Vite-Dit

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Déplier tous les Vite dit Replier tout

19h55 ça reste à vérifier

Lobbying pro-qatari : doutes sur la plainte de Le Guen

Par
Manuel Vicuña le 07/12/2016

François Hollande a décidé de le déplacer. Jusqu’ici secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, le vallsiste Jean-Marie Le Guen a quitté ce poste au gré du mini-remaniement qui a suivi la candidature de Manuel Valls. Et c’est comme nouveau secrétaire d’Etat chargé du développement et à la Francophonie que Le Guen a tenté de désamorcer une question accusatrice du député LR Georges Fenech qui entendait bien "crever l’abcès".

En cause : un récent livre des journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot, Nos très chers émirs (Michel Lafon, 2016) mettant explicitement en cause Le Guen. Fenech rappelle les accusations contenues dans le livre : "Vous auriez proposé, alors que vous étiez chargé des relations avec le Parlement, à l’ambassadeur du Qatar en France de lutter contre le Qatar-bashing." Fenech poursuit : "Pour ce faire, à l’Assemblée nationale, vous vous seriez fait fort d’écarter les questions d’actualité gênantes pouvant provenir des députés de gauche, mais à la condition qu’il fasse appel aux services d’une société de lobbying dirigée par l’un de vos proches avec un coût mensuel de prestations fixé à 10 000 euros." Et le député LR d’estimer: "Si ces faits étaient avérés, ils constitueraient un très grave système de corruption étatique."

Dans Nos très chers émirs, qui disséquait les relations incestueuses entre certains politiques français et le Qatar, Malbrunot et Chesnot racontaient comment le Guen aurait tenté, en vain, d’"imposer une agence de communication pour gérer des déclarations d'hommes politiques, pour contrôler un peu les déclarations au Parlement qui seraient critiques vis-à-vis du Qatar". Les auteurs faisaient par ailleurs référence à deux rendez-vous que Le Guen aurait eu à ce propos avec l’ambassadeur du Qatar.

Le Guen "ne répond pas sur le fond"

"S'agissant de ce livre, je vous dis tout de suite que bien évidemment j'ai porté plainte en diffamation" a d’emblée répondu Le Guen ce mercredi face à Fenech. "Je crois savoir d’ailleurs que le statut de l’Assemblée nationale, où la liberté de parole est totale, est telle que je n'ai pas la possibilité de porter plainte à votre égard, je le regrette beaucoup", a ajouté Le Guen, avant d’accuser l’un des auteurs du livre, Georges Malbrunot d’être "bien connu pour être l'un des porte-parole de Bachar Al Assad dans notre pays."

"Le Guen il crie fort mais c’est tout", réagit le journaliste Christian Chesnot contacté par @si : "C’est une façon de botter en touche. Il ne répond pas sur le fond. De notre côté, on persiste et on signe." Quant à la plainte que Le Guen affirme avoir déposée, le journaliste constate : "nous avons revérifié auprès de notre avocat. Pour l’instant, on n’a rien reçu".

Le Guen l’avait pourtant clamé haut et fort dès la sortie du livre, en octobre : "J'ai appris avec stupéfaction et consternation les allégations délirantes contenues dans le livre (...) évidemment, je porte plainte en diffamation", avait-il alors martelé.


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Cités par Le Point, les avocats de Le Guen affirment qu'une plainte pour diffamation a été déposée le 27 octobre. Pourtant, hier encore sur le site du Point.fr, le coauteur du livre, Malbrunot faisait le compte. Sur l'ensemble des personnalités mises en cause "45 jours après la sortie du livre, nous avons reçu une seule plainte, elle émane de la sénatrice Nathalie Goulet." Quant aux autres mis en cause ? "Rachida Dati (l'ex-ministre de la Justice fait savoir au Point par l'intermédiaire de son avocat qu'elle a porté plainte, NDLR), Jean-Marie Le Guen, Nicolas Bays, ont déclaré à la sortie du livre avoir engagé une procédure judiciaire, mais pour l'instant, ces déclarations n'ont pas été suivies d'effet."


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Dans cette interview au Point daté du 6 décembre, Malbrunot se dit notamment interloqué que Le Guen soit maintenu au gouvernement : "Le Qatar et d'autres monarchies du Golfe ont dû rire sous cape ce matin en apprenant son maintien au gouvernement. Il sera difficile ensuite à nos éminences de donner des leçons de bonne gouvernance à ces pays-là."

Dans leur livre, Malbrunot et Chesnot mettaient en cause plusieurs personnalités politiques de droite comme de gauche. Les auteurs y racontent que le député PS du Pas-de Calais Nicolas Bays aurait tenté, en vain, de "se faire inviter dans un hôtel de Doha" et de "se faire payer un billet d'avion sur Qatar Airways". Les deux auteurs évoquent également Dominique de Villepin, dépeint comme "un vieil ami de la famille régnante, qui fait beaucoup d'affaires au Qatar".Ils y affirment aussi que Rachida Dati aurait demandé à l'Ambassade du Qatar "pas moins de 400 000 euros pour son association", "un club des ambassadeurs". Quant à la sénatrice, Nathalie Goulet, elle "essuya, elle aussi, chaque fois, un refus clair et net (...) Elle a pourtant multiplié les demandes", écrivent les auteurs cités par Le Point.


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18h42 suivi

Ganesh2, le youtubeur qui dessine Mélenchon et imite Le Pen

Par
la rédaction le 07/12/2016

Mais qui est Ganesh2, ce vidéaste qui apparait dans une vidéo de Jean-Luc Mélenchon, nouvelle star de Youtube, lors d’un déplacement à Bordeaux le 28 novembre dernier ? Si David Chabant, de son vrai nom, est l'auteur d'une bande dessinée où le candidat du Front de gauche "fait du kung fu", suite à un pari Twitter, il est surtout connu pour ses vidéos mélangeant imitations et jeu vidéo.

Des vidéos où le youtubeur joue notamment en imitant... Jean-Marie Le Pen. "Si Ganesh imite l’ex-président du Front national, il modernise de fond en comble «l’approche Laurent Gerra». Dans cette série (sa plus populaire), Jean-Marie explore Skyrim, radote sur l’Algérie ou le IIIe Reich, une rasade de “MDR” à l’appui, détaillent Les Inrocks, qui lui consacrent un portrait. “ Je ne rigole pas avec le FN, explique le youtubeur aux Inrocks.. Mais je me moque de ce dinosaure inoffensif et ubuesque, désavoué par sa fille. Je m’empare de ses expressions façon copie carbone, non pas pour en faire un épouvantail, mais une incarnation théâtrale : c’est un Sganarelle, un Harpagon, un Monsieur Jourdain”.

Le magazine décrit donc "un impertinent" qui "manie le second degré comme s’il jouait avec le feu, sans crainte aucune de se brûler… ou d’être incendiaire". Incendiaire, il l’avait été en septembre 2013, avec une vidéo titrée "Le viol, c’est lol" où il alignait les clichés les plus éculés sur le viol sous couvert "d’humour noir". Il affirmait par exemple que "le viol c’est comme le redressement fiscal : quand ça nous tombe dessus, on s’y attend pas, et en plus on l’a quand même un peu cherché" dans une vidéo qu’il a finalement supprimée le lendemain de la publication, à la suite d’un article de Madmoizelle. A l’époque Ganesh2 se défendait en expliquant qu’il avait fait la vidéo pour dénoncer les "sujets aseptisés" choisis par ses camarades youtubeurs et sa volonté de "rire de tout" : "On est toujours le modèle de quelqu’un. Toujours. Ce qui fait que si l’on se limite, cette limitation sera prise en compte DÈS LE DÉBUT par ceux qui se lanceront aussi", expliquait-il alors.

nouveau media

Et ses autres vidéos lui valent parfois des compliments dont il se serait bien passé, notent par ailleurs Les Inrocks : Ganesh2 explique avoir ainsi reçu "les félicitations de JSS News, un média d’’extrême-droite israélienne, qui trouvait que ma parodie du ‘bouffon Soral’ était parfaite..." ou "la demande d’un rappeur nationaliste, qui souhaitait que je prête ma voix à l’un de ses clips" après avoir entendu ses imitations de Jean-Marie Le Pen.

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17h47 suivi

Time désigne Trump "personnalité de l'année"

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Juliette Gramaglia le 07/12/2016

Time Magazine a désigné Donald Trump "personnalité de l'année 2016". L'hebdomadaire américain, qui avait fait d'Angela Merkel sa personnalité de l'année 2015, explique son choix par la plume de son éditrice, Nancy Gibbs : "Pour avoir rappelé aux États-Unis que la démagogie se nourrit du désespoir et que la vérité n'est efficace que si l'on croit en ceux qui la disent, pour avoir donné de la voix à un électorat caché en rendant sa fureur grand public et en diffusant en permanence ses peurs, et pour avoir mis en scène la culture politique de demain en démolissant celle d'hier, Donald Trump est la personnalité de l'année 2016 de Time". L'hebdomadaire a ainsi publié mercredi 7 décembre sa Une montrant le président-élu de trois-quarts, avec pour titre "Donald Trump, Président des États Divisés d'Amérique".

Time Trump

"Donald Trump est la personnalité de l'année 2016 du Time",
7 décembre 2016

Manière de rappeler cruellement l'aveuglement du magazine, le fondateur du blog Political Wire, Taegan Goddard, a diffusé cette couverture côte à côte avec des précédentes couvertures de Time, parues lors de la campagne présidentielle. "Trois Unes du magazine Time expliquent plutôt bien la campagne présidentielle de 2016", a-t-il commenté sur son site. Le montage montre deux couvertures précédentes sur lesquelles le visage dessiné de Trump fond, avec pour titres respectifs "effondrement" et "effondrement total".

couvertures Trump Time

"Effondrement", "Effondrement total" et "Donald Trump, Président des États Divisés d'Amérique"

"Il s'effondre parce qu'il a dit des choses puériles et ridicules" (Chomsky)

Invité la semaine dernière sur notre plateau, le philosophe américain Noam Chomsky était revenu sur la couverture médiatique de la "météorite" Trump. Chomsky explique que les couvertures de Time "représente[nt] l'effondrement" du candidat républicain, mais que le magazine ne s'est pas concentré sur les sujets importants : "Est-ce qu'il s'effondre parce qu'il a appelé à la fin du monde, en rejetant l'effort de lutte contre la catastrophe climatique ? Non, [pour Time, ndlr] il s'effondre parce qu'il a dit des mauvaises choses, des choses puériles et ridicules. C'était ça le problème, pas les vrais problèmes [comme le réchauffement climatique]."

Comment expliquer l'aveuglement des médias américains, qui n'ont pas su voir venir l'élection de Trump ? "Ils ont été aveugles car ils n'ont prêté qu'une attention très limitée aux sources de sa popularité, analyse Chomsky. Il y a pourtant des études là-dessus, mais elles ne sont pas arrivées dans les mains des médias."

Pour regarder l'intégralité de notre émission avec Noam Chomsky, c'est ici : "Chomsky : «la campagne de Trump, une version vulgaire de celle d'Obama»."

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08h00 suivi

Lancelin claque la porte du prix de journalisme "Jean-Luc Lagardère"

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Manuel Vicuña le 03/12/2016

C’est avec "un certain soulagement" qu’Aude Lancelin vient d’annoncer sa décision: l’ex-directrice adjointe de L’Obs claque la porte du jury du prix Jean-Luc Lagardère du "journaliste de l’année" (ex-prix Louis Hachette). Récente lauréate du prix Renaudot essai pour son ouvrage "Le Monde Libre", dans lequel elle racontait son renvoi brutal et très politique de L'Obs (voir notre récente émission avec elle), Lancelin s’est fendue ce jeudi 2 décembre d’une lettre reproduite en intégralité sur Mediapart.


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Un courrier adressé aux jurés et organisateurs du prix Lagardère, présidé par le directeur de Libé Laurent Joffrin, dans lequel elle explique les raisons de sa démission: "Chers membres du jury, lorsque je suis entrée à vos côtés, en 2012, je venais d’être nommée directrice adjointe de la rédaction de Marianne, journal qui jusqu’ici n’avait pas été convié à la table de l’ex-prix Louis-Hachette, visant à distinguer les meilleures plumes de la presse écrite française. (…) J’avais accepté de venir y défendre nos couleurs, et aussi une certaine vision du métier, même si c’était sans doute déjà peine perdue."

Peine perdue? Dans son courrier, Lancelin explique que, depuis un certain temps déjà, il n’était plus question pour elle d’assister aux réceptions du prix, "le premier ministre Manuel Valls s’étant inexplicablement invité sur les deux dernières photographies officielles aux côtés du lauréat de l’année."


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Le prix remis en avril 2016 à Kamel Daoud en présence de Valls, capture d'écran du site lagardere.com


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Le prix remis en avril 2015 à la rédaction de Charlie Hebdo, capture d'écran du site lagardere.com

Et Lancelin d’ajouter : "Hormis au Gabon peut-être, et dans quelques autres républiques d’opérette, où voit-on la puissance publique s’exhiber ainsi bras dessus bras dessous avec les hauts gradés du journalisme national, sans susciter un vrai malaise?"

Joffrin, "commissaire politique"

Mais surtout pour Lancelin, pas question aujourd’hui de siéger dans ce jury aux côtés de Laurent Joffrin. Un Joffrin qui, rappelle-t-elle, approuvait encore il y a peu son éviction de l’Obs "poussant l’élégance jusqu’à affirmer: «Il y a un différend politique, à un moment il faut bien le résoudre.»” , se souvient la journaliste, débarquée en mai de sa rédaction. Selon elle, "Ne défendant pas une ligne étroitement solférinienne, la seule que M. Joffrin comprenne et qu’il ait jamais eu pour ambition de donner aux deux journaux qu’il a alternativement dirigés, avec la réussite économique que l’on sait, il était légitime à ses yeux que je sois liquidée."

Pour Lancelin, la chose est désormais entendue : "Il va de soi qu’il n’y a désormais plus le moindre sens à ce que je siège aux côtés d’un journaliste que les principes ont abandonné au point d’assumer désormais sans rougir son rôle de commissaire politique gouvernemental", écrit-elle, avant de conclure sa lettre : "Je pense hélas que la presse aujourd’hui représentée dans ce type d’instances est morte, tandis que celle qui cherche à naître n’y aura jamais sa place, ainsi est-il temps de partir."

Le jury du prix Lagardère, présidé par Joffrin, est actuellement composé des journalistes : Christophe Barbier, Ariane Chemin, Bruno Frappat, Anne Fulda, Alain Genestar, Franz-Olivier Giesbert, Philippe Labro, Sébastien Le Fol, Christine Ockrent, Bernard Pivot, Patrick Poivre d'Arvor, Jean-Marie Rouart, Philippe Tesson et Valérie Toranian.

L'occasion de (re)voir notre émission avec Aude Lancelin : "Aude Lancelin : À L'Obs comme au gouvernement, il y a eu une purge"

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19h18 suivi

Bolloré : nouvelle offensive judiciaire contre France 2

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la rédaction le 02/12/2016

Vincent Bolloré contre France Télévisions, Acte III. Après avoir attaqué France 2 devant le tribunal de commerce, après avoir porté plainte contre France Télévisions au Cameroun, l'industriel lance une nouvelle offensive. Cette fois, Bolloré poursuit le groupe audiovisuel public en France pour diffamation, comme le révèle L'Obs ce jeudi. Dans son collimateur : encore et toujours la même enquête-reportage que Complément d'enquête (France 2) avait consacré aux activités africaines de l'industriel. Une nouvelle offensive de Bolloré qui intervient alors que se tenait ce même jeudi le procès en appel intenté par l'industriel contre le site Bastamag. Là aussi pour un article sur ses activités en Afrique.

Et de trois. Après avoir initié une procédure devant le tribunal de commerce réclamant 50 millions d'euros à France Télévisions, après avoir convoqué le groupe audiovisuel devant la justice pénale camerounaise (comme @si le révélait ici), Bolloré poursuit cette fois le groupe France Télévisions en diffamation en France. La plainte vise toujours le même portrait-enquête de 72 minutes réalisé par Tristan Waleckx (invité récemment sur notre plateau), diffusé une première fois le 7 avril 2016, puis rediffusé le 21 juillet sur France 2.

Ce reportage intitulé "Vincent Bolloré, un ami qui vous veut du bien ?" retraçait le parcours de l'industriel. Il évoquait notamment les activités en Afrique de la Socapalm, société qui produit de l'huile de palme au Cameroun, et dont Bolloré est actionnaire. Des employés sous-traitants, présentés pour certains comme mineurs et travaillant sans vêtements de protection, y témoignaient face caméra.


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L'Obs, 1er décembre 2016

Cette nouvelle plainte déposée par Bolloré a été révélée ce jeudi 1er décembre par L'Obs. Le même jour se tenait le procès en appel de Bolloré contre Bastamag, et d'autres sites internet. Poursuivi en diffamation par le groupe Bolloré pour un article, publié en 2012, sur l'accaparement des terres par l'industriel en Afrique et en Asie, le site indépendant Bastamag (de même que Rue89 et plusieurs blogueurs ayant relayé l'article) avait été relaxé. Les juges estimaient alors que cette enquête présentait "incontestablement un caractère d'intérêt général", mais Bolloré avait fait appel et l'audience se déroulait ce 1er décembre : Reporterre était dans la salle. La journaliste Laure Hanggi décrit une ambiance "électrique". A la journaliste auteure de l'article intitulé "Bolloré, Crédit Agricole, Louis Dreyfus : ces groupes français champions de l'accaparement de terres", l'avocat de l'industriel lance : "La moindre des choses, c’est que l’on admette que vous avez mal fait votre travail".

Hanggi continue son récit. "Imperturbable, Me Baratelli [avocat de Bolloré] continue sa leçon et affirme, sans ciller, que le groupe Bolloré ne détient «aucun hectare d’exploitation en Asie ou en Afrique» (...) «Vincent Bolloré est quelqu’un de fantastique. C’est un mec bien, jamais il ne ferait ça», s’exclame-t-il sous le regard médusé des prévenus, qui rient. «Oui vous pouvez rire, vous qui êtes plein de vos certitudes de journalistes altermondialistes». Ambiance." Le délibéré a été mis au 9 février.


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18h27 lu

Zemmour et l'islam : simple mise en garde du CSA contre RTL et France 5

Par
Manuel Vicuña le 02/12/2016

Le conseil supérieur de l’audiovisuel a rendu sa décision. Saisi par de nombreux téléspectateurs à la suite de propos tenus par Eric Zemmour dans plusieurs médias en septembre, le CSA a choisi de mettre en garde RTL et France 5. En cause: les propos islamophobes et racistes tenus par le polémiste lors de la tournée de promo de son dernier livre.

Invité sur le plateau de C à vous (France 5), le 6 septembre, Zemmour déclarait face à ses intervieweurs Patrick Cohen et Anne-Sophie Lapix: "En islam, il n'y a pas de musulmans modérés, ça n'existe pas. Il y a simplement des gens qui appliquent à la lettre et d'autres qui n'appliquent pas à la lettre. Mais ils savent qu'ils ne sont pas des bons musulmans." Point d’orgue de sa "démonstration", le polémiste lançait également que les terroristes, qu’il nomme "les soldats du djihad" sont "considérés par tous les musulmans, qu’ils le disent ou qu’ils ne le disent pas, comme des bons musulmans". Le jour même, comme nous le rapportions, le CSA recevait plus de 700 signalements.

Dès le lendemain, dans l'émission 6 minutes pour trancher sur l'antenne de RTL, Zemmour remettait le couvert, appelant à "désislamiser la France" pour lutter contre la "colonisation" musulmane. Selon lui, l’armée française aurait même un plan secret, obtenu auprès de "spécialistes israéliens" pour "faire du nettoyage". Pour le polémiste qui trouve Marine Le Pen trop modérée sur la question de l'islam, "c’est la bataille d’Alger qui recommence".

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Pas de mise en garde pour BFM

Dans sa décision rendue publique jeudi 1er décembre par un communiqué, le CSA a estimé, s’agissant de ces deux émissions, que "la maîtrise de l’antenne avait été insuffisamment assurée au regard de la gravité des propos tenus". En d’autres termes, le CSA considère que les journalistes de France 5 et de RTL n’ont pas suffisamment cherché à contredire leur invité

Malgré de nombreux signalements, BFMTV et l'émission Bourdin Direct dans laquelle Zemmour était invité le 16 septembre, n’ont fait l’objet d’aucune mise en garde. Le CSA a en effet jugé que "la maîtrise de l'antenne avait été effectuée par le journaliste, dans la mesure où les propos de l'invité ont fait, le plus souvent, l'objet d'une contradiction parfois vive."

Zemmour avait déjà été condamné fin 2015 pour provocation à la haine envers les musulmans pour des propos tenus dans le journal italien Corriere della sera et qui avaient poussé iTELE à se séparer de lui. En attendant, il est toujours chroniqueur... pour RTL.

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17h07 lu

Diffamation : l'urgentiste Pelloux fait condamner Le Point

Par
la rédaction le 30/11/2016

1000 euros d’amendes avec sursis, c’est la sanction dont écope ce mardi l’hebdomadaire Le Point. En cause : un article consacré à l’urgentiste et ex-chroniqueur de Charlie Hebdo Patrick Pelloux et à ses relations "privilégiées" avec François Hollande.


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Intitulé "Patrick Pelloux, l’ami du président", cet article du journaliste Aziz Zemouri paru le 25 juin 2015, laissait entendre que Pelloux, présenté par Le Point comme l’urgentiste "préféré" de Hollande, gravitant dans les milieux socialistes depuis le milieu des années 1990, aurait bénéficié d’un traitement de faveur de l’Elysée en matière d'indemnisation aux victimes du terrorisme. Le Point affirmait qu'après l’attentat ayant endeuillé Charlie Hebdo en janvier 2015, Pelloux se serait vu octroyer, sur proposition de Hollande, une compensation "substantielle" (près d'1,4 million d'euros croyait savoir Le Point). Dans le même article du Point, Pelloux avait d'emblée contesté avoir bénéficié d'une telle somme : "À quel titre ? je n'ai fait que mon travail." Ce mardi le tribunal correctionnel de Paris a en tout cas jugé les allégations du Point diffamatoires.

En revanche, la justice a débouté Pelloux concernant d'autres passages de l'article qui évoquaient la façon dont il était perçu par ses confrères du corps médical, en tant que président du syndicat des urgentistes. Selon Le Point, l'attitude de Pelloux notamment lors des grèves du secteur hospitalier de fin 2014, avait froissé certains de ces collègues voyant en lui "un relais du gouvernement".

Outre les 1000 euros d’amende avec sursis, dont écope le directeur de la publication Etienne Gernelle, celui-ci devra également verser un euro symbolique de dommage et intérêts à l'urgentiste. L'auteur de l'article quant à lui n'a pas été condamné. La raison ? Le tribunal a indiqué que le journaliste n'avait pas été cité à comparaître à la bonne adresse, "ce qui annule toute la procédure le concernant", rapporte l'AFP. Le Point devra faire état de la condamnation dans ses éditions web et papier.

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17h18 à l'étranger

Brexit : le carnet de notes qui embarrasse le gouvernement britannique

Par
la rédaction le 29/11/2016

Quels sont les plans du gouvernement britannique pour mettre en œuvre la sortie de l’Union européenne? Alors que, cinq mois après le référendum, le gouvernement conservateur de Theresa May tarde à dévoiler ses plans, quelques notes griffonnées sur un cahier à spirales alimentent outre-Manche toutes les spéculations.

La polémique a surgi ses derniers jours après la publication d’une photo qui a fait le tour de la presse britannique. Sur ce cliché, pris au téléobjectif, au sortir d’une réunion au ministère du Brexit, une collaboratrice du député conservateur Mark Field tient un carnet sous le bras. Sur ce carnet, photographié en gros plan, on distingue un ensemble de notes manuscrites, parfaitement lisibles.


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Manque de transparence

Que laissent transparaître ces notes capturées par l’objectif du photographe indépendant Steve Back? Quelques pistes de réflexion, semble-t-il, concernant la mise en oeuvre du Brexit... “What’s the model? Have your cake and eat it", peut-on lire sur le document. Une formule traduite dans la presse française par "Quelle est la stratégie? Le beurre et l’argent du beurre". On peut également y distinguer cette autre réflexion écrite à la main : "Nous pensons qu'il est peu probable que nous puissions rester dans le marché unique." Selon le Guardian, qui y va de son interprétation, le document semble suggérer que la Grande-Bretagne pourrait écarter l’idée d’un statut à la Norvégienne ("Pas de Norvège" peut-on lire sur le document). Le pays nordique, non membre de l'UE et de l’union douanière fait partie du marché unique européen, mais doit se plier à la libre circulation des personnes et la juridiction de la cour européenne (CJUE). Ce que le gouvernement ne serait pas prêt à accepter, affirme le Guardian.

De son côté Le Monde.fr note que "le texte suggère également que Londres (...) tentera de maintenir le cap des deux ans pour sortir de l’Union européenne, à rebours de l’idée que des discussions plus longues permettraient d’adoucir l’impact du Brexit."

Le gouvernement n’a pas tardé à réagir à la divulgation de ces notes de travail, par la voix d’un porte-parole: "Ces notes n’appartiennent pas à un responsable gouvernemental ou à un conseiller spécial. Elles ne reflètent pas la position du gouvernement quant aux négociations sur le Brexit", a-t-il affirmé ce lundi. Selon le Guardian, démenti ou non, "voilà qui serait susceptible d'augmenter la pression sur le gouvernement pour lever le voile sur ses plans pour le Brexit, à l'heure où les députés de l'opposition se plaignent d'un manque de transparence totale sur la stratégie britannique."


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15h45 lu

Traoré / Beaumont : un de ses frères dénonce la politique sécuritaire de la maire

Par
Juliette Gramaglia le 29/11/2016

On entend beaucoup la sœur d'Adama Traoré dans les médias, mais cette fois, c'est l'un de ses frères qui s'est exprimé. Lassana Traoré, un des grands frères d'Adama Traoré, mort le 19 juillet dernier dans des circonstances troubles après avoir été interpellé par des gendarmes, a donné le 24 novembre une interview publiée sur le blog du collectif militant Quartiers Libres. Il y raconte l'histoire de sa famille, leur arrivée à Beaumont-sur-Oise, revient sur la mort de son frère et sur la bataille juridique qui s'est engagée depuis.

Traoré en profite pour remercier ceux qui soutiennent leur combat, et reproche à la maire UDI Nathalie Groux de ne pas avoir "fait le moindre geste en direction de [sa] famille à part celui de vouloir [les] envoyer devant les tribunaux". Comme vous le rappelait Daniel Schneidermann, la maire a gardé le silence depuis la mort du jeune homme, et n'a pas présenté de condoléances à la famille. Elle a en outre attaqué la sœur d'Adama Traoré, Assa Traoré, pour diffamation, et deux autres de ses frères ont été placés en garde à vue.

Lassana Traoré itv

Entretien avec Lassana Traoré, sur le blog "Quartiers Libres"

"Lâcher la bride aux forces de l'ordre, c'était une promesse de campagne"

Lassana Traoré s'en prend particulièrement à la politique sécuritaire de la maire depuis son élection : "La maire UDI avait fait de l’intervention des gendarmes et en particulier du PSIG (Peloton de surveillance et d’intervention de la Gendarmerie) son cheval de bataille lors de son élection. On a eu le droit lors de sa campagne à tous les éléments de langage du sécuritaire «impunité zéro», «zéro tolérance», «reconquérir la tranquillité»… Elle faisait du PSIG la recette miracle pour régler tous les problèmes de petites délinquances sur la commune. C’est un élément à rappeler car je crois que la violence déployée par le PSIG dans toutes ses interventions en direction des jeunes ne vient pas de nulle part." Et Traoré de conclure : "Lâcher la bride aux forces de l’ordre, c’était une promesse de campagne." Une promesse de campagne qui a coûté, selon lui, la vie à son frère.

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12h17 Hors Série

US : la femme "punie" pour le déclin démographique blanc (Hors-Série)

Par
la rédaction le 29/11/2016

Une grosse inquiétude pour l'avenir des femmes aux Etats-Unis. C'est ce que ressent l'historienne Sylvie Laurent, invitée sur la plateau de Hors-Série cette semaine, après l'élection de Donald Trump, qui s'apprête à nommer des juges opposés à l'avortement à la Cour Suprême. "Il a le pouvoir, pendant sa mandature, d'annuler cette autorisation de l'avortement au niveau fédéral", assure l'historienne. Une annulation qui va renforcer une dynamique régionale déjà existante : dans les États, on ferme des cliniques et des centres du planning familial.

Une "catastrophe", pour l'historienne et enseignante à Sciences Po : "Il y a sans doute une volonté d'imposer au corps de la femme une forme de punition pour le déclin démographique de la population blanche." Car pour Laurent, ce retour en arrière sur l'avortement vise particulièrement les femmes blanches, qui seraient responsables d'un "indigénat" de la population, en n'accouchant plus d'assez d'enfants blancs, c'est-à-dire selon la tradition nationaliste de "bons petits patriotes à la peau claire". "Puisque aujourd'hui, il naît d'avantage d’enfants de couleur que d'enfants blancs, ce sont elles qui seront punies pour ça", explique-t-elle.

Pour regarder l'émission dans son intégralité, c'est ici : L'Amérique blanche

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12h16 suivi

Interdit de séjour à Calais, Gaspard Glanz saisit la justice

Par
Manuel Vicuña le 29/11/2016

Il s'était promis de combattre "ces mesures liberticides". Gardé à vue, placé sous contrôle judiciaire et Interdit de séjour dans la zone de Calais, le fondateur de l'agence Taranis News Gaspard Glanz a décidé de contre-attaquer. Non par de nouvelles vidéos, mais en saisissant la justice.

Ce dimanche, sur le site de Taranis News, Glanz publiait la poursuite en référé qu'il a décidé de transmettre au tribunal administratif de Strasbourg pour demander la suspension de l'arrêté lui interdisant de séjourner à Calais jusqu'à la fin de l'Etat d'urgence.


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Il y a quelques semaines sur notre plateau, le fondateur de l’agence de presse Taranis News, spécialisée dans la couverture des mouvements sociaux, avait raconté ses mésaventures. Alors qu'il s'était rendu à Calais le 23 octobre, sans accréditation, pour couvrir l'évacuation du camp de migrants, le reporter s'était vu notifier par la préfète de région cette interdiction le 27 octobre, à l'issue d'une garde à vue de 33 heures, qu'il racontait sur notre plateau.

Estimant que cette interdiction de séjour est "entachée d'un doute sérieux quant à sa légalité", Glanz et ses avocats ont décidé de poursuivre l'Etat pour demander la suspension de l'arrêté. Selon le référé, que Taranis News reproduit sur son site, "la couverture des événements qui se déroulent au quotidien à Calais relève de l'intérêt général, au regard du droit à l'information et de la liberté de la presse". Glanz estime que cette interdiction porte également atteinte à sa liberté de travail et réclame pour ce préjudice la somme de 2 000 euros. Ce référé sera examiné par le tribunal administratif de Strasbourg le 19 décembre.

L'occasion de (re)voir notre émission avec Gaspard Glanz Calais : "Si je n'étais pas journaliste, j'aurais ramené des paquets de riz"

L'occasion de (re)lire aussi notre article Calais : le photographe-vidéaste Gaspard Glanz placé sous contrôle judiciaire

 


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12h40 grrr !

Victoire Fillon : et revoilà (déjà) les sondages !

Par
la rédaction le 28/11/2016

Les sondages, jusqu'à la lie ? Incapables de prédire la victoire de Fillon, les sondeurs se projettent déjà vers le... second tour de l'élection présidentielle.

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Des pincettes, mais des chiffres, plein de chiffres tout de même. Hier soir, quelques heures seulement après la victoire de Fillon au deuxième tour de la "primaire de droite et du centre", le site de la chaîne Public Sénat publiait les résultats d'un sondage commandé à Harris Interactive sur les premier et second tours de... l'élection présidentielle de 2017. Mais attention, prudence ! "Rappelons qu’il ne s’agit que d’une photographie à un instant T. L’élection américaine et le premier tour de la primaire incitent à la plus grande prudence, surtout à 5 mois de la présidentielle. L’ordre d’arrivée peut encore largement changer, d’autant qu’on ne connaît pas tous les candidats", écrit Public Sénat, avant de retirer ses gants dans le paragraphe suivant : "Notre étude confirme que le candidat de la droite, aujourd’hui François Fillon, devrait se retrouver au second tour face à Marine Le Pen et dans ce cas largement l’emporter, avec 67% des voix contre 33% pour la candidate du FN."

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Le premier tour de 2017 avec Hollande ou Valls par Harris Interactive

Hypothèses toujours : Fillon était donné hier soir en tête d'un autre sondage réalisé par Odoxa pour France Télévisions, où l'ex-Premier ministre l'emporterait au premier, et second tour, "dans un premier tour avec 10 candidats représentant différents positionnements politiques".


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Et Le Figaro, LCI, BFM et Le Parisien, de tomber dans le panneau des hypothèses, six mois avant le premier tour de l'élection, et quelques jours seulement après les victoires "surprises" de Trump et... Fillon :


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Le Figaro, 28/11/2017


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BFMTV


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Le Parisien


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LCI

L'occasion de relire notre article : "Fillon : chacun savait que les sondages n'étaient pas fiables"

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10h51 flash

Le Monde fait de la retape pour une startup libertine biberonnée par l'école de Niel

Par
Manuel Vicuña le 27/11/2016

"Le voyage coquin se fait une place dans le tourisme." C’est Le Monde qui nous l’explique dans un très sérieux article paru ce samedi, dans sa rubrique Economie. "Les paquebots seraient désormais pleins à craquer... de libertins." On y apprend que les mordus d’échangisme, de gang bang et de soirées latex seraient prêts à débourser des sommes folles pour mêler aventures sexuelles et explorations touristiques à l’autre bout du globe.

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Appel de fonds

Croisière friponne, périple libertin en train ou en avion, "le voyage libertin semble un créneau très porteur, en plein essor", assure Le Monde, insistant, chiffres à l’appui, sur "le pactole", la "manne imposante" que générerait ce nouveau marché planétaire, en pleine expansion. D’autant que le libertin, explique Le Monde est une bourse fortunée, à tendance CSP+, (un peu comme le lecteur du Monde, en somme), "un client aisé", qui ne recule devant aucun prix pour satisfaire ses désirs.

Avis donc aux investisseurs… et voilà qui tombe bien : car justement une nouvelle "agence de voyage libertine", pleine d’ambition, et, qui plus est "Made in France", est à la recherche de gros sous. "Swingsy.fr, contraction de swinger (échangiste) et de sexy, veut profiter de cette vogue du sexe embarqué", explique Le Monde à ses lecteurs qui précise qu’"après un premier appel de fonds, en juin, de 70 000 euros, Swingsy, valorisé 1,2 million d’euros, a lancé une seconde levée et recherche cette fois 300 000 euros."

300 000 euros? Oui mais, l'agence en question a de grands projets. Et le quotidien de nous livrer dans les moindres détails les projections de croissance de Swingsy : mettre sur les rails un "Orient Express version libertine", lancer des périples aériens coquins en 747, et avant cela créer... son site web. Un site qui "sera aussi décliné en anglais, en espagnol, en allemand et en italien", assure Le Monde qui est allé puiser ces infos à la source, en interviewant la directrice générale de ce futur site en quête de fonds, une certaine Iris de Villars. Qui est donc cette pionnière du voyage libertin ? Le Monde nous éclaire : "A 24 ans, cette développeuse aux longues boucles brunes est issue de la promotion 2014 du «42», l’école d’informatique fondée par Xavier Niel, actionnaire à titre individuel du Monde." Le patron sera content.


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17h49 lu

Hamilton / mort : comment les accusations de viol ont ressurgi

Par
Manuel Vicuña le 26/11/2016

Il était mondialement connu pour ses photos de jeunes femmes dénudées. Le photographe britannique David Hamilton a été retrouvé mort vendredi soir dans son appartement de Montparnasse, à Paris, des suites d’un arrêt cardio-respiratoire. "Un suicide" a, dès hier soir, affirmé le site d’Europe 1, alors que des médicaments ont été retrouvés à proximité du corps du photographe. Le nom de l’artiste, devenu célèbre dès les années 1970 pour ses clichés de jeunes filles, à l’érotisme controversé, avait resurgi ces dernières semaines, après des accusations de viol.

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Dans un livre autobiographique paru le 19 octobre ("La consolation", JC Lattès), l’ex-animatrice de télé et désormais animatrice sur RTL, Flavie Flament, 42 ans, révélait avoir été violée à l’âge de 13 ans par un photographe "mondialement connu", sans en donner le nom. C’était, expliquait-elle, en 1987, lors de séances photo dans un camp naturiste du cap d’Agde (Hérault). Très vite, pourtant, le nom de Hamilton avait circulé sur les réseaux sociaux, d’autant que la couverture du livre de Flament était illustré par un portrait d’elle, adolescente, pris par Hamilton.

Si dans son ouvrage, Flament n’avait pas souhaité mettre en cause nommément le photographe, c’était en raison des délais de prescription qui lui faisaient courir le risque de poursuite en diffamation. "J’ai aujourd’hui 42 ans, et j’avais selon la loi française jusqu’à l’âge de 38 ans pour pouvoir me retourner contre mon bourreau, a-t-elle affirmé. Je ne peux pas le faire aujourd’hui parce que je suis non seulement victime, mais je pourrais être en plus accusée de diffamation".

"Un sentiment d'immense révolte"

Quelques jours après la parution du livre, invitée sur le plateau de Salut les Terriens (C8), elle avait laissé le soin et la responsabilité à l'animateur Thierry Ardissonde donner son nom : "David Hamilton, il a aujourd’hui 83 ans, je ne sais pas s’il regarde la télé, mais tu es un bel enculé, connard", lâche Ardisson sur le plateau. Lors de la diffusion, C8, recouvre le nom d’un bip sonore. Mais dès le lendemain plusieurs site,s tels ceux de Gala ou de la Libre Belgique, aiguillés par la précision sur l'âge du photographe, expliquent que le nom prononcé par Ardisson est celui d'Hamilton. Ardisson ne les contredit pas. Dans les jours qui suivent, le photographe publie finalement un démenti à ces accusations, dans un communiqué, évoquant d’"abominables diffamations" et dénonçant "une absence totale de présomption d’innocence".

Mais le 17 novembre, L’Obs publiait les témoignages, sous pseudonyme, de trois autres femmes accusant également Hamilton de viol. "Au même endroit. Le Cap d’Agde. Au milieu des années 80. Et dans des circonstances similaires", expliquait l’hebdo. Des témoignages, qui dès le lendemain avaient poussé Flament à confirmer dans une interview à L’Obs : "L’homme qui m’a violée lorsque j’avais 13 ans est bien David Hamilton". Dans cette interview, elle lançait un appel pour que la parole se libère et exhortait d’autres éventuelles victimes à se manifester.

Après le décès d’Hamilton, Flament a réagi, affirmant : "l’horreur de cette annonce ne saura jamais effacer celle de nos nuits blanches". Plus tôt dans la nuit, son éditrice chez Lattès, Karina Hocine avait déclaré : "On nous a dit que c’était un suicide. Nous sommes partagées entre l’horreur de la situation en tant qu’humain et en même temps, il y a un sentiment d’immense révolte car il n’aura pas laissé le temps à la justice de faire son oeuvre."


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09h52 ça reste à vérifier

Election US : la Russie derrière les fausses infos ? (Washington Post)

Par
Robin Andraca le 26/11/2016

Dans quelle mesure la Russie a-t-elle perturbé l'élection américaine ? Déjà accusée d'avoir piraté des milliers de courriels internes du parti démocrate, le gouvernement russe aurait aussi commandé la création et la diffusion de milliers de faux articles censés déstabiliser Clinton, et favoriser la candidature de Trump. C'est le Washington Post qui l'affirme, sans apporter de preuves très convaincantes.


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The Washington Post, 24/11/2016

Les jours se suivent et les théories pour expliquer l'élection de Trump aussi. Après Facebook et Google, accusés de propagation intensive de mensonges, le Washington Post explique, ce 25 novembre, que le gouvernement russe aurait commandité la création et la diffusion d'articles trompeurs critiquant Clinton, afin d'affaibilir la candidate et faire grimper Trump.

"La machine de propagande sophistiquée du pouvoir russe - qui inclut des milliers de botnets (réseau de machines "zombies"), des équipes de trolls payés, et de tout un réseau de sites et de comptes sur les réseaux sociaux - a fait écho et amplifié le bruit des sites conservateurs sur le net", accuse le Post, qui avait déjà écrit en juin 2016, sans en apporter la preuve indiscutable, que deux organisations à la solde de Moscou avaient piraté le réseau du Parti démocrate.

Sur quoi se base le Post ? Sur les travaux de plusieurs chercheurs indépendants qui se penchent sur la question depuis plusieurs années. C'est le cas notamment du site Propornot.com, constituée d'une équipe de citoyens américains spécialisés dans les questions de liberté numérique, et qui a publié ce 16 novembre un article intitulé : "La Russie manipule l'opinion publique américain à travers sa propagande en ligne".

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Capture d'écran du site PropOrNot, qui compare la "vieille" propagande russe à la nouvelle, avec un extrait d'un article pro-russe sur le site conspirationniste américain Info Wars

Qu'y apprend-on ? Que depuis 2008, plusieurs sites ou blogs américains (comme Infowars, le site de la star du complotisme US d'Alex Jones ou Ending The Fed, le blog conspirationniste pro-Trump) reprennent des contenus pro-Russie. Pour le directeur de PropOrNot, qui s'intéresse à toutes les formes de propagande mais reconnaît dans son "à propos" s'intéresser "particulièrement" à la propagande russe , "c'est comme si la Russie dirigeait un énorme lobby pour la campagne de Trump... et ça a marché". Mais à part lister les sites américains pro-Russes, susceptibles d'avoir écorné l'image des États-Unis pendant la campagne et favorisé la victoire de Trump, "PropOrNot" n'apporte aucune preuve d'une implication du gouvernement russe pour alimenter des sites ou des blogs américains, majoritairement de droite ou d'extrême droite.

Pour étayer ses propos, le Washington Post cite aussi Clinton Watts, chercheur à l'Institut de recherche sur la politique étrangère (un think tank basé à Philadelphie), co-auteur de l'article "Comment la Russie tente de détruire notre démocratie" publié le 6 novembre sur War on the Rocks, un blog américain spécialisé dans les questions de politique étrangère et de sécurité nationale. La Russie est, cette fois, accusée, de vouloir "affaiblir la confiance des citoyens américains dans leurs dirigeants politiques" en créant des fractures politiques au sein de la population. Comment ? En publiant, notamment, de fausses informations sur les sites RT et Sputnik, canaux du gouvernement russe à l'étranger (sur lesquels @si s'était longuement penché). "A plusieurs occasion, RT, Sputnik et d'autres sites pro-russes ont utilisé les réseaux sociaux pour donner plus d’écho à de fausses informations qui circulaient en ligne, poussant les algorithmes à les identifier comme des sujets "en vogue", qui ont parfois poussé certains grands médias américains à se pencher dessus", complète le Washington Post.


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L'occasion de relire notre article : "Sputnik, le site qui se demande si les USA ont causé le crash Germanwings"

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15h11 suivi

Bygmalion/France TV : prison avec sursis requise contre Carolis

Par
Manuel Vicuña le 25/11/2016

6 mois de prison avec sursis… et 25 000 euros d’amende. C’est la peine requise ce jeudi contre l’ex-patron de France Télévisions, journaliste et producteur, Patrick de Carolis. Celui-ci est jugé depuis le 15 novembre pour avoir conclu, à la tête du groupe audiovisuel public, des contrats entachés de favoritisme avec la société Bygmalion.


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A l’issue de ce procès dont @si a suivi les premiers jours, le parquet national financier (PNF) a également requis quatre mois de prison avec sursis et 75 000 euros d’amende contre le communicant Bastien Millot, cofondateur de Bygmalion. Celui-ci, d’abord recruté comme numéro 3 de France TV par Carolis en 2005, avait quitté le groupe en 2008 pour fonder la société de communication qui a aussitôt bénéficié de juteux contrats avec le groupe audiovisuel public.

100 000 euros requis contre Bygmalion

Sous le mandat de Carolis (2005-2010), France Télévisions a ainsi passé pour 1,5 million d’euros de contrats (veille internet, conseil stratégique, courrier aux téléspectateurs...) avec la société de Millot, au mépris de toutes les règles de mise en concurrence. Le procureur a ainsi requis 100 000 euros d’amendes contre la société Bygmalion, aujourd’hui en liquidation judiciaire et impliquée dans une autre affaire, plus retentissante, qui concerne le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012.

Au dernier jour de ce procès FranceTV/Bygmalion, le procureur Sébastien Roques a été, en revanche, plus clément avec un troisième prévenu, l’ex-secrétaire général de France Télés, Camille Pascal, dont la signature apparaît sur les contrats litigieux. Le procureur a requis contre lui 15 000 euros d'amende. Tout au long du procès, Pascal avait expliqué qu’il assumerait sa signature sur ces contrats, tout en rejetant sur sa hiérarchie la responsabilité de les avoir suscités et négociés. Visiblement, en requerrant de la prison avec sursis contre Carolis et Millot, le procureur a estimé qu'ils étaient bien les principaux responsables dans cette affaire.

L'occasion de lire notre reportage sur les premiers jours de ce procès : "Le procès des liens troubles entre France Télés et Bygmalion"

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14h40 Hors Série

De la "méconnaissance du terrain" par le journalisme parisien (Hors-Série)

Par
la rédaction le 23/11/2016

"Il y a un mépris dans les grandes villes pour ce qui est de la lutte locale". Le réalisateur et co-fondateur de la coopérative audiovisuelle Les Mutins de Pangée Olivier Azam, invité cette semaine de Hors-Série, l'a constaté durant les six années qu'il a passées à Saint-Pons-de-Thomières, dans l'Hérault. Dans cette commune de 2 000 habitants, onze personnes avaient été interpellées en 2009, soupçonnées d'avoir adressé des lettres de menaces accompagnées de balles de 9 mm à des personnalités politiques sous le pseudonyme "le corbeau".

De ses six années là-bas et de cette histoire de lettres, qui tombait juste après l'affaire du groupe dit de Tarnac, Azam a tiré un film, La cigale, le corbeau et les poulets, qui sortira en janvier 2017. Il y raconte le quotidien des habitants, leur lutte militante : "Ils sont coriaces, ils y vont, ils n'ont pas peur d'aller dormir dans la boue à Notre-Dame-des-Landes à 65 ans".

Cette lutte, justement, est pour Azam méprisée par "une certaine forme de la gauche romantique qui pense que c'est la révolution ou rien", que les petites luttes "ça vaut jamais assez le coup". Et au-delà du mépris, Azam pointe le manque d'information par les médias : "Y a une méconnaissance du terrain flagrant du journalisme parisien qui quand même se fait beaucoup dans les bureaux.". Avec moins de reportages sur le terrain, "je vois pas comme ils pourraient savoir au 7/9 de France Inter le matin, d'avoir une connaissance de ce qui se passe dans la vie réelle".

L'occasion de revoir l'intégralité de cette émission : "La cigale, le corbeau et les poulets"

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21h00 vu

Fillon et l'avortement : une "position personnelle" très publique

Par
la rédaction le 22/11/2016

François Fillon, ambigu sur le droit à l'avortement ? C'est ce qu'a affirmé mardi 22 novembre son adversaire au second tour de la primaire de la droite Alain Juppé au micro d'Europe 1, dans une interview qui marquait un changement de ton contre le vainqueur du premier tour : "Il a commencé par dire dans son livre que c'était un droit fondamental de la femme. Et puis il est revenu sur cette déclaration dans un débat devant un certain nombre de ses supporters", a-il dénoncé. Avant d'ajouter : "Quelle est sa position ?", accusant Fillon d'être "flou". En réponse, Fillon a appelé mardi 22 novembre à ce qu'"on cesse les polémiques inqualifiables" : "Est-ce qu'une seule fois j'ai pris une position contraire à l'avortement ?"

Qu'a dit Fillon sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG) ? L'attaque de Juppé fait référence au livre Faire de l'ancien premier ministre, paru en 2015. Ce dernier y affirmait que l'avortement était un "droit fondamental". Mais en juin dernier, lors d'un meeting dans les Yvelines, Fillon expliquait : "Dans mon livre, j'a commis une erreur, je vais la reconnaître devant vous. J'ai commis une erreur quand j'ai écrit que l'avortement était un droit fondamental. C'est pas ce que je voulais dire. Ce que je voulais dire c'est que c'est un droit sur lequel personne ne reviendra." "Moi, philosophiquement et compte tenu de ma foi personnelle, ajoutait-il alors, je ne peux pas approuver l'avortement." Fillon créait ainsi une distinction entre sa position personnelle (mais déclarée publiquement) et une position en tant que candidat à la primaire de droite.

Une double position que Fillon a ensuite réaffirmée face à Léa Salamé dans L’Émission politique du 27 octobre dernier. Après diffusion d'un extrait du meeting du 22 juin dans les Yvelines, Salamé se demandait ce que "veut dire" cette phrase. Fillon rétorquait alors : "C'est mes convictions personnelles". "Je n'ai pas à m'expliquer sur mes convictions religieuses devant vous, Madame Salamé", se défend le candidat sur le plateau de France 2, assurant qu'il est capable de "faire la différence entre [s]es convictions et le bien public, l'intérêt général". "Vous n'êtes pas favorable à une société qui interdirait l'avortement?", insiste Salamé. Réponse : "Bien sûr que non". Fillon maintient cependant sa déclaration du 22 juin : "Fondamental, non, ce n'est pas l'expression que j'aurais utilisé [dans son livre, ndlr] si c'était à refaire."

L'occasion de relire notre article : "Comment la cathosphère s'est mobilisée pour François Fillon"

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20h05 suivi

Libye : Takieddine entendu par la police

Par
Manuel Vicuña le 16/11/2016

Ziad Takieddine, entendu par la police? C’est ce qu’annoncent aujourd’hui l'agence Reuters et Le Monde, après les lourdes accusations portées par Takieddine détaillant des remises d'argent libyen à Nicolas Sarkozy avant la présidentielle de 2007. C'est non pas sous le régime de la garde à vue (comme l'avait d'abord annoncé Reuters) mais bien en tant que suspect libre que l’homme d’affaires franco-libanais aurait été auditionné par les enquêteurs après ses propos accusateurs publiés par le site Mediapart hier. Si Reuters croit savoir que cette audition a eu lieu ce mercredi, Le Monde affirme pour sa part que c'est mardi soir que Takieddine a été entendu par la police."Il aurait confirmé les remises d’argent liquide mais se serait montré confus sur les raisons de celles-ci. Il devait être à nouveau auditionné ce jeudi", écrivent les journalistes du Monde Simon Piel et Joan Tilouine.


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L'audition de Takieddine intervient dans la foulée de la publication hier par Mediapart d’une interview hautement explosive du sulfureux intermédiaire. Ce mardi le site d’information publiait en effet, comme nous le relations hier, un entretien filmé dans lequel Takieddine affirme avoir personnellement livré entre novembre 2006 et janvier 2007, trois valises d’argent liquide à Sarkozy alors ministre de l’Intérieur et à son directeur de cabinet Claude Guéant. Des mallettes contenant au total 5 millions d’euros en provenance de Tripoli, affirme-t-il.

Des déclarations retentissantes qui mettent directement en cause l’ex-chef de l’Etat dans l’enquête sur un potentiel financement libyen de la campagne électorale de 2007. Certes Takieddine avait déjà, par le passé, laissé planer pareils soupçons sur le financement de la campagne de Sarkozy, mais c’est la première fois que cet acteur clef du dossier libyen formule des accusations si explicites et détaillées dans lesquelles il affirme avoir pris part, lui-même, à des livraisons d’argent pour le financement de la campagne de Sarkozy. Des accusations lourdes aussitôt démenties par l'ancien chef de l'Etat et par son ex-directeur de campagne Guéant dont les avocats ont annoncé hier des poursuites en diffamation.

Pas un mot dans le JT de France 2

Voilà en tout cas qui soulève bien des questions. A commencer par celle de la crédibilité de ce personnage clé de l’affaire. Un personnage pour le moins trouble, comme le rappelle Le Monde dans un article paru ce mercredi et intitulé "Financement libyen: la nouvelle «bombe» de Ziad Takkiedine, témoin à la crédibilité contestée."



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Celui qui fut dans les coulisses de la vente d’armement de la France à des pays arabes et ex-architecte du rapprochement franco-libyen, "s’est retrouvé au cœur des derniers scandales de la République française" rappelle Le Monde. Mis en examen dans le volet financier de l’affaire Karachi, Takieddine avait reconnu en juin 2013 lors d'une audition avoir financé la campagne d’Édouard Balladur de 1995 via des rétrocommissions issues des contrats d'armement avec l'Arabie saoudite et le Pakistan. Dans ce volet de l’affaire Karachi dans lequel il est mis en cause, la cour d’appel de Lyon devrait rendre son délibéré le 17 janvier 2017. Surtout, sur la question du financement libyen, Le Monde rappelle que "souvent Takieddine a varié, fragilisant ses accusations jusque-là dépourvues de preuves." Mais cette fois-ci, les nouvelles déclarations de Takieddine à Mediapart ont une résonnance particulière. Elle viennent corroborer les propos de l’ex-chef du renseignement libyen, Abdallah Senoussi formulés dans le cadre d’une procédure secrète devant la cour pénale internationale (CPI) et dont Mediapart a révélé la teneur le 7 novembre.


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Pour explosives qu'elles soient, les accusations de Takieddine n'ont visiblement pas retenu l'attention des journaux télévisés. Au soir des révélations, Gilles Bouleau n'y consacrait qu'une vingtaine de secondes dans son journal de 20h sur TF1. Quant à France 2, ce mardi, qui consacrait la moitié de son JT (16 minutes sur 33) et pas moins de huit sujets à Emmanuel Macron, la chaîne n'a tout simplement pas évoqué le sujet.

Mise à jour à 22h30 : les éléments du Monde concernant l'audition de Ziad Takieddine après son entretien filmé accordé à Mediapart.

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16h21 lu

Agence du médicament / enquête : Le Figaro et Mediapart dénoncent des pressions

Par
la rédaction le 15/11/2016

Les pressions de l'agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) pointées du doigt par le Figaro et Mediapart. Dans un communiqué commun publié le 14 novembre, les Sociétés des journalistes (SDJ) du quotidien et du pure player dénoncent une lettre envoyée par le directeur général de l'agence Dominique Martin aux directions des rédactions. Il y exige que les deux médias cessent "de citer nommément les agents de l'ANSM" dans l'affaire de l'essai clinique de Rennes.

Depuis janvier, le Figaro et Mediapart traitent en effet du scandale de cet essai clinique d'une nouvelle molécule inhibitrice (le Bia 10-2474) qui aurait dû servir d'antalgique, dans lequel un patient sain est mort le 17 janvier dernier, tandis que cinq autres étaient hospitalisés. L'enquête menée par les journalistes du Figaro a révélé entre autres un rapport confidentiel de l'ANSM "accablant" pour l'agence elle-même, qui aurait autorisé la tenue de l'essai en ignorant une "alerte" lancée par "l'évaluateur non-clinique" de l'agence. De son côté, Mediapart dénonçait "le mensonge d’État" sur cette affaire. Dans leurs articles, les deux médias évoquent le nom de salariés de l'ANSM en lien avec cette affaire.

SDJ Figaro Mediapart

Communiqué commun des SDJ du Figaro et de Mediapart, 14 novembre 2016

Ce sont ces noms que l'agence du médicament veut voir disparaître : elle exige non seulement que les personnes citées ne le soient plus à l'avenir, mais également que le Figaro et Mediapart "retire[nt] les noms figurant dans [leurs] précédents articles sur [leur] site", peut-on lire dans la lettre qu'@si s'est procurée. L'ANSM justifie sa demande par le fait que les agents cités par le Figaro et Mediapart ne sont "pas mis en cause par l'enquête judiciaire en cours" (une information judiciaire pour homicide involontaire et blessures involontaires est en cours). Une demande que les deux SDJ refusent catégoriquement: "Retirer les noms de personnes citées dans des articles déjà publiés, tout comme s'interdire de les nommer à l'avenir, est contraire à notre métier, celui d'informer. Et cela, d'autant plus que ces personnes ont été parties prenantes dans la chaîne de décision qui a conduit à l'accident mortel."

En parallèle, une des personnes mentionnées par le Figaro et Mediapart qui travaille à l'ANSM comme "évaluatrice non-clinique", Farida Ouadi, a envoyé une mise en demeure aux deux rédactions, exigeant qu'on ne la cite plus dans les futurs articles sur l'affaire. Contactée par @si, la journaliste et membre de la SDJ au Figaro Anne Jouan assure qu'une telle démarche est inédite : "Demander la suppression de noms dans des papiers déjà mis en ligne, nous n'avons jamais eu ce genre de demande, même en six ans d'enquête sur le Mediator". Pour rappel, dans l'enquête sur le Mediator. l’État avait été reconnu responsable par inaction des "fautes commises" par l'ANSM dans le cas d'une patiente.

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