion de lire notre palmarès des cinq fois où les médias sont allés trop loin avec Pokémon Go.

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15h33 suivi

Macron : récidive "people" (Match)

Par
la rédaction le 11/08/2016

Une nouvelle "bêtise" de Macron et de sa femme ? Le ministre de l’économie a (encore) fait la couverture de Paris Match, jeudi 11 août 2016. "Avant que s'ouvre la bataille de la primaire, le ministre de l'Economie Emmanuel Macron est parti avec sa femme reprendre des forces au pays basque", nous apprend l’hebdo, avec une photo du couple, les pieds dans l’eau.

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Le dossier "exclusif" de Match est composé de sept photos, toutes à mi-chemin entre photos volées et photos posées, mais où le couple est toujours très à son avantage.


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Plus surprenant, on trouve dans les pages intérieures du magazine une photo du même couple, mais cette fois-ci en présence d’un touriste… nudiste. "En politique il faut savoir observer les Français… même les plus décontractés", commente Paris Match.


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On aurait pourtant pu penser que Macron se ferait plus discret dans le magazine : en avril dernier, une interview exclusive de sa femme et des photos pour Match avaient été qualifiées de "maladresse commune" par le ministre. Une sortie qui avait été reformulée par de nombreux médias, faisant dire (à tort) à Macron : "Ma femme a fait une bêtise" (comme @si vous le racontait ici).

L'occasion de relire la chronique du matinaute : Macron, c'est bidon!

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13h55 suivi

JO / sexisme : le directeur d'un journal italien viré

Par
la rédaction le 11/08/2016

"Trio de boulottes." Le groupe italien "Os Quotidiano Sportivo" a mal digéré l’élimination aux portes de la finale de l’équipe italienne féminine de tir à l’arc lors des Jeux Olympiques de Rio. Au point de titrer sur "le trio de boulottes" ("cicciotelle" en italien, qu’on peut aussi traduire par "joufflues" ou "grassouillettes") qui a "frôlé le miracle olympique", pour qualifier la défaite de Guendalina Sartori, Claudia Mandia et Lucilla Boari. Un titre repris dans les trois journaux pour lesquels Os Quotidiano Sportivo gère les pages sports : Il Resto del Carlino, La Nazione et Il Giorno, rapporte Vosges Matin, dans un article repris sur les sites du groupe EBRA.

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"L'article a provoqué une colère générale sur les réseaux sociaux et une réponse unanime dans la presse italienne. Une journaliste du Huffington Post Italia s'est écriée dans un édito : «Désormais, nous sommes toutes des boulottes.»", rapporte le Vosges matin. A tel point que mardi 9 août, le directeur du groupe, Giuseppe Tassi, a été licencié. Une polémique fustigée par le quotidien italien de droite Libero, cité par Courrier International : "Cette polémique furibonde montre que la tendance au politiquement correct est hors de contrôle. La Toile ne s’était pas déchaînée, il y a quatre ans, quand les trois archers italiens, remportant l’or aux JO de Londres, ont été appelés par la presse les «Robin des bois bedonnants»” (oubliant au passage de préciser que les articles en question vantaient le physique de ces "surhommes normaux").

La différence de traitement entre athlètes est pourtant bien réelle : selon une étude publiée le 5 août 2016 par l’université de Cambridge, les hommes sont le plus souvent qualifiés par les commentateurs sportifs américains de "forts", "rapides" et "grands" alors que les femmes sont, elles, plus volontiers décrites comme "âgées", "enceintes" et "célibataires".

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Autre biais des médias concernant les sportives : derrière chaque grande athlète, se cacherait un homme. Plusieurs médias américains ont ainsi été épinglés pour avoir mis en avant le compagnon d’une athlète, plutôt que l’athlète elle-même. Le Chicago Tribune a ainsi carrément titré "La femme d’un joueur de football américain gagne une médaille de bronze aux JO de Rio" sans jamais nommer Corey Codgell, championne de ball-trap, rapporte TV5 Monde. Et pour les trois médailles d’or de la nageuse hongroise Katinka Hosszu ? "Voilà à qui revient le mérite de sa performance" s’est exclamé un commentateur de NBC, Dan Hicks, lorsque la caméra s'est posée sur le mari de Hosszu, qui est également son entraîneur.

Et en France ? Lundi 8 août, le commentateur de France 2 et ancien rugbyman Fabien Galthié s'est lancée dans une analyse du rugby à sept féminin un peu particulière lors du match France/Etats-Unis : "Les Françaises sont beaucoup plus mignonnes, beaucoup plus féminines que les Américaines."

L’occasion de (re) voir les videos de commentaires choquants de France dans notfre article : JO - France 2, médaille d'or de la beaufitude

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19h27 suivi

Morandini : deux enquêtes préliminaires ouvertes

Par
la rédaction le 10/08/2016

La justice s’empare de "l’affaire Morandini". Comme @si le racontait ici, Les Inrocks avaient révélé, le 12 juillet dernier, un système de castings douteux mis en place par l’animateur d’Europe 1. Sa société de production recrutait de jeunes comédiens pour une web-série, Les Faucons, et les poussait ensuite à envoyer des photos et vidéos dénudées. Toujours selon le magazine, plusieurs des acteurs n'auraient par ailleurs pas été payés pour l'ensemble des jours de tournage.

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Des révélations suivies de plusieurs plaintes de comédiens, qui ont donc abouti à l’ouverture de deux enquêtes préliminaires par le parquet de Paris pour "corruption de mineurs" et "harcèlement sexuel et travail clandestin", selon Reuters, qui confirme une information de L’Express. "Ce sont deux enquêtes distinctes qui concernent des plaignants différents", précise une source judiciaire à L'Express. "Les investigations ont été confiées à la brigade de protection des mineurs (BPM) et à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la police judiciaire de Paris."

L’animateur a par ailleurs été écarté de l’antenne d’Europe 1, comme @si le rapportait ici, et iTélé aurait également renoncé à lui confier une tranche d'info quotidienne, prévue pour la rentrée, selon des informations du Canard Enchaîné.

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