Vite-Dit

Les "vite-dit" sont tous les contenus des médias français et étrangers qui nous semblent dignes d’être signalés. Si nécessaire, ils feront l'objet d'un traitement approfondi dans nos articles payants. La page des "vite-dit" a pour fonction de donner aux non-abonnés une impression des centres d’intérêt du site. La page des "vite-dit" est très fréquemment actualisée au cours de la journée.

Déplier tous les Vite dit Replier tout

19h57 grrr !

Pas de Bygmalion dans la grille TV du journal de Bolloré

Par
Manuel Vicuña le 29/09/2016

Un simple oubli ? Alors que France 2 diffuse ce soir le reportage ô combien explosif d’Envoyé spécial sur l’affaire Bygmalion, pas une seule ligne sur ce sujet dans Direct Matin, le journal de Vincent Bolloré. C’est peu dire pourtant que la diffusion de cette enquête sur le financement illégal de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2012 est attendue de pied ferme, l’émission ayant mis le feu aux poudres dans les étages de France Télévisions avant de déclencher "la" polémique de la rentrée médiatique.

Mardi encore, c'est Télérama qui consacrait une critique à cette enquête "implacable" et "très attendue" que le magazine avait pu visionner en avant-première. Ce jeudi, c’est Le Monde qui, à quelques heures de la diffusion, revenait amplement sur le bras de fer entre le patron de l’info de France Télé, Michel Field et Elise Lucet. En cause, comme @si l'a révélé : une tractation entre Field … et l'entourage de Sarkozy pour éviter une diffusion de l'enquête au cours des primaires de la droite. En vain, puisque Lucet et l'équipe d'Envoyé spécial ont finalement obtenu que le reportage soit diffusé, comme prévu initialement, ce 29 septembre.

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Pourtant, malgré les soubresauts médiatiques et l'attente suscitée par la polémique et par la diffusion d'un extrait de 5 minutes dans le JT du 8 septembre de France 2, l’enquête sur Bygmalion est purement et simplement absente de la grille télé de Direct Matin. Si le quotidien de Bolloré annonce bien, dans son édition d'aujourd'hui, les deux autres sujets de l’émission d’Envoyé spécial, à savoir "SNCF : quand la sécurité déraille" et "Zidane, l’intouchable", elle ne mentionne pas le sujet sur Bygmalion, pourtant le plus attendu.

Faut-il y voir la une simple omission? Peut-être. Rappelons simplement que le réalisateur de l’enquête sur Bygmalion, Tristan Waleckx, a à son actif une enquête sans concession réalisée pour Complément d’enquête sur les activités de l’industriel breton. Une enquête que n’a visiblement pas digéré Bolloré qui, fin juillet, a décidé de traîner France 2 devant la justice pour la diffusion de ce sujet. Dernier élément de contexte ? L’actuel rédacteur en chef d’Envoyé Spécial, Jean-Pierre Canet, n’est autre que l’ancien rédacteur en chef de KM productions, la société qui a produit le documentaire sur le Crédit Mutuel censuré par... Bolloré. Simples coïncidences, certainement.

L'occasion de relire notre enquête : France Télévisions : bras de fer entre Field et envoyé spécial et "Envoyé spécial : le bras de fer continue"

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18h50 suivi

Etiquetage aliments : Le Monde a testé les 5 Couleurs (mais n'a pas aimé)

Par
Juliette Gramaglia le 29/09/2016

Que valent vraiment les "5 Couleurs" sur les étiquettes alimentaires ? Les Décodeurs du Monde ont testé un nouveau système d'étiquetage nutritionnel baptisé "5 Couleurs". Ce système, qui donne des notes aux produits en fonction de leurs nutriments, est considéré comme le plus simple de quatre étiquetages aujourd'hui testés en supermarchés. Il est critiqué par les lobbys industriels et agroalimentaires comme "stigmatisant" pour les "bons produits du terroir" : le lobby agroalimentaire a même tenté de décrédibiliser une enquête de Cash Investigation sur le sujet. Mais cet étiquetage se voit, à l'inverse, accusé de ne pas être aussi complet que le disent ses défenseurs.

lemonde nutri-score

Un nouveau système d'étiquetage alimentaire, le système 5 Couleurs, qui se veut plus simple pour les consommateurs, pourrait être trop magnanime avec certains produits. C'est la conclusion d'un test mené par les Décodeurs du Monde, alors que soixante supermarchés prennent part depuis le 26 septembre à l'expérimentation controversée de quatre nouveaux systèmes d'étiquetage. Une expérimentation dans laquelle on trouve le système 5 Couleurs, aussi appelé Nutri-Score, régulièrement attaqué par le lobby des industries agro-alimentaires qui lui reproche d'être stigmatisant pour des produits "du terroir". C'est précisément ce système 5 Couleurs (qui fait une moyenne entre bons et mauvais nutriments pour attribuer à chaque produit une note) que les Décodeurs du Monde ont décidé d'appliquer à 33 000 produits alimentaires.

Qu'apprend-on dans cet article ? Que si le Nutri-Score est plus "lisible" que le système actuel, il manque tout de même des informations. En fait, le système 5 Couleurs ne prend pas en compte tous les éléments mauvais pour la santé. Certes, presque la moitié des aliments ont une mauvaise note nutritionnelle (D ou E). Mais, surprise, les plats préparés sont plutôt bien notés : plus de la moitié d'entre eux ont un bonne note (A ou B), et moins de 13% d'entre eux sont classés D ou E.

résultats nutri-score

Note des produits alimentaires, d'après les calculs du système Nutri-Score
Source : Le Monde

Les plats préparés, plutôt bons pour la santé ? Pas forcément. Les Décodeurs expliquent que dans le calcul des points entre bons et mauvais nutriments, le système Nutri-Score n'intègre pas toujours les "sucres cachés". Ces sucres sont pourtant mauvais pour la santé, et baisseraient donc la note des produits. Et le Monde a trouvé sur les étiquettes des sucres cachés dans plus de la moitié des plats préparés testés.

Autre problème : le Nutri-Score se concentre sur les nutriments (le gras, le sucre, le sel... donc ce que l'organisme absorbe), plutôt que sur les ingrédients (listés dans l'étiquette du produit). Et dans les ingrédients, on trouve les additifs... dont certains ont été classés comme "probablement cancérogène[s] pour l'homme", rappelle Le Monde. Des additifs mauvais pour la santé... qui ne sont donc pas intégrés aux calculs du Nutri-Score.

Une base de données collaborative

Rassembler les données nutritionnelles sur les 33 000 produits testés n'a pas été simple. Et c'est justement ce qu'explique un article du "data blog" du Monde, qui complète l'enquête. "Notre première idée a été d'extraire automatiquement les données présentes sur les principaux sites Internet des géants de la grande distribution", explique l'article. Problème : si ces bases de données sont accessibles à tous, le droit ne permet pas de les extraire pour les utiliser. Les Décodeurs se sont alors tournés vers une autre base de données, l'Open Food Facts, qui est, elle, collaborative.

L'occasion de relire notre article : Étiquetage alimentaire : l'industrie tente de décrédibiliser Cash Investigation

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16h51 lu

Brûlé par sa e-cigarette, vraiment ? BFMTV, ou l'art de simplifier

Par
Manuel Vicuña le 29/09/2016

Avis à tous les amateurs de clopes à vapeur: gare à vous. L’info émane du site de BFMTV : "Sa cigarette électronique explose dans sa poche et met le feu à sa voiture". C’est le titre pour le moins anxiogène d’un article publié mercredi par le site de la chaîne en continu.


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On y découvre la mésaventure de Cédric, habitant de Toulouse "grièvement" brûlé jeudi dernier alors qu’il rentrait chez lui au volant de sa voiture. "L’homme raconte comment sa e-cigarette a pris feu et a incendié son véhicule : «Elle a commencé à siffler, à émettre une vive chaleur puis elle a traversé la poche de mon jean, rebondi partout dans l’habitacle et s’est logée à l’arrière pour y mettre le feu.»" écrit BFMTV en citant l’intéressé.

En cause, explique le site d’info: la batterie au lithium qui équipe ce type d’appareil, "le composant le plus dangereux des cigarettes électroniques". Et BFMTV de rappeler un précédent survenu en mai 2015 en Loire Atlantique. Un homme de 21 ans avait alors été brûlé à la main par l’explosion de sa e-cigarette. Un accident vraisemblablement "dû à une batterie défectueuse", avait rapporté la gendarmerie à l’AFP.

"Brûlé par sa e-cigarette" ?

De quoi s’inquiéter des dangers potentiels des vapoteuse Seul problème: BFMTV omet de préciser une chose. Si le jeune homme a bien été blessé par l’explosion de la batterie de sa e-cigarette, au moment de l’accident, la batterie en question n’était pas logée dans l’appareil, mais se trouvait à nu dans sa poche de pantalon, comme nous l’apprend en fait le reportage vidéo de BFMTV qui accompagne l’article.

"La batterie n’était pas en charge au moment où elle a explosé, elle était seule dans sa poche, en dehors de l’appareil", rapportait également France Bleu Toulouse qui a interviewé le même Cédric. Plusieurs sites ont pris soin de rester prudents évoquant "l’explosion de la batterie de sa cigarette électronique" (La Dépêche, Ouest France, 20 minutes), quand Le Parisien titre "Brûlé par sa e-cigarette" et BFMTV écrit "sa cigarette électronique explose dans sa poche".

Faire l’amalgame entre le composant et la cigarette électronique, à proprement parler, voilà qui a fait bondir certains lobbyistes de la vape, comme le site de promotion de l’e-cigarette vapyou.com qui taxe le traitement journalistique de cette info de manipulation et de désinformation : "Très concrètement l’homme avait sa «pile» dans la poche. Sans protection alors que l’on trouve dans les boutiques spécialisées des boites ou des étuis spéciaux." Pourquoi ? "Parce que, explique le site, il ne faut absolument pas que l’accu soit en contact avec des objets métalliques, par exemple des pièces de monnaies ou des clefs, au risque de créer un court circuit."

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17h25 suivi

MH17 : le tir venait d'une zone pro-russe (parquet néerlandais)

Par
la rédaction le 28/09/2016

La justice néerlandaise sait désormais d’où vient le missile, et où il a été tiré. Le parquet néerlandais a annoncé mercredi 28 septembre, que le missile qui a abattu un avion de la Malaysia Airlines dans l'est de l'Ukraine, faisant 298 morts en juillet 2014, de fabrication russe, a été tiré d'une zone contrôlée par les rebelles pro-Russes.

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Si le type de missile (un BUK russe) était déjà connu, des doutes persistaient sur l’origine du tir. Mais l’enquête a permis de lever les dernières interrogations, selon le directeur du Centre d’enquête criminelle de la police néerlandaise, Wilbert Paulissen, cité par l’AFP : "Nous pouvons conclure que le vol MH17 a été abattu le 17 juillet 2014 par un missile BUK apporté du territoire de la Fédération de Russie et qu'après le lancer, le système a été réacheminé en Russie […] Notre enquête a montré que l'endroit depuis lequel le missile a été tiré était aux mains des rebelles."

Ces résultats proviennent d’une enquête menée par une équipe internationale d’enquêteurs (appelée JIT pour "Joint investigation team") qui comprend des représentants de la justice et de la police de Malaisie, Australie, Belgique, Ukraine et Pays-Bas. Ils confirment les premiers éléments récoltés par le site de journalisme d'investigation participatif Bellingcat, qui dès 2014 retraçait le trajet du lance-missiles depuis la Russie (comme @si vous le racontait ici).

Sputnik ne voit aucun lien avec la Russie

Malgré ces révélations, le site russe francophone Sputnik (dont @si vous parlait ici) a choisi de titrer : "Le bureau du procureur général des Pays-Bas ne lie pas le crash du MH17 avec la Russie". Mettant de côté la provenance du missile et du lance-missile, pourtant bien établie, le site se base en fait sur cette citation du procureur : "Nous avons déterminé que le véhicule provenait de la Fédération de Russie. Ayant déterminé ce fait, nous ne faisons pas de déclarations concernant la participation de la Fédération de Russie ou de ses citoyens."

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Sputnik rappelle au passage la position du Kremlin, qui estime que "le Boeing-777 de la Malaysia Airlines n'avait pas pu être abattu à partir d'un territoire contrôlé par les insurgés" en se basant sur des "données radars fournies à la commission d'enquête par le ministère russe de la Défense". Un deuxième article publié sur Sputnik quelques minutes après, rapportait par ailleurs les propos de la porte parole du ministère russe des Affaires étrangères qui estime que "l'enquête n'est pas objective et est motivée politiquement".

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14h37 suivi

Violences policières : Facebook republie un post censuré

Par
Manuel Vicuña le 28/09/2016

Encore une fois Facebook censure d’abord et rectifie ensuite. Nous vous racontions lundi comment le réseau social avait rendu inaccessible un message publié par un prof parisien. Dans cette publication, mis en ligne vendredi, Guillaume Mazeau, maître de conférences à la Sorbonne rapportait le témoignage de l’un de ses collègues, Guillaume Vadot. Un témoignage choc dans lequel Vadot, par ailleurs militant du NPA, relatait les violences policières dont il aurait été victime jeudi 22 septembre en gare de Saint-Denis lorsqu’il avait voulu filmer l’interpellation musclée d’une "femme noire d’une cinquantaine d’années". Violence physique, menaces de mort et de viol, attouchements, insultes… Le témoignage de ce prof, qui depuis a décidé de porter plainte, a été massivement partagé sur Facebook jusqu’à ce que le réseau social ne rende la publication inaccessible.


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"Nous avons supprimé cette publication car elle n’est pas conforme aux Standards de la communauté Facebook", avait laconiquement justifié Facebook, sans daigner s’apesantir plus en détail sur "les standards" en question.

"Comme par magie"

Alors que le témoignage de Vadot vient d’être accrédité par la restauration de la vidéo effacée de son téléphone, Facebook fait, de son côté, machine arrière. Dans un article publié ce mardi, le site Numérama qui s’est enquis auprès de Facebook des raisons de cette censure publie la réponse que lui a adressée le réseau social : "Merci de votre message. Nous nous sommes rapprochés des équipes de modération et je vous informe que le contenu a été restauré et Facebook en a informé M. Mazeau", explique ainsi un porte-parole du géant californien. En effet comme le faisait remarquer Mazeau, l’auteur de la publication censurée, le post est réapparu "comme par magie" mardi matin sur sa page Facebook. Il est de nouveau accessible ici.

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Quant à la raison de cette censure? "Guillaume Mazeau a effectivement été informé" de la restauration de la publication assure Numérama en revanche poursuit le site "il n’a toujours aucune explication".

Censurer puis republier… Ce n’est pas la première fois que le réseau social agit de la sorte. Alors que sa politique de modération est plus que jamais montrée du doigt pour ses incohérences et son manque de transparence, le réseau social s’est illustré une nouvelle fois début septembre en censurant une photo historique de la guerre du Vietnam sous prétexte qu’elle contrevenait à ses standards en matière de nudité. Nous vous en parlions ici et ici. Face au tollé, Facebook avait finalement rétropédalé en republiant la photo.

L'occasion de (re)lire nos articles : "Facebook censure un témoignage de victime de violence policière" et "Facebook censure et (republie) une photo historique de la guerre du Vietnam"

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18h27 Hors Série

Mélenchon / souverainisme : "régression pour la gauche radicale" (Besancenot)

Par
la rédaction le 27/09/2016

Le souverainisme, une impasse pour la gauche radicale ? "Aujourd'hui une partie de la gauche radicale aime à se réconforter dans les idées du souverainisme, de la frontière, de la nation. Tout en expliquant que «sur le reste on tiendra bon». Et puis..." regrette ainsi Olivier Besancenot, invité de Manuel Cervera-Marzal sur Hors-Série. Par exemple ? "Jean-Luc Mélenchon qui fait des grandes sorties sur le souverainisme économique... Bah à la fin t'en viens à bafouiller sur la liberté de circulation et d'installation. Et puis, à la fin tu bégayes même plus, t'en viens à dire que t'es pas pour la liberté d'installation. Tout ça, je l'analyse comme des grands sujets de régression politique pour la gauche radicale."

Et pour voir l'émission en intégralité, c'est ici : Aux Sources - Olivier Besancenot : Quand leurs mots dictent nos vies

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19h48 lu

Facebook censure un témoignage de victime de violence policière

Par
Manuel Vicuña le 26/09/2016

Il a voulu témoigner sur Facebook des sévices policiers dont l’un de ses collègues avait été victime, mais le réseau social en a décidé autrement... en censurant le post de Guillaume Mazeau, maître de conférences à la Sorbonne. Dans cette publication, retranscrite intégralement par Mediapart, le prof livre un récit cru et frontal. "Il vient d'arriver cela à un collègue enseignant à Paris-1. Une scène horrible et impensable il y a quelques années. Le discours anti-flic primaire me fatigue. Mais à un moment il faut ouvrir les yeux.", explique Mazeau qui a décidé de rapporter le témoignage de l’un de ses collègues, prof à la Sorbonne, Guillaume Vadot.


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La scène est survenue jeudi dernier en gare de Saint-Denis. "Je [Vadot] sortais d’une gare de banlieue avec une copine, en fin de journée. Au moment de passer les tourniquets, on entend des hurlements." Vadot aperçoit alors une femme noire d’une cinquantaine d’années, menottée, violemment interpellée par des agents de police. Alors qu’un attroupement se forme, Vadot choqué a un réflexe : "J’ai sorti mon téléphone pour filmer, en me disant que cela pourrait cadrer les choses, faire baisser le niveau d’impunité. Ça n’a pas duré plus d’une minute."

"On va te violer..."

En l’espace d’un instant, il aurait été brusquement mis de côté par deux des nombreux policiers. C’est là que les choses dérapent, explique-t-il. "Ils se mettent à deux sur moi, chacun me faisant une clé à l’un des bras. Une douleur énorme me traverse les articulations. J’ai les deux bras torsadés dans le dos, avec ces deux hommes dans des positions qu’ils ont apprises, qui pèsent de toute leur force pour me plaquer contre le mur."

Vadot dépeint les deux agents comme "surexcités" : "Crânes rasés, les yeux brillants, j’ai du mal à croire que la scène qui suit est réelle. «On va te tuer, tu es mort, on va te défoncer, je te crève là sur place dans dix minutes». Et au fur et à mesure que les cartilages s’étirent sous la torsion, ils remontent mes poignets dans mon dos, et augmentent la torsion. Celui de gauche me met la main sur les fesses. «T’as cru que t’allais jouer avec la police ? Regarde comme on va jouer avec toi». Et il me met une première béquille. Puis il remet sa main sur mes fesses. Avec les clés de bras, je ne peux plus respirer normalement." Nouvelle béquille, les menaces se poursuivent "On va te violer, ça te plaît ça ? Je vais te violer et on va voir si après tu filmeras la police", lui aurait lâché l’un deux. "« Maintenant on va te mettre des coups de taser, tu vas voir comment ça pique ». Et, toujours celui de gauche, m’envoie une décharge dans le bras. Je sursaute, et je me mets à trembler."

Une plainte bientôt déposée

D’autres insultes et menaces fusent encore, relate l’enseignant : "«T’es prof ? Quand l’État islamique viendra à la Sorbonne tu vas les regarder en te branlant ». Celui de gauche : «Regarde-moi sale pédé. Sale pute. Tu habites là-bas hein ? (il montre mon immeuble). Je vais venir chez toi, je vais mettre une cagoule et je vais te violer »." Jusqu’à ce que, selon Vadot, les policiers, après l’avoir forcé à déverrouiller son téléphone et à effacer les photos, repartent en courant.


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Alors que Facebook a rendu cette publication inaccessible (avant de la republier), la victime a décidé de ne pas en rester là. Ce lundi, Guillaume Vadot a décidé de rompre l’anonymat (jusqu'ici son collègue avait pris soin de ne pas indiquer son nom) lors d’une conférence de presse, live tweetée ici. Selon lui, les hommes qui l’ont violenté seraient "de la police nationale". Vadot a indiqué qu’il avait d’ores et déjà été contacté par l’IGPN, la police des polices. Avec son avocat il a fait savoir qu’il allait saisir le procureur de la république et le Défenseur des droits. "La plainte est en cours de rédaction", explique-t-il.

L'occasion de lire : "Violences policières : Facebook republie un post censuré"

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19h46 suivi

Migrants/Zone Interdite : ouverture d'une information judiciaire

Par
Vincent Coquaz le 26/09/2016

Nouvel épisode (judiciaire) pour Zone Interdite. Une information judiciaire a été ouverte "sur les conditions de tournage d'un reportage de "Zone Interdite" sur les clandestins", dans l’affaire qui oppose la société de production de l'émission de M6 à trois migrants camerounais, rapporte TéléObs.

En cause, une plainte qui remonte à 2013 : Emile Zola Matemb Ma Em, Alain Joseph Ebanga Ndoumou et Elie M’Bock accusent les journalistes de Zone Interdite (diffusée sur M6 le 24 novembre 2013 et produite par Tony Comiti) de les avoir incités à entreprendre le voyage entre la Libye et la France, mais aussi de les avoir aidés (en finançant par exemple leurs billets de train entre Rome et Paris, ce que la production a reconnu). Du côté de Zone Interdite, les journalistes assuraient au contraire à @si n’avoir poussé personne à partir dans ce périple : "Les migrants ont profité de notre présence pour partir, parce que cela les rassurait vis-à-vis des passeurs, mais nous n’avons pas promis de payer". Une affaire révélée par TéléObs, à laquelle @si avait consacré une émission, avec notamment un des migrants concernés, Elie M’Bok.

Extrait de l'émission du 29 novembre 2013

Alors que le parquet avait ouvert une enquête préliminaire suite à la plainte, fin 2013, le procureur de Paris a cette fois demandé l’ouverture d’une information judiciaire "sur l'ensemble des infractions visées par la plainte", détaille le supplément TV de L’Obs, à savoir "aide directe et indirecte à l'entrée et au séjour irrégulier, soumission à des conditions de travail et d'hébergement contraires à la dignité humaine, risques causés à autrui, omission de porter secours et escroquerie". Selon nos informations, une dernière qualification pénale a été ajoutée par le parquet : "Obtention par une personne vulnérable ou en état de dépendance, de la fourniture de services non rétribués ou en échéange d'une rétribution manifestement sans rapport avec l'importance du travail accompli".

L’occasion de (re)voir notre émission : Migrants camerounais manipulés ? Réalisateurs et journalistes débattent

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19h44 entendu

Mise en examen : Sotto épingle Sarkozy (Europe 1)

Par
Juliette Gramaglia le 26/09/2016

Nicolas Sarkozy a bien été mis en examen pour "financement illégal de campagne électorale" dans l'affaire Bygmalion. Interviewé lundi 26 septembre sur Europe 1, l'ancien président affirme pourtant le contraire. Il est contredit par le journaliste Thomas Sotto, qui peine à imposer les faits face aux protestations de Sarkozy.

De la difficulté de fact-checker en direct. Nicolas Sarkozy était ce matin, lundi 26 septembre, dans la matinale d'Europe 1 face à Thomas Sotto. L'ancien président affirme qu'il a remboursé "de ses deniers" le dépassement des frais de sa campagne de 2012. "Les comptes de campagne et l'affaire Bygmalion sont deux affaires différentes", intervient alors Sotto. "Vous êtes mis en examen pour financement illégal de campagne électorale", rappelle le journaliste, sous les protestations de Sarkozy. Ce dernier prétend que dans l'affaire Bygmalion, il n'a été mis en examen que pour le dépassement du plafond des dépenses de sa campagne électorale. Or Sotto explique que le dépassement n'est qu' "un élément constitutif" de la mise en examen : il ne constitue pas l'intégralité de l'accusation.

Sotto a raison : Sarkozy est bien mis en examen pour "financement illégal de campagne électorale", comme l'a annoncé le 16 février le parquet de Paris. Et le réquisitoire du parquet, signé le 30 août, demande son renvoi en correctionnelle pour financement illégal de campagne. C'est sous ce chef d'accusation que l'ancien président sera jugé. Un chef d'accusation qui inclut trois faits... dont le dépassement des dépenses électorales, martelé par Sarkozy.

lemonde sarko correctionnelle

Article du Monde, 5 septembre 2016

Sarkozy continue sur sa lancée : il affirme que toute cette histoire "a été jugé[e] par le Conseil Constitutionnel". "Ce sont deux affaires différentes", insiste à nouveau Sotto... avec raison. En effet, le Conseil Constitutionnel avait rejeté en juillet 2013 les comptes de campagne de Sarkozy : certaines dépenses écartées par l'équipe du candidat avaient été considérées comme faisant bien partie des dépenses de campagne de 2012. Le parti avait alors été condamné à rembourser près de 11 millions d'euros de frais de campagne, et Sarkozy avait été lui condamné à payer une amende égale au montant du dépassement de la somme autorisée (466 118 euros). C'est cette fameuse amende que Sarkozy dit avoir payée "de ses deniers". C'est-à-dire que l'UMP avait payé pour Sarkozy, qui avait ensuite remboursé le parti (ce qui avait valu l'ouverture d'une enquête par le parquet de Paris, car l'UMP n'était pas censée payer pour son ancien chef de parti).

Est-elle vraiment réglée, cette histoire de dépassement des comptes de campagne, comme l'affirme Sarkozy ? Non. Car comme le rappelle plusieurs fois Sotto, l'arrêt du Conseil Constitutionnel et la mise en examen de Sarkozy sont deux affaires bien distinctes. L'affaire des fausses factures de Bygmalion n'a été révélée qu'en 2014, rappellent Les Décodeurs du Monde... soit après le jugement du Conseil Constitutionnel. Sans compter que le dépassement annoncé par le Conseil en 2013 n'était que de 466 118 euros alors que les dépassements dans l'affaire Bygmalion se solderaient d'après l'enquête à plus de 23 millions d'euros.

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16h53 vous n'êtes pas obligés

JDD/Chirac : du recyclage des nécros

Par
la rédaction le 25/09/2016

De l’art de recycler une nécro… Dans son édition de la semaine, le JDD fait sa Une et quatre pages sur Jacques Chirac, histoire de clore l’épisode de la fausse mort de l’ancien chef de l’Etat annoncée sur Twitter par Christine Boutin comme nous le racontions ici. "Depuis une semaine, écrit d’entrée de jeu le journal, la France entière veille, comme les peuples ont toujours veillé les capitaines qu’ils ont beaucoup aimés". Diantre, nous voici au chevet de Chirac le mourant. Et visiblement, le JDD a déjà sorti ses articles de nécrologie… Pourquoi les remiser ? Autant les recycler.

JDD Chirac

Si les deux premières pages sont consacrées à son état de santé (une infection pulmonaire suffisamment sérieuse pour affréter deux avions et rapatrier Chirac qui séjournait au Maroc) et retrace les débuts de la maladie ("une anosognosie, c’est-à-dire une forme de dégénérescence du cerveau, un des symptômes possibles d’Alzheimer"), les deux pages qui suivent ressemblent à s’y méprendre à une nécrologie remaniée.

On y apprend que "les héritiers [sont] déjà en ordre de bataille" : à droite, "le moment venu, tous revendiqueront une part de l’héritage politique" assure le JDD qui poursuit : "la dégradation subite de l’état de santé de Jacques Chirac est venue peser sur la primaire au moment pile où s’ouvrait la primaire. […] Les deux prétendants à la succession politique de Jacques Chirac se préparent à réclamer leur part: le fils fidèle et le fils rebelle, l’héritier présomptif (Juppé) contre l’héritier combatif (Sarkozy)". Chirac est presque mort donc. Mais puisqu’il ne l’est pas tout à fait, le JDD consacre un tiers de page à un ex-président tout à fait mort celui-ci : François Mitterrand. Et de nous raconter les derniers instants avant son décès le 8 janvier 1996 et l’oraison funèbre "de belle tenue" prononcée… par Chirac.

>> L'occasion de relire notre article : le jour où Boutin a annoncé la mort de Chirac

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16h52 @rrêt sur images

Sarkozy, les Gaulois, et les Huns

Par
la rédaction le 25/09/2016

Au moment où nous devenons Français, nos ancêtres sont-ils les Gaulois ? Pourquoi pas, estime l’écrivaine franco-hongroise Nina Yargekov, auteure du livre Double nationalité et invitée de notre émission autour du documentaire La traversée, en réponse à la dernière provocation en date de Nicolas Sarkozy : "si Nicolas Sarkozy a fait ce choix d’être uniquement Français dans son identité, tant mieux, réjouissons-nous" concède l’écrivaine avant de poursuivre : "par contre, suggérer que c’est le seul modèle possible est qu’on n’a pas le droit d’être dans le cumul", c’est réducteur. "Il y a assez de place dans le cœur humain pour deux pays", conclut-elle, "ce n’est pas l’un ou l’autre, on peut aimer les deux".

>> L’occasion de voir notre émission de la semaine autour du documentaire La Traversée réalisé par Elisabeth Leuvrey et diffusé dans le cadre de notre partenariat avec Tënk, plateforme de documentaires de création.

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18h35 buzz

Valls et son "marabout" : "rien d'infâmant" (Hugeux / L'Express)

Par
Juliette Gramaglia le 23/09/2016

"Marabout", "fils du désert", "sherpa", "griot"... Un article de L'Express, paru le 15 septembre dernier, sur un conseiller noir de Manuel Valls a provoqué de nombreuses réactions indignées sur Twitter. En cause, le vocabulaire employé pour décrire Ibrahima Diawadoh N'Jim, conseiller et ami proche du Premier ministre.

L'article a été notamment repéré par la militante antiraciste Sihame Assbague (l'organisatrice du camp décolonial de Reims critiqué pour n'être ouvert qu'aux personnes victimes du racisme d'Etat). Elle dénonce un "pack racisme all inclusive" de L'Express.

Assbague racisme

AComment est-il décrit, le "marabout" N'Jim? Le conseiller, au nom "exotique pour le profane" est en contact permanent avec le "sérail franco-africain". Ce "fils du désert sénégalo-mauritanien" est, de l'avis de l'entourage de Valls, le "N'Jiminy Cricket" de Valls. Un "sherpa subsaharien", "griot" loyal qui l'accompagne depuis bien longtemps.

express marabout

Article de L'Express, 15 septembre 2016

Contacté par @si, l'auteur de l'article Vincent Hugeux "ne voi[t] pas le problème" à utiliser ces termes. "Cet embryon de polémique totalement stérile m'amuse. Il renvoie à une forme d'inhibition lexicale qui gêne plus apparemment des milieux qui se revendiquent antiracistes que mes amis africains". Le terme de marabout n'a pour lui rien "d'infamant" : "J'ai déjà utilisé le terme marabout pour des personnages occultes, qu'ils aient le teint pâle ou pas", explique-t-il. Comme dans son ouvrage, paru en 2007, Les sorciers blancs.

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18h30 lu

Les médias ne relayent que le pire de Trump (Ramonet)

Par
la rédaction le 23/09/2016

Pas un jour sans que les médias du monde entier ne relaient les provocations de Donald Trump. Mais au-delà de ses propositions ubuesques et de ses déclarations à l’emporte-pièce sur les immigrés, les journalistes, les femmes ou les musulmans, que sait-on exactement, en France, du programme du candidat républicain? C’est la question soulevée mercredi par le journaliste Ignacio Ramonet dans un article intitulé "Les 7 propositions de Donald Trump que les grand médias nous cachent". Dans cet article publié sur le site Mémoires des luttes, l’ex-directeur du Monde diplomatique s’étonne : "Comment un personnage avec de si misérables idées peut rencontrer un tel succès chez les électeurs américains qui, évidemment, ne sont pas tous décérébrés? Quelque chose ne cadre pas."


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Ramonet a tenté d’y voir plus clair, en regardant au-delà du "catalogue de détestables inepties" proférées par Trump, et relayées jour après jour. Le journaliste s’est donc penché de plus près sur le programme du candidat Trump. "On découvre alors sept autres options fondamentales qu’il défend, et que les grands médias passent systématiquement sous silence."

Taxer les traders, baisser le prix des médicaments

Oui, Trump s’est moqué d’une journaliste handicapée, se déclare favorable à la torture et veut expulser 11 millions d’immigrés latinos, mais Ramonet rappelle qu'"Il a aussi promis de diminuer les prix des médicaments, d’aider à régler les problèmes des «SDF», de réformer la fiscalité des petits contribuables, et de supprimer un impôt fédéral qui touche 73 millions de foyers modestes." Certes Trump se verrait bien fermer toutes les mosquées du pays, mais qui sait qu’il a aussi promis d’augmenter les impôts des traders qui travaillent pour des fonds spéculatifs ?

Trump un provocateur adulé pour ses sorties fracassantes ? Oui mais aussi un fervent protectionniste qui séduit les laissés pour compte de l'économie mondialisée : "Il propose d’augmenter les taxes sur tous les produits importés. Et se dit prêt, s’il arrive au pouvoir, à établir des droits de douanes de 40% sur les produits chinois", ajoute Ramonet qui rappelle que le candidat républicain est opposé au traité de libre échange nord-américaine (ALENA), au traité transpacifique (TPP) et n’exclut pas de sortir de l’organisation mondiale du commerce. "Dans des régions comme le rust belt, la «ceinture de rouille» du nord-est où les délocalisations et la fermeture d’usines ont fait exploser le chômage et généralisé la pauvreté, ces propos sont reçus avec enthousiasme et font renaître tous les espoirs", analyse Ramonet, pour qui ces propositions "expliquent sans doute un peu mieux les raisons de son succès auprès de larges secteurs de l’électorat américain."

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18h27 suivi

Canal+ : retour au "clair" pour Le Grand Journal

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la rédaction le 23/09/2016

Marche arrière toute pour Canal +. Le Grand Journal sera de nouveau intégralement en clair à partir du lundi 26 septembre. Depuis la rentrée, Canal + n'était en clair que de 19h45 à 21h les soirs de semaine (au lieu de 19h - 21h l'année précédente). Ce qui faisait du Grand Journal, qui commençait à 19h05, la première (et la seule) émission mi-cryptée, mi-claire de la chaîne. Désormais, le clair commencera comme les années précédentes à 19h. Une décision a contre-courant de la stratégie de Vincent Bolloré, qui voulait réduire la part des émissions en clair sur Canal +.

ozap canal

Ozap, 23 septembre 2016

D'après le site Ozap, ce retour en clair sera accompagné d'un changement dans les programmes : le Gros Journal de Mouloud Achour, diffusé jusqu'ici à 20h20, passera désormais à 19h, avant le Grand Journal, qui commencera du coup à 19h10.

Ces changements interviennent alors que depuis la rentrée, les émissions en clair de Canal + sont en grande difficulté. Épinglées dès leur première diffusion pour sexisme et transphobie, leurs audiences ne cessent de baisser. La partie en clair du Grand Journal ne rassemble en moyenne que 183 000 téléspectateurs chaque soir, note Ozap (contre environ 500 000 l'an passé). Et les audiences des autres émissions en clair, comme le Petit Journal, ne font guère mieux : la nouvelle mouture de l'émission façon Cyrille Eldin n'attire en moyenne que 553 000 téléspectateurs par soir d'après Ozap (moitié moins qu'à l'époque où Yann Barthès présentait).

L'occasion de revoir notre émission : Rentrée télé : "On atteint des sommets en terme d'analyse de rien".

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11h30 suivi

Biens communs numériques : Hollande (tardivement) pour le partage

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Anne-Sophie Jacques le 22/09/2016

Partager les biens communs numériques ? François Hollande est archi-pour. Selon le site Next Inpactnos partenaires de la Presse libre – le président a mis à l’honneur les communs lors de son discours à New York mardi 20 septembre alors que la France s’apprête à prendre la présidence du Partenariat pour un gouvernement ouvert (PGO).

Next Inpact Communs

Ce partenariat, créé en 2011 à l’initiative de huit pays (dont le Brésil, la Norvège et les Etats-Unis), "vise à promouvoir la transparence de l’action publique et la gouvernance ouverte, à améliorer la participation citoyenne à l’élaboration des politiques publiques, à renforcer l’intégrité publique et à combattre la corruption, ceci grâce notamment aux nouvelles technologies et au numérique" à en croire le site de l’Elysée.

C’est dans ce cadre que Hollande a annoncé les axes de son mandat d’une durée d’un an. Il a aussi bien loué la transparence de la vie publique et économique que l’ouverture des données sur le développement durable… et le partage des biens communs afin que "cette invention formidable – ces technologies qui permettent de faire circuler de l'information – puisse être en soi une façon de décider, de participer, de contrôler et d'agir". Sauf que, comme le soulignent nos confrères, Hollande est tout de même un peu gonflé. En effet, comme nous l’expliquions dans cette chronique, lors des discussions tenues en janvier autour du projet de Loi numérique, le gouvernement a refusé d’y inscrire toute référence au domaine commun informationnel prévu initialement dans l’article 8 du projet.

Cet article était pourtant soutenu par la secrétaire d’État au Numérique Axelle Lemaire ainsi que par de nombreux députés de gauche, ou encore par La Quadrature du Net ou le Conseil national du Numérique. L’idée était de définir le domaine commun de l'information en inscrivant le logiciel libre, les œuvres placées sous licence Creative Commons ou les ressources gérées de façon communautaire histoire de protéger ces biens du business. Face à ce recul, Lemaire avait promis que la notion de communs ferait l’objet d’une mission confiée à deux conseillers d’État. Neuf mois plus tard, la mission n’a encore pas vu le jour. Faut-il prévenir Hollande ?

>> L’occasion de voir ou revoir notre émission sur les communs

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11h27 lu

Cohen n'avait pas lu "ligne à ligne" le livre de Zemmour

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Robin Andraca le 22/09/2016

Interrogé par Libération pour savoir s'il fallait encore inviter Eric Zemmour à la télévision, Patrick Cohen estime que oui. Et confesse qu'il n'avait pas lu "ligne à ligne" la préface du livre de Zemmour, invité sur le plateau de C à vous début septembre.

Mardi 6 septembre, autour de la table du plateau de C à vous, ils étaient au moins deux à ne pas avoir lu le dernier recueil de chroniques de Zemmour, agrémenté d'une préface de 50 pages, Un quinquennat pour rien : Zemmour lui-même, qui n'avait pas remarqué qu'il y manquait deux chroniques et Cohen, chroniqueur sur France 5.

C'est ce que raconte le présentateur de la matinale de France Inter dans un article de Libé intitulé "Eric Zemmour, odieuse audience". Interrogé sur la "radicalisation" de Zemmour, qui affirmait sur France 5 que "les soldats du djihad sont considérés par tous les musulmans comme des bons musulmans", Cohen affirme qu'il y a eu un "vrai effet de surprise sur le plateau". "On a essuyé les plâtres de façon imprévue. C’était effarant. Ce qu’il dit est très violent, très essentialisant pour les musulmans. Je n’avais pas imaginé qu’il avait franchi un cran". Et pour cause : Cohen avoue qu'il n'avait pas lu "ligne à ligne" la préface d'Un quinquennat pour rien.

Faut-il encore inviter Zemmour, alors que le CSA avait reçu 700 signalement après le passage du polémiste sur France 5 ? "Cette question me gêne car elle présuppose que les téléspectateurs sont des imbéciles, qu’ils sont incapables de faire la part des choses et que diffuser des propos inacceptables revient à les faire rentrer dans la tête des gens", répond le matinalier de France Inter, qui reprochait autrefois à Frédéric Taddeï de donner la parole à des "cerveaux malades". En revanche, Cohen affirme qu'il n'invitera pas Zemmour sur l'antenne du service public, pour trois raisons : "Un, on n’est pas loin de discours pouvant tomber sous le coup de la loi. Deux, son livre n’est pas une œuvre originale si on met de côté les quelques pages de la préface. Trois, il y a suffisamment d’intellectuels dans le paysage pour ne pas aller chercher quelqu’un qui a été journaliste mais qui est devenu un acteur politique sans en avoir la légitimité électorale".

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17h42 suivi

Franceinfo : les rédactions auront un "téléphone rouge"

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Juliette Gramaglia le 21/09/2016

Il y a maintenant des interphones pour communiquer entre les rédactions "France Info". Après une réunion entre les journalistes de France Info (la radio) et leur direction, suite à la motion signée par 60 journalistes de la radio publique, un "récepteur d'ordres" a été installé. Il est censé faciliter la communication entre la radio, le site internet francetvinfo et la télé franceinfo.

À quoi ressemble ce dispositif ? Il y aura désormais quatre "pupitres" (des sortes de haut-parleurs) dans les locaux de la Maison de la Radio : un pour la rédaction en chef, un pour l'Agence France Info (qui centralise les informations de la radio pour en faire des depêches à l'intention de la radio, de la télé et du site internet), un pour le secrétariat de rédaction et bientôt un pour le studio 221 (le plateau télé de Radio France). De l'autre côté de la Seine, dans les locaux de France Télévisions, on trouvera deux autres haut-parleurs : un à la rédaction web de francetvinfo, et un à la télé.

franceinfo vignette

Franceinfo avait interviewé une "riveraine" proche de l'église Saint-Leu pour l'interroger sur un attentat... qui n'avait pas lieu

Les représentants SNJ (Syndicat National des Journalistes) de France Info avaient été reçus mardi en fin de journée par la direction de la radio. Une réunion provoquée par une motion, signée par soixante journalistes de France Info, critiquant notamment les erreurs de franceinfo (la télé) concernant la fausse alerte attentat près des Halles. Les signataires de la motion réclamaient plus de "cohérence" entre les différentes rédactions (radio, télé et site internet), pour ne plus publier d'informations contradictoires. Ce "téléphone rouge" doit les y aider.

"Ça doit nous servir quand on veut diffuser des informations sensibles", explique la déléguée SNJ du personnel de France Info Célia Quilleret à @si. "Dans les faits, il faudra voir s'ils s'en servent", conclut-elle.

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16h57 suivi

Morandini en garde à vue (sauf sur le site de Morandini)

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la rédaction le 21/09/2016

Jean-Marc Morandini placé en garde à vue dans l'affaire des castings douteux. L'information était partout sur le web ce matin, ainsi que sur la plupart des chaînes d'info en continu. Pas un mot, en revanche, sur le site de Morandini.

nouveau media

Difficile de passer à côté de la nouvelle. Le Monde, Libération, Le Figaro, Le Point, franceinfo, L'Express, le Huffington Post, 20 minutes, L'Obs : ce matin, l'ensemble des médias web français ont repris l'information selon laquelle l'animateur, au coeur d'une polémique pour des castings controversés, a été en placé en garde à vue mercredi 21 septembre par la brigade de protection des mineurs dans une enquête du parquet de Paris pour "corruption de mineurs".

Comme le précise la dépêche AFP reprise par l'ensemble des sites, c'est Morandini qui avait demandé mi-septembre à être entendu "dans les meilleurs délais". "L'animateur vedette est actuellement visé par deux enquêtes conduites par le parquet : l'une pour "harcèlement sexuel et travail dissimulé, ouverte début août à la suite des plaintes de cinq comédiens qui l'accusent d'avoir profité des castings d'une websérie osée qu'il produit, Les Faucons, pour les pousser à s'exhiber nus", précise la dépêche, qui ajoute qu'une autre enquête, confiée à la brigade de protection des mineurs de la police judiciaire parisienne, a été ouverte pour "corruption de mineur". Si elle fait suite aux révélations des Inrocks, elle n'est pas liée aux conditions de casting de la websérie de Morandini.

Sur les chaînes d'info en continu, l'information apparaît également, que ce soit en bandeaux sur franceinfo, ou en gros titres sur BFMTV et LCI :


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Et sur le site de Morandini, qui a publié depuis ce matin pas moins de 34 articles ? Pas un mot.

L'occasion de relire notre article : "Les castings douteux de Jean-Marc Morandini"

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16h18 suivi

Europe : 146 000 signatures contre le pantouflage de Barroso

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Anne-Sophie Jacques le 20/09/2016

Si la Commission européenne comptait sur la trêve estivale pour esquiver le scandale du pantouflage de José Manuel Barroso, c’est raté. La chaleur de l’été n’aura pas suffi à étouffer les multiples critiques qui ont fait suite à l’annonce de l’embauche de l’ancien président de la Commission par la banque Goldman Sachs, quelques jours après le Brexit. Pour preuve : une pétition lancée par des fonctionnaires européens atteint aujourd'hui plus de 146 000 signatures.

Sous le choc. Ainsi sont décrits les fonctionnaires européens qui ne se remettent pas du recrutement en juillet de l'ancien président de la Commission européenne José Manuel Barroso par la banque Goldman Sachs. Un choc et une colère sensibles dès cette annonce comme nous le racontions ici mais qui perdurent à en croire Le Monde. Le journal interroge l’un des six fonctionnaires à l’origine d’une pétition qui atteint aujourd’hui plus de 146 000 signatures. Sous couvert d’anonymat – devoir de réserve oblige – il raconte être passé à l’acte "spontanément" : "nous étions encore sous le choc du référendum britannique. Et voilà qu’un ex-président de la Commission allait aider une banque à gérer le Brexit, travailler contre les intérêts de l’Union ? On allait partir en vacances et on redoutait déjà les remarques de nos familles respectives, le «Bruxelles bashing», etc."

Barroso pétition

Pour le personnel qui travaille à Bruxelles, le départ du Portugais Barroso pour la puissante banque américaine est catastrophique pour l’image de la Commission. Le succès de cette pétition – lancée le 11 juillet dernier et adressée à l’actuel président de la Commission Jean-Claude Juncker ainsi qu’au président du conseil européen Donald Tusk et au président du parlement Martin Schulz – tranche avec les réactions politiques plutôt feutrées du début de l’été comme nous le remarquions ici. Même si, depuis, François Hollande a estimé le 14 juillet que ce recrutement était "moralement inacceptable" alors que, la veille, le secrétaire d'Etat français aux Affaires européennes Harlem Désir appelait Barroso à renoncer à son poste de conseiller chez Goldman Sachs. Sans succès.

"Il a échoué partout où il est passé"

De leur côté, les eurodéputés socialistes et radicaux – dont les français Pervenche Berès, Emmanuel Maurel ou encore Eva Joly – continuent de bouillir : alors qu’en juillet, dans un communiqué envoyé à la presse, ils fustigeaient Barroso, "cet homme, grand organisateur du sommet des Açores et complice du déclenchement de la guerre en Irak, [qui] a échoué partout où il est passé, du Portugal à Bruxelles", ils ont remis le couvert la semaine passée dans une tribune publiée dans Libération. Dans ce texte, ils invitent, tout comme les fonctionnaires, le Conseil et la Commission européenne à "saisir la Cour de justice de cette situation" car c’est "à elle qu’il appartient, en droit, de se prononcer sur le cas de M. Barroso et de déterminer les conséquences qui en découlent quant à ses droits à la pension et aux autres avantages en tenant lieu".

Ces eurodéputés de gauche demandent également que le délai de 18 mois nécessaire avant de partir pantoufler dans le privé soit étendu à cinq ans. Pour autant, selon la médiatrice européenne et ancienne journaliste irlandaise Emily O’Reilly, elle aussi très remontée comme le soulignait Le Monde, même après ce délai inscrit dans le code de conduite de l’instance, les traités de l’Union européenne exigent une «intégrité» à vie. Mais pour l’heure, ce délai a bien été respecté par Barroso comme le précise Juncker interrogé par la Youtubeuse Laetitia Nadji (qui a expliqué depuis comment Google, maison mère de Youtube, a tenté de la faire taire comme nous le racontions ici).

Face à la jeune intervieweuse, l’actuel président de la Commission rappelle que Barroso est un homme "honnête", qui plus est son "ami", et que le pantouflage est chose courante aux Etats-Unis. Il reconnaît, cela dit, que ce départ chez Goldman Sachs lui pose problème puisque cette banque, "en sachant ou en ne sachant pas" – attention à ne pas fâcher – "a contribué à l’émergence d’une crise économique énorme". Juncker ne précise pas que Goldman Sachs a aidé la Grèce à maquiller son déficit public pour lui permettre d'entrer dans la zone euro.

Face aux multiples critiques, Juncker a – enfin – demandé le 11 septembre dernier qu’une enquête soit ouverte sur les conditions du recrutement de son prédécesseur. Selon Le Monde, l’enquête est confiée au comité d’éthique chargé de conseiller la Commission européenne. Juncker a également précisé que "Barroso ne sera pas reçu par la Commission en tant qu’ancien président mais comme n’importe quel lobbyiste". Pas de quoi ravir les fonctionnaires pétitionnaires.

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12h20 suivi

Lycée Bergson/ police : "usage de la force disproportionnée"

Par
la rédaction le 20/09/2016

En mars 2016, en marge des manifestations contre la loi travail, un lycéen avait reçu un coup de poing en plein visage de la part d'un policier. La vidéo avait enflammé les réseaux sociaux. Lors des enquêtes réalisées par l'inspection générale de la police nationale (IGPN), le policier a reconnu avoir usé à tort d'une force disproportionnée.

Jeudi 24 mars, lycée Henri-Bergson dans le XIXe arrondissement de Paris. 200 élèves bloquent l'entrée de leur lycée pour protester contre le projet de loi travail. Vers 10h, les forces de l'ordre interviennent pour disperser les lycéens. Un adolescent de 15 ans, qui semblait maîtrisé et n'opposait aucune résistance, reçoit un violent coup de poing au visage. Filmée par un téléphone de l'autre côté de la rue, postée sur Youtube dans la foulée, la scène est vue plus de 2 millions de fois.

 

La police des polices, saisie dès le lendemain par le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a depuis rendu son rapport, auquel Libération a eu accès. Interrogé dans l'enquête, le policier auteur du coup de poing tente d'abord de justifier son geste en invoquant un contexte "dangereux" et un peu de malchance. "Lorsque mon bras s’est lancé, la tête s’est baissée et c’était trop tard pour s’arrêter". Puis reconnaît son erreur. "A l’issue de nouvelles auditions, le gardien de la paix reconnaissait […] avoir usé à tort d’une force disproportionnée", conclut l'IGPN.

Après la clôture des enquêtes, le Parquet de Paris a décidé de renvoyer le policier en correctionnelle pour violences volontaires par personne dépositaire de l'autorité publique. Il sera jugé le 10 novembre.

L'occasion de relire notre enquête : "Loi travail : comment la police perd la bataille des images" et de (re)voir notre émission : "Manifs : «on laisse pourrir pour inciter à la violence»"

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