Impôts : qui pigeonne qui ?

La fronde médiatique des net-entrepreneurs, et ses approximations

chronique Par Anne-Sophie Jacques publié dans le dossier : Impôts et intox discuté depuis 15:04 le 03/10/2012

Une fronde de pigeons ? Un gouvernement qui pond un budget anti-entreprises ? Des créations de start-ups tuées dans l’œuf ? Ne cherchez pas la coquille, c’est l’emballement économique de la semaine, couvé sur Twitter, et qui vient d'éclore au 20 Heures.
Un petit remake des Oiseaux d’Hitchcock ça vous dit ? Avec des ralentis sur des hordes de pigeons menaçants qui nous regardent de leur œil torve… oui, je sais, pigeons ce n’est pas très glamour mais c’est le nom choisi par des entrepreneurs pour manifester leur colère. Enfin, comme ce sont des entrepreneurs jeunes et créatifs, ils ont préféré le terme de geonpis (race de pigeons verlans) nettement plus classe (pardon, cecla). Quel est l’objet de leur courroux ? S’indigent-ils de la vague de stérilisation des pigeons menée en loucedé à Paris ? Non. Ils s’indignent d’une autre forme d’émasculation : avec le budget 2013, le gouvernement s’en prend ouvertement à l’esprit d’entreprise...... > Lire l'intégralité du texte
Participations votées d'utilité publique sur ce sujet

Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Ce qui m'amuse, dans cette histoire que j'aie un peu suivie, c'est que désormais le modèle court-termiste de la start-up est présenté comme un modèle de création de richesse, alors que le plus souvent ce n'est que de la bulle (ça a eu lieu en 2001, et pour beaucoup de boîtes ça risque d'advenir aussi, au milieu de toutes les bulles actuelles du système financier). Non que certaines start-up ne soient pas innovantes, voire viables, hein, mais simplement que la financiarisation actuelle encourage à créer une entreprise pour la revendre au plus vite, avant qu'elle ne coule parce que le modèle n'est pas viable (et basé sur des salariés-stagiaires), plutôt que de créer une entreprise pour développer les produits sur un moyen-long terme. Dans le premier cas, l'entrepreneur ne crée de richesse que pour sa pomme, dans le second, il participe pleinement à la collectivité, à condition qu'une partie de la richesse produite puisse être redistribuée (ce qui est de moins en moins le cas, à cause de l'optimisation fiscale).

Le modèle-type défendus par ces pigeons, c'est: je crée une boîte sur un modèle économique douteux (essentiellement basé sur la gratuité, donc très dépendant du marché publicitaire, ce qui n'est peut-être pas très payant en période de crise). La boîte ne marche pas, mais l'audience continue de croître. C'est sur la base de l'audience (et d'un savant usage de mots-à-la-con en ing) que je vais pouvoir revendre le tout à un grand groupe, qui lors de la fusion saura éliminer les coûts de doublons (et gardera les stagiaires et les précaires comme base du salariat). Le gagnant: le créateur d'entreprise. Les perdants: les salariés et tout ceux qui ont permis que l'audience croisse. Exemples de gagnants: les fondateurs de rue89, Loïc Le Meur (encore que pour sa dernière aventure, ça a foiré), Charles Beigbeder (il a revendu à chaque fois ses parts avant que les boîtes ne connaissent des problèmes peu après, et que leur valeur ne chute d'autant), Peter Thiel, primo-investisseur de Facebook qui a revendu ses actions dès qu'il en a eu la possibilité (400 millions de plus-values), et qui sait combien la cote de l'entreprise, en baisse constante, est encore très largement surévaluée.

Ceux qui s'enrichissent sur la base de ce modèle sont en fait très rares: en général, les start-up sombrent avant de trouver un acheteur, tant le principe économique de beaucoup d'entre elles est douteux. Celles qui survivent le temps de trouver un acheteur ou coulent peu après, ou revoient grandement la stratégie mise en place par le patron-revendeur et changent complètement d'orientation. Mais surtout, on voit que pour ces pigeons, l'entrepreneur n'est en fait qu'un créateur de richesse pour lui-même: peu importe le destin de la boîte qu'il a crée,l'important, c'est de partir avant que ça ne marche pas....
> Lire ici > Lire en contexte

Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

La question du statut de l'auto-entrepreneur est une question sérieuse. Disons déjà que le mot en lui-même est un mensonge: dans la réalité, cela correspond très souvent à ouvrier journalier ou ouvrier payé à la tâche, avec une base de calcul qui permet de rémunérer l'heure de travail moins que le smic. L'ouvrier devenant son propre patron, et s'auto-exploitant pour réduire les coûts, il fallait y penser. Sarko l'a fait, en l'enrobant de tout un fatras rhétorique autour de l'entrepreneur "créateur de richesse". En réalité, la très grande majorité des AE ou ne produit pas de CA, ou trop peu pour en vivre correctement (sauf s'il s'agit d'un revenu d'appoint, mais dans ce cas parler d'entreprise créatrice de richesse me paraît excessif). C'est en fait une nouvelle forme de travail précaire, complètement stupide, sauf pour les boîtes qui font appel à eux, car ça leur revient moins cher.

Maintenant, le problème avec ce mouvement des pigeons, c'est que les AE qui en font partie défendent de mauvaises positions: plutôt que de s'allier avec des salariés, des précaires, des artisans, des TPE pour une meilleure définition de leur statut et de leur fiscalité, ainsi que de leurs relations avec leurs donneurs d'ordre, ils s'imaginent être de la même eau que les requins aux dents longues revendeurs de start-up, qui se ont des couilles en or et qui sont bien loin de la misère dans laquelle ils sombrent. Ils croient que par la magie du mot "entrepreneur", ils font partie du même monde que tous les patrons, des TPE au CAC 40, en passant par les start up. Alors qu'ils sont exploités par ces mêmes patrons. C'est ça le problème.

C'est comme si un smicard d'Auchan se mettait à défendre l'exil fiscal des Mulliez (ses patrons), au motif qu'il lui serait un jour possible de s'élever socialement à leur niveau, et qu'en raison de l'effort demandé, il serait injuste d'être spolié par l'Etat soviétoïde. Et ces gens-là existent: d'ailleurs, ils votent Le Pen ou Sarko, sans percevoir l'absurdité de leur position politique par rapport à leur intérêt social....
> Lire ici > Lire en contexte

Par Martin

UN VC C'EST QUOI ???

Hé bien moi je suis entrepreneur, et je suis actuellement à la recherche de fonds pour financer mon activité (éco-concevoir des bâtiments... pas d'internet inutile !), et de ce fait je me permets de donner mon point de vue.

Le billet de chamboredon dans la tribune ne vient pas de nulle part, ce type est un financier, et pas de n'importe quel type : un CAPITAL-RISQUEUR, parfois appelé à l'anglaise Venture Capitalist ou VC. Un VC a une activité simple et en apparence très utile pour "l'intérêt général" : il investit dans une jeune start-up qui a besoin de capitaux pour démarrer, et quelques années plus tard, entre 4 et 12 ans en fonction des opportunités de ventes qui se présentent, il revend ses parts le plus cher possible.

On peut pas en vouloir à un VC de vouloir faire de l'argent... et d'ailleurs nombre d'entre vous en plaçant vos économies dans par exemple certaines assurances-vie ou autre conneries dans le genre, participent à augmenter la masse d'argent que gèrent les VC (je passe sur l'impact de vos choix d'épargne, c'est pas le sujet mais il faut en être conscient).

Par contre on peut en vouloir à un VC de nous faire croire qu'il défend les ENTREPRENEURS !!! Son boulot c'est de les faire bosser en leur prêtant de l'argent au bon moment (là où ils sont faibles et ont besoin de capitaux pour démarrer), pour ensuite quasiment prendre le contrôle de l'entreprise en étant en mesure de virer le créateur s'il ne fait pas les choses comme on lui dit.

Le VC fait donc entrer l'entrepreneur dans une logique de valorisation maximale à court-terme... ce qui ne va pas du tout dans le sens de l'emploi ou de la VÉRITABLE création de richesse, mais qui va en revanche à 100% dans le sens de la concentration des richesses et le creusement des inégalités ! Au final le VC empoche un beau pactole, parfois l'entrepreneur aussi mais dans des proportions bien moindres, mais surtout l'entreprise qu'il a créé profite ensuite aux grands groupes qui l'ont racheté (ou aux acheteurs en bourse si la boite est introduite sur les marchés), et c'est de cette manière que les monopoles restent en place. On pourrait pratiquement appeler ça de l'externalisation de R&D non? (bon là j'exagère ok ok).

Il faut enfin dire qu'un VC, quand il prétend défendre les entreprises, IL MENT PUREMENT ET SIMPLEMENT. Il ne finance environ que 1% des dossiers de demandes qu'il reçoit... 99% des entreprises candidates (parce que oui, les entreprises demandent elles mêmes à entrer dans cette logique soit-disant modèle de réussite... ça laisse pensif) ne trouvent pas de financements chez les VC !!! Et encore, les entreprises candidates à un financement en VC ne représentent PAS DU TOUT la masse de toutes les entreprises !!!


DONC chamboredon ET SES COLLÈGUES VC NE DÉFENDENT EN RÉALITÉ QUE LES 1% DE LEURS POULES AUX OEUFS D'OR !!!

...un peu comme un assassin qui défenderait la veuve de sa victime pour imager un peu les choses.


Au final, les entrepreneurs, c'est pas les mêmes personnes que les VC. L'ensemble des VC financent tout au plus quelques centaines d'entreprises par an en France sur des MILLIERS qui se créent ! Et ces gens prétendent défendre les entrepreneurs...

Donc ma conclusion c'est : LOL...
> Lire ici > Lire en contexte
Tous les commentaires (88)
Par Strumfenberg ( Aloys von )

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

L'idée géniale des " manifs de droite" est d'ores et déjà remise au goût du jour. Malheureusement, nous qui étions censés avoir le choix entre la règle d'or et la Corée du Nord risquons fort d'avoir les deux.
Par Gamma gt

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Plus il y a de fous plus on s'amuse.
gamma
Par Gamma gt

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Juste pour te faire remarquer que "cecla s'écrit céçla" en 'tchabo' tsss tsss pas sérieux Miss.
Bon, maintenant je peux lire l'article.
gamma
Par grrrz

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

tea party à la française?
Par anne-sophie

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

c'est ce qu'affirme Distinguin dans Libé. Voici la citation exacte : «Il est naturel de ne pas vouloir payer plus d’impôts, mais je suis gêné car ce mouvement, alimenté par la rumeur, se base moins sur des faits que sur des fantasmes. J’ai peur que nous le payions cher à l'étranger, où la réputation de la France en matière d’entreprises est déjà écornée. Ce mouvement va laisser des traces, c’est comme l'émergence d’une sorte de Tea Party des entrepreneurs du numérique», en référence au mouvement populiste de droite américain."

Je vais du coup l'ajouter au papier.
Par Varlin

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

L'affiche des pigeons est d'un grotesque. Ainsi donc, si je traduis bien, les salariés ne créent pas de richesses et posent des bombes. Je crois qu'il n'y a même pas besoin de combattre ces descendants de Poujade, ils se discréditent tout seul.
Par gondalah

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Malheureusement pas aux yeux de tout le monde...
Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Ce qui m'amuse, dans cette histoire que j'aie un peu suivie, c'est que désormais le modèle court-termiste de la start-up est présenté comme un modèle de création de richesse, alors que le plus souvent ce n'est que de la bulle (ça a eu lieu en 2001, et pour beaucoup de boîtes ça risque d'advenir aussi, au milieu de toutes les bulles actuelles du système financier). Non que certaines start-up ne soient pas innovantes, voire viables, hein, mais simplement que la financiarisation actuelle encourage à créer une entreprise pour la revendre au plus vite, avant qu'elle ne coule parce que le modèle n'est pas viable (et basé sur des salariés-stagiaires), plutôt que de créer une entreprise pour développer les produits sur un moyen-long terme. Dans le premier cas, l'entrepreneur ne crée de richesse que pour sa pomme, dans le second, il participe pleinement à la collectivité, à condition qu'une partie de la richesse produite puisse être redistribuée (ce qui est de moins en moins le cas, à cause de l'optimisation fiscale).

Le modèle-type défendus par ces pigeons, c'est: je crée une boîte sur un modèle économique douteux (essentiellement basé sur la gratuité, donc très dépendant du marché publicitaire, ce qui n'est peut-être pas très payant en période de crise). La boîte ne marche pas, mais l'audience continue de croître. C'est sur la base de l'audience (et d'un savant usage de mots-à-la-con en ing) que je vais pouvoir revendre le tout à un grand groupe, qui lors de la fusion saura éliminer les coûts de doublons (et gardera les stagiaires et les précaires comme base du salariat). Le gagnant: le créateur d'entreprise. Les perdants: les salariés et tout ceux qui ont permis que l'audience croisse. Exemples de gagnants: les fondateurs de rue89, Loïc Le Meur (encore que pour sa dernière aventure, ça a foiré), Charles Beigbeder (il a revendu à chaque fois ses parts avant que les boîtes ne connaissent des problèmes peu après, et que leur valeur ne chute d'autant), Peter Thiel, primo-investisseur de Facebook qui a revendu ses actions dès qu'il en a eu la possibilité (400 millions de plus-values), et qui sait combien la cote de l'entreprise, en baisse constante, est encore très largement surévaluée.

Ceux qui s'enrichissent sur la base de ce modèle sont en fait très rares: en général, les start-up sombrent avant de trouver un acheteur, tant le principe économique de beaucoup d'entre elles est douteux. Celles qui survivent le temps de trouver un acheteur ou coulent peu après, ou revoient grandement la stratégie mise en place par le patron-revendeur et changent complètement d'orientation. Mais surtout, on voit que pour ces pigeons, l'entrepreneur n'est en fait qu'un créateur de richesse pour lui-même: peu importe le destin de la boîte qu'il a crée,l'important, c'est de partir avant que ça ne marche pas.
Par JIEM 92

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Bonjour
Et on ose appeler ça des entrepreneurs.
Ils ne créent pas d'entreprises, ils ne pensent qu'à les vendre. On est dans l'éphémère.
Et puis, au fond, s'ils ne veulent pas payer d'impôts, ils n'ont qu'à les garder !!!
Par Cultive ton jardin

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Ils ne créent pas, ils ne pensent qu'à vendre, c'est ce que j'ai pensé tout de suite, en lisant ceci:
"Car qui sera assez fou pour investir dans une jeune pousse, si plus de la moitié des gains en cas de revente est confisquée par le fisc ?"
Dans le même temps qu'ils "créent" une entreprise, ils pensent déjà à la plus-value qu'ils vont en tirer à la revente. Et ils estiment qu'une plus-value de 150.000 euros taxée à 60% et qui leur laissera quand même 60.000 euros de bénef... ben, c'est pas la peine, hein, je retourne me coucher. À ce compte là, les chômeurs ne se lèveraient plus jamais le matin!

Sur les auto entreprises, merci pour l'info: j'avais écouté et presque cru, bêtement, ce qu'ils disaient à la radio, et j'en avais conclu à la disparition du statut. Menteurs! Par contre, bien des vrais patrons doivent être fâchés, qui aimaient profiter des auto-entrepreneurs (tellement flexiiiibles) et qui encourageaient même leurs salariés à se barrer pour devenir leurs sous traitants.
Par fsald

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je partage votre point de vue sur ces soit disant entrepreneurs. Malheureusement cet état d'esprit est le résultat de la prolifération de la financiarisation de l'économie qui a vue éclore une multitude de fonds soit disant à risque, hedge funds et autres privace equity qui au passage prennent autant de plus values sur la cession que le créateur lui même qui, comme vous le dites, revendent une "affaire" souvent à 20, 30 , 50 fois le bénéfice espéré à des gogos qui devront attendre 20, 30, 50 ans pour retour sur investissement qui ne se réalisera certainement pas!
Les spécialistes financiers voient dans ce créneaux la prochaine bulle financière. Quelques "grosses entreprises" sont friands de ce type d'investissement avec pour motivation principale la recherche de niches fiscales pour optimisation de leur bénéfice.
Par Goulven

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Quelques liens :
LE MOUVEMENT #GEONPI : CALCULER LES VRAIS CHIFFRES

Quand un mouvement spontané se créé sur internet, j’aime bien démêler le vrai du faux avant de hurler avec les loups, pour voir si ce mouvement a une vraie raison d’être ou si tout ça n’est que mousse médiatique. Cela permet de se pencher sur les faits et d’avoir une base claire de discussion, loin de l’agitation de twitter. (rappelez-vous, pour le “scandale” CFE et les auto-entrepreneurs)

[www.mariejulien.com]

Les pigeons se cachent pour mourir

Ces derniers jours sur le net, la grogne d'auto-entrepreneurs s’est amalgamée à la colère de plusieurs créateurs de start-up. Encouragés par quelques patrons à l'abri du besoin et du Fisc, voilà nos expandables du capital en mode Tea Party à l'attaque en ligne contre un état assassin, ce tueur des richesses qu'ils sont les seuls à créer, nous offrant par là une fascinante opportunité d'observation de l'argumentaire du colombidé libertaré se propageant derrière l'avatar on ne peut plus ad-hoc du nuisible à fiente acide: le pigeon.

[sebmusset.blogspot.fr]
Par Al Ceste

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Les auto-entrepreneurs n’ont pas totalement tort de protester, car on les a déjà roulés dans la farine. Quand on (la Sarkozie) leur a vanté le statut d'auto-entrepreneur, on ne leur a parlé que des 12% sur le chiffre d'affaire, ça paraissait réglo, c’est en gros l’imposition d’un retraité à 2000 euros/mois. Jamais qu'en plus il y aurait à déclarer ça pour l'impôt sur le revenu et en plus la cotisation foncière. Trois impôts pour une seule activité : bravo !
Ne jamais payer comptant la parole d'un homme politique, attendre pour voir quel pourcentage de vérité elle contient, si elle en contient.

//Dans le projet de loi de finances (et la chose a été confirmée par les députés de la commission), les autoentrepreneurs continueront à être exonérés de tout impôt en cas de chiffre d’affaires nul//

On aimerait que le projet précise à partir de quel montant de chiffre d’affaires fonctionnera l’exonération. Parce que si je m’en tiens à la citation, si les chiffre d’affaire n’est pas nul, soit par exemple un euro, hop, impôt ! Attention, je ne suis pas contre l’imposition. Je dis seulement que le vrai impôt juste est l’impôt progressif, pas le forfaitaire, qui est comme son nom l’indique un vrai forfait (de forban).

Je connais quelqu’un qui est auto-entrepreneur, voici son expérience.

Il n’y a pas eu de recul sur l’appel à cotisation foncière, c’est juste qu’on la lui réclamera en 2013. On a voulu la lui réclamer en 2012. Compte tenu de son activité (vente de brocante sur les vide-greniers au mieux une fois ou deux par semaine, gains moyens 200 euros mois l’année en question pour compléter une retraite, pas de zéro oublié ) avec les 12%, plus la déclaration sur ses revenus, plus cette contribution, il aurais travaillé un jour sur deux pour les impôts ! 50% : Madame Bettencourt apprenant ça serait morte de rire ! Surtout que l’imposition se fait sur les gains bruts, donc ne tenant pas compte de ses frais (achat de marchandise, inscriptions, déplacements).

Inutile de vous dire qu’il regrette d’avoir fait le choix de l’honnêteté (de la naïveté ?), de ne pas avoir continué comme la majorité de ses collègues à faire partie de ce qu’on appelle, sur les forums de brocanteurs, les faux-professionnels !
Par tr4nz1t

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

"Les auto-entrepreneurs n’ont pas totalement tort de protester, car on les a déjà roulés dans la farine. Quand on (la Sarkozie)"

merci Moon car c'est bien ce qui me semblait que les auto-entrepreneurs étaient déjà descendus de leur nuages, et cela bien avant la

victoire de Hollande.

j'ai moi même un collègue qui avait monté son truc de DJ et qui a été surpris de se voir réclamer une grosse somme, si bien qu'il a laissé

tomber.

lui c'était un vrai mougeon, car il à été pigeonné par les créateurs de ce statut.
Par alain-b

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Une petit article étazunien pour qui on passe pour un pays de gauchisses [www.addictinginfo.org]
Par Gamma gt

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

C'est pas vrai ?
gamma
Par Julot Iglésias

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Anne-Sophie intitule sa chronique : "Impots : qui pigeonne qui ?" et l'illustre avec l'image d'un pigeon.
Je frémis à l'idée qu'elle aurait pu l'intituler : "Impots : qui couillonne qui ?"


Bon, ça va, je m'excuse.




Modifié 2 fois. Dernière modification le 16:09 le 03/10/2012 par Julot Iglézias.
Par Al Ceste

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

On compte dans leurs rangs de nombreux volatiles dont une jeune auto-entrepreneuse qui voit ses rêves brisés par un gouvernement sans cœur.

Lisez ce témoignage, et vous verrez que le ton un rien moqueur de Mme Jacques est un rien déplacé.

La majorité des auto-entrepreneurs que je connais sont des traîne-misère, qui ont autant de rapport avec l'entrepreneur Arnault ou l'entrepreneur Pinault que mon voisin paysan qui mène dix vaches au champ avec un gros agrarien de la Beauce qui commande dix ouvriers agricoles



Modifié 1 fois. Dernière modification le 16:12 le 03/10/2012 par Moonathalouk (aka MATL).
Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

La question du statut de l'auto-entrepreneur est une question sérieuse. Disons déjà que le mot en lui-même est un mensonge: dans la réalité, cela correspond très souvent à ouvrier journalier ou ouvrier payé à la tâche, avec une base de calcul qui permet de rémunérer l'heure de travail moins que le smic. L'ouvrier devenant son propre patron, et s'auto-exploitant pour réduire les coûts, il fallait y penser. Sarko l'a fait, en l'enrobant de tout un fatras rhétorique autour de l'entrepreneur "créateur de richesse". En réalité, la très grande majorité des AE ou ne produit pas de CA, ou trop peu pour en vivre correctement (sauf s'il s'agit d'un revenu d'appoint, mais dans ce cas parler d'entreprise créatrice de richesse me paraît excessif). C'est en fait une nouvelle forme de travail précaire, complètement stupide, sauf pour les boîtes qui font appel à eux, car ça leur revient moins cher.

Maintenant, le problème avec ce mouvement des pigeons, c'est que les AE qui en font partie défendent de mauvaises positions: plutôt que de s'allier avec des salariés, des précaires, des artisans, des TPE pour une meilleure définition de leur statut et de leur fiscalité, ainsi que de leurs relations avec leurs donneurs d'ordre, ils s'imaginent être de la même eau que les requins aux dents longues revendeurs de start-up, qui se ont des couilles en or et qui sont bien loin de la misère dans laquelle ils sombrent. Ils croient que par la magie du mot "entrepreneur", ils font partie du même monde que tous les patrons, des TPE au CAC 40, en passant par les start up. Alors qu'ils sont exploités par ces mêmes patrons. C'est ça le problème.

C'est comme si un smicard d'Auchan se mettait à défendre l'exil fiscal des Mulliez (ses patrons), au motif qu'il lui serait un jour possible de s'élever socialement à leur niveau, et qu'en raison de l'effort demandé, il serait injuste d'être spolié par l'Etat soviétoïde. Et ces gens-là existent: d'ailleurs, ils votent Le Pen ou Sarko, sans percevoir l'absurdité de leur position politique par rapport à leur intérêt social.
Par alain-b

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Tout à fait d'accord.
Je rajoute, également à l'attention d'Anne-Sophie (et de quiconque qui co-écrirait, relirait ou corrigerait éventuellement ses papiers) qu'auto-entrepreneur n'est pas un statut mais un régime fiscal et social.
Et en effet ils sont plus à ranger dans la catégorie des précaires salariés ou artisans/commerçants gagne-petits que des patrons du CAC 40.
Nombre d'entreprises ont profité de la création de ce régime à l'instigation d'Hervé Novelli, chantre du néo-libéralisme et anciennement de l'extrême droite, pour précariser encore plus leurs salariés (des personnes licenciées avec promesse de "ré-embauche" en auto-entrepreneur).
Par JREM

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Citation:
des personnes licenciées avec promesse de "ré-embauche" en auto-entrepreneur


Qu'en pensent les Prudhommes ?
Par alain-b

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Encore faut-il que les personnes osent aller aux prud'hommes avec le risque de perdre définitivement leur taf.
J'ai même vu le cas où les autoentrepreneurs signent un document quasi semblable à un contrat de travail avec l'unique boite qui les fait travailler.
Par JREM

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Totalement illégal. Réintégration en salaire de toutes les sommes versées assurée en cas de contrôle
fiscal ou URSSAF, avec une belle pénalité à la clef.
Par alain-b

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je sais tout ça JREM. Des choses illégales il s'en pratique un paquet.
Un contrôle ou une dénonciation (et pas une délation), j'ai un cas où certains n'hésiteront pas à le faire dès qu'ils n'auront plus leur revenus à y perdre.
Par Francois T

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

pas compliqué, je connais. Vous êtes en fin de contrat avec l'organisme A, plus de boulot.
L'organisme A décide d'externaliser le boulot que vous faisiez en prestation de services à l'entreprise B.
Au chomage, vous avez le "choix" de retrouver du travail en vous présentant comme auto-entrepreneur auprès de l'entreprise B et lui dire que vous pouvez faire la prestation.

Sous Jospin, ça s'appellait du portage salarial. C'est légal.
Par alain-b

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Et ça s'appelle toujours comme ça ;)
Mais le portage salarial ça reste du salaire, et ceux qui ont une activité rémunératrice et régulière ont les couvertures sociales des salariés, en tant qu'autroentrepreneur, macache.
Par Al Ceste

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Maintenant, le problème avec ce mouvement des pigeons, c'est que les AE qui en font partie défendent de mauvaises positions: plutôt que de s'allier avec des salariés, des précaires, des artisans, des TPE pour une meilleure définition de leur statut et de leur fiscalité, ainsi que de leurs relations avec leurs donneurs d'ordre, ils s'imaginent être de la même eau que les requins aux dents longues revendeurs de start-up, qui se ont des couilles en or et qui sont bien loin de la misère dans laquelle ils sombrent. Ils croient que par la magie du mot "entrepreneur", ils font partie du même monde que tous les patrons, des TPE au CAC 40, en passant par les start up. Alors qu'ils sont exploités par ces mêmes patrons. C'est ça le problème

On a eu ça dans le monde paysan avec la FNSEA.

Ce qui a provoqué en réaction, à partir des idées de Bernard Lambert, la création de la Confédération Paysanne.
Par anne-sophie

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je ne moque pas le récit de la jeune femme, Moonathalouk (aka MATL), je moque la disproportion entre les faits (une hausse de 3%) et les cris d'alarme.

Ce statut d'auto-entrepreneur, je ne l'ai jamais aimé. Non seulement il institue la précarité mais en plus il est fallacieux.

Sur les entrepreneurs, il faut lire l'excellent billet d'Olivier Bouba-Olga : Les créateurs d’entreprise ne sont pas ceux que vous croyez…
Par Al Ceste

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je ne moque pas le récit de la jeune femme, Moonathalouk (aka MATL), je moque la disproportion entre les faits (une hausse de 3%) et les cris d'alarme.

Mmm... je préfère ne rien dire, je risquerais de me faire encore yézater, charcler à la corne de bison !

Ce statut d'auto-entrepreneur, je ne l'ai jamais aimé.

Dans l'absolu, on peut. Penser par exemple aux patrons qui ont viré leurs employés avec obligation de passer auto-entrepreneur... à leur service. Mais il convenait parfaitement à des gens qui ont besoin de régulariser une activité à temps partiel, comme les vendeurs sur vide-grenier. Il permettait de résorber la masse des "faux professionnels" concurrençant les vrais. Le piège dans lequel sont tombés des naïfs dans le genre de mon ami a bien instruit les faux professionnels, qui n'ont fait que croître et embellir*. L'Etat, avec son culte rigide de l'impôt forfaitaire, s'est privé d'une recette et nuit aux vrais professionnels. Dans le genre politique de Gribouille, c'est pas mal.

* Les vide-greniers sont des lieux propices à l'économie de la survie, une réponse maligne des pauvres à la dureté de la crise.
Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

En même temps, vous prenez le cas très particulier d'une profession historiquement "en marge", : les puces, les brocantes, les chiffonniers, etc, c'est clairement un système fondé sur les marges de l'économie productrice. Jadis, les petits antiquaires du centre de Paris détestaient les brocanteurs et chiffonniers travaillant au puces (aux marges de Paris, en économie souterraine, souvent en relation avec des voleurs à la petite semaine, avec toutes les caractéristiques de "la zone"). Aujourd'hui, les brocanteurs —plus encadrés que jadis, et contrôlés— s'en prennent aux vendeurs de vides-greniers et aux chiffonniers. ad libitum.

Le problème, c'est que ce type de marché gardera toujours une part d'opacité (estimation/fixation des prix/origine des produits/marchandages), et plutôt que de s'emmerder à régulariser les vendeurs occasionnels de vide-greniers par un statut bidon d'AE, il eût mieux fallu que l'Etat s'emploie à réprimer les "faux professionnels", qui sans rien déclarer font de leur brocante leur source de revenus principale. Et on aurait continué à tolérer les vides-greniers et autres ventes informelles, tant que cela restait un revenu d'appoint peu important. Il y a toujours un niveau incompressible d'économie informelle. Le tout est d'éviter qu'elle ne se développe au détriment de l'économie déclarée (cf. le problème particulier de l'Italie, qui a le luxe d'avoir quatre réseaux mafieux internationaux basés sur son territoire)
Par Al Ceste

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Excellente analyse. J'espère que les services de l'Etat ne vont pas venir faire iech mon ami qui ne déclare que la moitié de ses 200 euros/mois en déclenchant une mission qui lui coûtera bien plus. il y a des gisements de fraude autrement plus juteux. Mais le rapport entre mon ami et la Bettencourtie est le même qu'entre les seigneurs de la cour du lion de La Fontaine et l'âne qui tondit le pré d'un couvent d’une largeur de langue...
Par gondalah

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Oui, mais je ne pense pas que les auteurs de ce mouvement "pigeonné" soit dans la même situation que votre ami...
Je connais aussi un auto-entrepreneur qui gagne moins que moi (prof 10 ans de carrière)... je le vois mal dans se genre de mascarade pour la valorisation de l'esprit d'entreprise...
Parce vque moi, j'en ai marre de ces foutus "riches" et de leur foutue croyance... Leur esprit d'entreprise?? quelle blague!!! Ceux qui sont à l'origine de ce mouvement sont sans vergogne, ils nous crachent à la gueule... qu'ils nous rendent leur cartes d'identités et qu'ils se barrent.
Pardon pour mon emportement et merci Anne-Sophie.
Par J-net

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je rebondis sur Hurluberlu, MATL: votre exemple est intéressant mais particulier.

Depuis quelques jours, j'ai pas mal lu sur cette histoire d'auto-entrepreneur. Sur les conditions fiscales, à part l'exonération de charge si pas de rentrées qui fait l'unanimité, on lit absolument tout et n'importe quoi...

Quant à ce "statut" batard, j'ai lu plein de choses intéressantes. Des petits entrepreneurs (EI) qui se plaignent de la concurrence déloyale des auto-entrepreneurs dans des domaines comme la traduction, l'artisanat. Des auto-entrepreneurs qui pleurent qu'avec ce qu'ils gagnent en moyenne on ne peut pas les accuser de concurrence, qu'ils ne font de mal à personne, qu'ils préfèrent gagner des sous comme ça qu'être aux assedics et que toucher aux AE c'est tuer l'esprit d'entreprise des "petits". Et puis il y a ce que je vois autour de moi dans la presse: pourquoi payer les pigistes en salaire (la norme) si on peut leur demander de se déclarer comme AE et de supporter eux-mêmes leurs charges (avec une couverture sociale moins bonne, mais osef)...

J'en arrive à me dire que ce "statut" (comment l'appeler) est fort mal bordé. On a mis quelques limites (plafond annuel, interdiction pour certaines professions comme avocat) mais on n'en a clairement pas mis assez: on devrait limiter ce statut dans le temps, puisque c'est soi-disant pour permettre à des personnes de tester une activité avant de se lancer dans la "vraie" création d'entreprise, ou abaisser le plafond (32 000 c'est très loin d'un revenu complémentaire) ou revoir les professions interdites... Finalement, les AE ne devrait être que des gens qui ont une toute petite activité de service ou de commerce et qui ne veulent pas le faire au black. Pour le moment, c'est tout autre chose.
Je sais bien que les patrons peu scrupuleux trouveront toujours les interstices pour "exploiter" des gens, mais autant leur en laisser le moins possible...
Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je suis d'accord dans l'ensemble avec votre post, mais comme j'adore sodomiser les diptères, je veux juste signaler ce qui est pour moi une absurdité:

Citation:
Depuis quelques jours, j'ai pas mal lu sur cette histoire d'auto-entrepreneur. Sur les conditions fiscales, à part l'exonération de charge si pas de rentrées qui fait l'unanimité, on lit absolument tout et n'importe quoi...

Imaginer un régime fiscal qui autorise de créer une entreprise sans faire de CA, c'est complètement con. Soit on est une entreprise, et alors il faut vendre des biens ou des services (et soit ça marche, soit on fait faillite), soit on ne l'est pas et alors il faut vendre sa force de travail (et on est soit chômeur, soit salarié). Mais imaginer un régime fiscal d'entreprise micro qui autorise à ne pas faire de chiffre d'affaire sans être lésé, c'est complètement con. Parce que par principe, une entreprise qui ne vend rien n'a aucune utilité sociale.

Cette règle 0 CA=0 cotisations confirme bien qu'une auto-entreprise, ce n'est que du salariat précaire déguisé, et absolument tout sauf une entreprise. Une entreprise qui ne vend rien, elle ne crée aucune richesse, elle n'a pas de clients, elle vend quelque chose dont personne ne veut. Elle n'a aucune raison d'exister. Et cette règle de 0 CA=0 cotisations le confirme. Quand on est à ce stade, c'est soit qu'on a un revenu d'une autre activité (sur laquelle on cotise), soit qu'on a pas de clients bien qu'on en cherche (et alors, autant viser plutôt le RSA et la CMU qui l'accompagne).

Mais, pour faire passer juridiquement cette aberration juridique, on a fait croire que c'était une façon de légaliser (et fiscaliser) les revenus d'appoint. Ça doit certes être le cas de certains AE, mais je doute qu'il s'agisse de la majorité. Et quand bien même, il me semble plus juste (et même plus rentable pour l'Etat) de tolérer le black qui permet à certains de joindre les deux bouts ou de mettre du beurre dans les épinards, sans chercher à le fiscaliser davantage, que de créer ce nouveau régime précaire qui ne favorise que les patrons, parce que le coût du travail en France serait trop cher.
Par Al Ceste

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Tout à fait d'accord pour dire que le cas que j'ai cité est particulier, même s'ils sont nombreux dans ce cas.

Ce statut, finalement, n'a été qu'une sucette donnée à des gens dans la précarité. Encore une fois, les politiques n'ont que des rustines à proposer aux pauvres et des boulevards à ouvrir aux riches, voir le refus de Ayrault de revenir sur la niche qui à permis à Ségueulasse de se payer le "Merci Béré !"
Par J-net

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Oui, vous avez tout à fait raison, cette incongruité aurait du me perforer les rétines et pourtant je ne l'avais pas relevée. [Je regrette beaucoup de ne pas avoir eu cette idée de base en tête quand je me suis fritée avec une journaliste-auto-entrepreneuse qui était sur la ligne "je-fais-de-mal-à-personne-alors-pourquoi-on-vient-m'emmerder.]
On a dit aux gens: vous, personne physique, ne pouvez pas facturer vos services, c'est ballot, on vous a trouvé une solution au poil...

Et parfaitement d'accord avec vous: ce sont, au final, les employeurs/commanditaires qui en profitent le plus.
Par Varlin

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Citation:
J-net
[Je regrette beaucoup de ne pas avoir eu cette idée de base en tête quand je me suis fritée avec une journaliste-auto-entrepreneuse qui était sur la ligne "je-fais-de-mal-à-personne-alors-pourquoi-on-vient-m'emmerder.]

Une journaliste ne peut pas avoir le statut d'auto-entreprenneur. C'est illégal. Un journaliste est obligatoirement salarié.
Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Oui mais non (comme dirait Anne-Sophie). Plein de situations illégales selon le droit du travail sont aujourd'hui de facto permises, parce qu'avec si peu d'inspecteurs du travail (1700 pour toute la France), tout est permis. Pour prendre un exemple dans le monde démédias: le Canard de cette semaine révèle que l'inspection du travail s'intéresse à Europe 1. L'enquête s'est faite parce que le nouveau directeur de l'info arrivé en juin, Fabien Namias (fils de cadre de TF1, ex-cadre de France 2) a viré sans ménagement à son arrivée des vieux cadres de la boîte. Et en même temps, une autre enquête avait été précédemment ouverte contre la même station parce qu'elle faisait travailler de nuit des stagiaires d'école de journalisme.

Je vous annonce dès à présent la résolution judiciaire: Europe 1 paiera une amende, voire des dommages et intérêts, et continuera à fonctionner à base de stagiaires et précaires sous-payés et de starlettes journalistiques surpayées.

La solution serait un mouvement syndical des précaires démédias. Le problème, c'est que la très grande majorité des précaires démédias viennent des écoles merdiques de journalisme, à formation sonnante et trébuchante (donc socialement discriminante). En gros: ils viennent d'un milieu petit-bourgeois (terme marxisant) ou classe moyenne (terme droitier), ils pensent que leurs compétences intellectuelles les placent loin du vulgum pecus. Ils n'ont aucune réflexivité, ni sur leur pratique, ni sur leur milieu. Aussi, plutôt que de considérer qu'ils sont économiquement plus proches des classes populaires, que lémédia méprisent, et qu'ils vivent les mêmes drames qu'elles, ils croient qu'ils sont plus proches des CSP++ qui les dominent, parce qu'ils partagent leurs valeurs culturelles ("David Lynch, quel génie") et qu'ils aspirent à les rejoindre. Bref, la syndicalisation de masse n'est pas encore d'actualité.

Atention, hein, je ne méprise aucunement les précaires démédias. Je dis juste que c'est parce qu'ils sont majoritairement petits-bourgeois qu'ils préfèrent se croire proche des riches plutôt que des pauvres, et que la syndicalisation de masse dans ce milieu ne marche pas. Un peu comme les domestiques méprisaient la syndicalisation et les protestations ouvrières.

Relire Marx sur la question des cadres: proches des classes populaires par leur origine, ils adoptent la position des capitalistes, quoiqu'ils n'en soient pas, par intérêt et soumission culturelle (Gramsci).



Modifié 1 fois. Dernière modification le 00:50 le 04/10/2012 par Hurluberlu.
Par J-net

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Citation:
Varlin
Une journaliste ne peut pas avoir le statut d'auto-entreprenneur. C'est illégal. Un journaliste est obligatoirement salarié .

Pardon, mais: hilarious !
Vous ne connaissez pas l'adage qui dit "c'est pas parce que c'est contraire au droit du travail que cela ne se pratique pas couramment" ?

Je suis évidemment tout à fait d'accord avec vous, mais je constate que sur le terrain, les choses ne se passent pas comme elles devraient. Cas d'école: Le Patron de presse au pigiste: "Tu préfères être payé moins cher, en piges, pour tes articles (ceux-là même que tu fais depuis des mois/années) ou te mettre auto-entrepreneur et nous facturer l'article au tarif d'origine ?"
["Je préfère que t'ailles te faire empapaouter chez les zoulous, que tu t'appuies un contrôle de l'inspection du travail et un procès aux prud'hommes..." Nan, en vrai on répond pas ça.]

Et puis, surtout, il y a les activités "para-journalistiques": les publi-infos (qui peuvent parfaitement être payés en piges, mais les patrons de presse aiment bien les payer sur factures, tant qu'à faire), les contributions à des sites internet qui ne sont pas enregistrés comme des "entreprises de presse" et en jouent à fond, y compris paraît-il, les sites adossés à des magazines (on me l'a dit pour cosmo.fr, mais ce n'est qu'ouï-dire, je n'ai pas vérifié par moi-même). Il y a aussi les journalistes qui peuvent tirer des revenus publicitaires de leur blog, mais là, au moins, j'admets qu'il ne s'agit pas d'un travail journalistique à proprement parler.

Clairement, quand des stagiaires, pigistes, CDD traînent en justice le groupe de presse qui les a maltraités du point de vue du droit du travail, en général, ils gagnent. Encore faut-il avoir les épaules assez solides financièrement et avoir assez de bouteille pour pouvoir rebondir, se retrouver du boulot et assumer de passer pour un chieur/une chieuse dans la profession.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 10:43 le 04/10/2012 par J-net.
Par alain-b

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je confirme, je connais même le cas de quelqu'un qui est pigiste pour une grande chaine de télé et qui est également autoentrepreneur avec cette même chaine pour du boulot de "para-journalisme" comme vous dites.
Mais dans ce cas c'est le salarié lui-même qui avait proposé cette solution à son boss pour pouvoir augmenter ses revenus.
Par Varlin

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je répondais sur la question du droit du travail. Un journaliste ne peut pas être auto-entrepreneur. De même, il ne peut pas être payé en droits d'auteur. Pour le reste, je connais très bien la situation RÉELLE dans la profession et l'auto-exploitation et les petits arrangements qui y règnent. Exploitation niée par la plupart des intéressés eux-mêmes : "la pige, c'est la liberté", "on fait un métier merveilleux, on ne doit pas compter son temps" et autres conneries serinées par ces pauvres bougres et bougresses qui font de nécessité vertu comme dirait Alain Accardo. Lire d'Accardo "Journalistes précaires", c'est édifiant.
C'est pas demain la veille que les précaires du journalisme vont s'organiser. J'ai suivi de près bien des tentatives, qui ont toutes échoué, au point que je me demande si les journalistes ne sont pas par nature individualistes.

À propos de pigeons et de journalisme, voici un autocollant de la dernière série concoctée par Acrimed. En plein dans le sujet, je crois.

[www.wepix.net]
Par J-net

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Oui, nous sommes d'accord.
Il n'y a pas que dans le journalisme, du reste, que les petits sont en concurrence avec les petits...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 15:26 le 04/10/2012 par J-net.
Par Jim Bé

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Ah, on en voit de belles ! Personne n'a expliqué à votre fils que : 'quand on aime les pigeons, on ne les nourrit pas' ?
Quelle éducation !
Par LPR

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Merci beaucoup pour cet article Anne-Sophie.

Juste un truc quand meme sur lequel il faut insister, a mon avis : Dire que augmenter taxation des plus-values sur cession d'entreprise c'est taxer le revenu du capital est un enorme fumigene pour empecher une VRAIE taxation sur le revenu du capital.

C'est un mensonge de ce gouvernement qui tout comme le precedent fait tout pour proteger les plus riches.

C'est d'autant plus debile comme strategie cette taxe qu'elle est suicidaire pour l'economie francaise et la croissance.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:06 le 03/10/2012 par LPR.
Par Yann Fontana

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Euh, vous pourriez élaborer un peu sur :

Citation:
Dire que augmenter taxation des plus-values sur cession d'entreprise c'est taxer le revenu du capital est un enorme fumigene pour empecher une VRAIE taxation sur le revenu du capital.

et

Citation:
C'est d'autant plus debile comme strategie cette taxe qu'elle est suicidaire pour l'economie francaise et la croissance.

Les plus-values sur cession d'entreprise sont bien des revenus du capital, donc les taxer est bien une taxe sur les revenus du capital. Pas sur tous les revenus du capital, ok (et il ne me semble pas que le gouvernement prétende le contraire) mais sur au moins un type; c'est plutôt un progrès, non?
D'autre part, la présente chronique explique justement que la portée effective de la mesure sera quand même relativement limitée, donc je vois mal comment elle pourrait tuer l'économie française (et pour tuer la croissance il faudrait déjà qu'on en ait...).



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:48 le 03/10/2012 par Yann Fontana.
Par Monsieur X

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

C'est génial : j'ai vu la première image, j'ai cru que c'était une pub intelligente pour un syndicat ! Ces jeunes patrons aiment à se voir en créateur de richesse mais en com, ils ont droit au bonnet d'âne. Signé... un jeune entrepreneur. Qui pense au passage qu'un veritable entrepreneur se soucie assez peu de combien lui rapportera son projet tant qu'il lui rapporte mieux qu'un salaire, et que ces pleureuses feraient mieux à ce titre de regarder la portion de sa part qui s'en va chez l'investisseur plutôt que du coté de l'état. Mais il est vrai que quand on est habitué à flagorner les gens qui ont ce talent immense d'avoir un portefeuille bien rempli, on n'a pas forcément la tournure d'esprit pour constater que ce sont concrètement des gens très peu compétents et très peu utiles (leur argent est utile... eux, moins...) qui quoiqu'il arrive se servent la part du lion. L'état, lui, est bonne fille : on peut en dire bien du mal, il ne vous enlève pas votre CIR pour autant...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 17:16 le 03/10/2012 par Grégory Makles.
Par Companhs

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

LE SAVIEZ VOUS?

Ma pomme, créateur d'entreprise et investisseur principal de celle-ci, je ne payerai aucun impôt sur la vente de mon capital ou de mon entreprise car j'ai créé une SCOP qui ne permet aucune plus value afin de favoriser le travail et l'outil créé
Et nous sommes plus de 2000 entreprises et 22500 associés salariés dans le même cas
Par alain-b

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Par constant gardener

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Pour mieux comprendre le pourquoi du comment de cette fronde aussi médiatique que spontanée :
Selon Seb Musset : La chose est chapeautée par une boite de com' "spécialisée sur les moyens de manipuler les utilisateurs des réseaux sociaux comme Facebook pour les rendre plus actifs et "rentables" et émane d'une poignée de "personnes en charge de la communication élyséenne sous la présidence de Nicolas Sarkozy". (suivre les liens dans l'article original)
Par AirOne

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Cette pseudo-fronde médiatisée me rappelle l'évaluation du programme du Front de Gauche qui avait fait grand bruit par l"'Institut de l'entreprise" dont on a su, quelques jours plus tard, quelle bande de bras cassés se cachait derrière...
Par tr4nz1t

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

la différence, c'est que le fdg n'avait pas libé et Anne-So pour remettre les pendules à l'heure.
Par caius lapsus

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je viens d'apprendre qu'Hollande alias nabocudonosor veut diminuer le coup du travail des entreprises,en augmentant la CSG à partir de 2013. On peut dire que ça c'est une politique de gôoche! . Alors les pigeons cékii,hein?
Par gondalah

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Ceux qui ont voté pour lui? (au premier tour je précise)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 21:32 le 03/10/2012 par gondalah.
Par ceci n'est pas un pseudo

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Citation:
Ceux qui ont voté pour lui? (au premier tour je précise)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 21:32 le 03/10/2012 par gondalah.


précision importante :-)
Par LPR

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

...

De la primaire
Par ceci n'est pas un pseudo

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Citation:
...



De la primaire

tin' , j'avais oublié la primaire ... l'ont élu à ce moment là, cévré.....les " socialistes"
:-)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 13:26 le 10/10/2012 par Habib.
Par Joan38

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Le régime fiscal d'auto-entrepreneur permet au quidam de maintenir une activité modeste sans pour autant être dans l'illégalité (travail au noir). Il y a aussi des personnes qui choisissent le bénévolat ou le SEL (système d'échange local)... il faut de tout pour faire un monde.

En tout cas, un auto-entrepreneur est un néophyte de l'entreprise ou un gagne-petit (le beurre dans les épinards).
L'entrepreneur pratique l'eutrepreneuriat : l'action difficile, risquée de développer une entreprise ou de reprendre une entreprise. On perd souvent, et quand on réussit, on crée parfois des choses intéressantes.

En France, c'est l'Etat qui prend les risques (achat de Bull, réussite/échec de Thomson, Alcatel, France Télecom, etc),
qui dicte ce qu'est la Culture (avec un C majuscule). La culture du projet (marchand, sportif, culturel, etc) n'est pas une valeur en France. Pourtant, il existe de nombreux entrepreneurs...



Modifié 1 fois. Dernière modification le 21:49 le 03/10/2012 par Joanny.
Par Joan38

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Un exemple d'entrepreneur : Daniel Schneidermann.
Par Bebeuss

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Manifestement, les Geonpi n'a rien d'un mouvement spontané mais est sorti d'une boite de communication parisienne nommée Yoops. Il ne s'agit donc pasd'un mouvement spontané mais d'une campagne de relation publique, de propagande quoi.
C'est ici
La réussite est totale, tout le monde en parle et les grands médias ont bien relayé le message.



Modifié 1 fois. Dernière modification le 22:16 le 03/10/2012 par Desper.
Par Florence Arié

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

En anglais, ce genre de faux mouvement spontané s'appelle du Astroturfing (gazon artificiel) par opposition aux vrais "grassroot movements".
Wiki l'explique très clairement en français:
[fr.wikipedia.org]
Par AirOne

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Pour ce qui est des âneries à répéter en boucle les médias sont en effet en première ligne pour jouer les caisses de résonance, y a qu'à voir le flot de bêtises qu'on lit au sujet des présidentielles au Vénézuela...
Par Oblivion

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Moscovici va rencontrer aujourd'hui les pigeons.
Ce sera intéressant de savoir quelles organisations il va recevoir. Une organisation représentative de qui, de quoi ?
Une organisation anti-racisme-entreprise ? La CGPME ?

Nan, c'est pour savoir s'il suffit de faire du buse sur internet si j'ai envie, avec quelques copains, de baisser mon niveau d'imposition l'année prochaine.

Merci Anne-Sophie ! (L'exploitation des enfants est interdite, ceci-dit…)



Modifié 1 fois. Dernière modification le 00:25 le 04/10/2012 par Oblivion.
Par Martin

UN VC C'EST QUOI ???

Hé bien moi je suis entrepreneur, et je suis actuellement à la recherche de fonds pour financer mon activité (éco-concevoir des bâtiments... pas d'internet inutile !), et de ce fait je me permets de donner mon point de vue.

Le billet de chamboredon dans la tribune ne vient pas de nulle part, ce type est un financier, et pas de n'importe quel type : un CAPITAL-RISQUEUR, parfois appelé à l'anglaise Venture Capitalist ou VC. Un VC a une activité simple et en apparence très utile pour "l'intérêt général" : il investit dans une jeune start-up qui a besoin de capitaux pour démarrer, et quelques années plus tard, entre 4 et 12 ans en fonction des opportunités de ventes qui se présentent, il revend ses parts le plus cher possible.

On peut pas en vouloir à un VC de vouloir faire de l'argent... et d'ailleurs nombre d'entre vous en plaçant vos économies dans par exemple certaines assurances-vie ou autre conneries dans le genre, participent à augmenter la masse d'argent que gèrent les VC (je passe sur l'impact de vos choix d'épargne, c'est pas le sujet mais il faut en être conscient).

Par contre on peut en vouloir à un VC de nous faire croire qu'il défend les ENTREPRENEURS !!! Son boulot c'est de les faire bosser en leur prêtant de l'argent au bon moment (là où ils sont faibles et ont besoin de capitaux pour démarrer), pour ensuite quasiment prendre le contrôle de l'entreprise en étant en mesure de virer le créateur s'il ne fait pas les choses comme on lui dit.

Le VC fait donc entrer l'entrepreneur dans une logique de valorisation maximale à court-terme... ce qui ne va pas du tout dans le sens de l'emploi ou de la VÉRITABLE création de richesse, mais qui va en revanche à 100% dans le sens de la concentration des richesses et le creusement des inégalités ! Au final le VC empoche un beau pactole, parfois l'entrepreneur aussi mais dans des proportions bien moindres, mais surtout l'entreprise qu'il a créé profite ensuite aux grands groupes qui l'ont racheté (ou aux acheteurs en bourse si la boite est introduite sur les marchés), et c'est de cette manière que les monopoles restent en place. On pourrait pratiquement appeler ça de l'externalisation de R&D non? (bon là j'exagère ok ok).

Il faut enfin dire qu'un VC, quand il prétend défendre les entreprises, IL MENT PUREMENT ET SIMPLEMENT. Il ne finance environ que 1% des dossiers de demandes qu'il reçoit... 99% des entreprises candidates (parce que oui, les entreprises demandent elles mêmes à entrer dans cette logique soit-disant modèle de réussite... ça laisse pensif) ne trouvent pas de financements chez les VC !!! Et encore, les entreprises candidates à un financement en VC ne représentent PAS DU TOUT la masse de toutes les entreprises !!!


DONC chamboredon ET SES COLLÈGUES VC NE DÉFENDENT EN RÉALITÉ QUE LES 1% DE LEURS POULES AUX OEUFS D'OR !!!

...un peu comme un assassin qui défenderait la veuve de sa victime pour imager un peu les choses.


Au final, les entrepreneurs, c'est pas les mêmes personnes que les VC. L'ensemble des VC financent tout au plus quelques centaines d'entreprises par an en France sur des MILLIERS qui se créent ! Et ces gens prétendent défendre les entrepreneurs...

Donc ma conclusion c'est : LOL
Par Martin

Re: UN VC C'EST QUOI ???

Et j'ai oublier de préciser que taxer les plus-values, c'est un très bon moyen de commencer à désarmer la finance... mais c'est clairement insuffisant et il ne faut surtout pas que les socialistes s'arrête là. J'ai malheureusement peur qu'ils n'aillent pas beaucoup plus loin mais laissons les nous surprendre (rêvons un peu).

Et si certains entrepreneurs avec les dents qui rayent le parquet, se disent qu'ils vont aller s'installer à Londres ou à Bruxelles, alors bon débarras ! S'ils ont les moyens d'aller habiter ailleurs que chez leurs parents quand ils crééent leur boite, c'est qu'ils sont déjà riches et donc qu'ils en veulent encore et toujours plus... qu'ils aillent pomper le fric des autres dans d'autres pays est selon moi une excellente nouvelle.

Je dis ça en tant qu'entrepreneur pour l'instant de retour chez ses parents, parce que je crois à mon projet, et que j'ai pas choisi la facilité comme l'écrasante majorité de mes anciens camarades de classes des boulots d'ingénieurs dans les grands groupes à 40k€ (oui on compte en k€) le salaire annuel de première embauche.

Par contre j'ai la chance d'avoir des parents qui ont les moyens de m'héberger alors que j''ai 27ans... disons que si Hollande voulait aider vraiment les entrepreneurs, il mettrait en place un grand plan d'incubateurs d'entreprises, et en direction des "primo-entrepreneurs" ou alors sous conditions de ressources, enfin à caractère social quoi. Pour que les chômeurs ou les types au RSA puissent se dire "pourquoi pas moi".
(au passage pour ceux qui ne le savent pas, un incubateur en gros c'est un lieu mis à disposition d'un porteur de projet où il pourra commencer ses premiers pas dans le monde de l'entrepreneuriat, sans avoir besoin de supporter des coûts prohibitif et des risques incroyablements rédhibitoires)

Là on en verrait des boites se créer ! On en verrait un paquet ! Et elle seront pas crééent à Jersey ou Guernesey...
Par J-net

Re: UN VC C'EST QUOI ???

Très intéressant.
Comme m'avait dit un jour une jeune chef d'entreprise en plein décollage (qui faisait partie des 99% de créateurs d'entreprises n'ayant pas obtenu 1€ des capitaux-risqueurs): "les capitaux-risqueurs aiment beaucoup le capital et pas du tout le risque".
Par gderidet

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Les pigeons n'existent pas. C'est la campagne d'une boîte de pub ! Voir ici: [www.google.co.th]
Par Julot Iglésias

Attention aux faux mouvements

Citation:
Les pigeons n'existent pas

Ah! Carrément !?
C'est dit très simplement . :o)
Votre commentaire est le plus clair de tous ceux qui parlent d'une campagne de pub.
Reste à savoir qui l'a initiée.
Par Tony A

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Citation:
si vous nous taxez fortement, on partira à l’étranger


Sachant que :

- 9 auto-entrepreneurs sur dix gagnent moins que le smic ;
- le loyer moyen à Bruxelles est de 600 euros ;

... ça ne se bousculera pas au portillon.
Par patrick naze

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Qui a dit un jour : " c'est pas l'impôt qui tue l'entreprise privée, ni l'entreprise privée qui tue l'impôt, c'est la propriété privée qui tue l'humanité, son espace vitale, sa raison d'être " ?
Par Martin

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Proudhon ?
Ou alors Marx ? Mao ? Castro ? Chavez ? lol... on peut ratisser large pour essayer d'avoir bon ?
Par Winston Smith : misanthrope

Re:

chouette article, les pigeons pratiquent la lutte des classes, ils ont raison.
Il exagèrent, ils caricaturent, ils ont le soutien de la presse car ils sont immédiatement médiatisés, alors que la Grèce en flamme fait la une partout sauf chez nous. La presse française est atteinte massivement du syndrome Pernaud.
Je n'ai jamais compris quel était le problème si une micro entreprise part à l'étranger, ça fera moins de concurrence pour ceux qui restent en France sur le même secteur d'activité et donc plus de chiffre d'affaire pour ceux qui restent. Ce qui fait l'activité économique, c'est la demande, ce sont donc les consommateurs qu'il faut éviter de voir partir à l'étranger.
Quand à cette mesurette gouvernementale, car il s'agit bien d'une mesurette, elle ne fait que masquer la véritable réforme fondamentale prévue par François Hollande : la fin programmée du Contrat à durée indéterminée : [www.youtube.com]
Par alain-b

Re:

C'est quasiment déjà fait, jette un œil sur les annonces de Popaul emploi tu verras.
Par Winston Smith : misanthrope

Re:

Et oui, le pire c'est qu'on le savait avant même qu'il ne soit élu. Toi et moi, au moins, nous savons ce que signifie "dictature de la finance".
Par ceci n'est pas un pseudo

Re:

répétons tous ensemble :

les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches, les pauvres ont besoin des riches...


dans le cas où nous ne l'aurions pas compris...
Par Winston Smith : misanthrope

Re:

il manque juste une petite musique à mettre sur ces paroles
Par Gamma gt

Re:

Blues...
gamma
Par ceci n'est pas un pseudo

Re:

une gigue



Modifié 1 fois. Dernière modification le 20:11 le 10/10/2012 par Habib.
Par Gamma gt

Re:

Houla ! tu fais fort...
gamma
Par Florence Arié

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Un petit complément sur le pigeonnage, mais cette fois outre-manche, des salariés de petites entreprises:
Le gvt anglais vient d'avoir une super idée pour aider les PME, c'est le "shares for rights scheme", c'est sorti aujourd'hui.
Les salariés renoncent à leurs droits (comme les conditions réglementaires de licenciement habituelles d'un CDI). En, échange ils reçoivent des actions de la boîte. Et pour les remercier d'avoir ainsi contribué à détricoter le droit du travail... ils ne payent pas d'impôts sur ce que ces actions leur rapportent!

Détails ici en VO:
Workers Can Swap Rights for Company Shares
Par LPR

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

ca n'est qu'une proposition qui, a mon avis, ne passera pas : Ca n'est qu'une reprise du rapport d'Adrian Beecroft, rapport qui avait provoque un tole general et que le ministre de l'economie.

c'est une nouvelle declaration d'Osborne qui a tendance a prendre exemple sur Sarko en ce qui concerne les grandes declarations qui ne seront pas forcement tenues.

Mais plus grave dans sa declaration de Birmingham est sa confirmation que les benefices sociaux ( securite sociale / chomage etc. )en tous genre vont etre diminues de 10 milliards par an !



Modifié 1 fois. Dernière modification le 23:13 le 08/10/2012 par LPR.
Par François Lemaire

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Taxer à égalité le travail et le capital, ce n'est pas taxer les revenus du capital des particuliers de la même façon que les revenus du travail des particuliers. Par exemple, quand un dividende est versé à un particulier, l'entreprise a déjà payé l'impôt sur les sociétés ; si le particulier paye l'impôt sur le revenu au complet sur ce dividende, il paye plus d'impôts sur le capital, et pas autant.

De même, la CSG sur les revenus du capital est supérieure à celle sur les revenus du travail, mais on ne parle pas d'harmonisation sur ce taux-là, juste celui de l'impôt sur le revenu (bé oui, monter comme ça le taux sur le revenu serait hyper mal perçu, et baisser celui du capital, en ces périodes de matraquage fiscal tous azimuts, il ne faut pas rêver...).

Bref, en tant que salarié-actionnaire fondateur de ma boite, je veux bien que l'imposition de mes revenus du capital soit la même que celle de mes revenus du travail, mais pour y arriver, il faut faire une vraie réforme fiscale complète et simplificatrice. Les socialistes nous avaient fait croire qu'ils le feraient, et évidemment, ils ne le font pas, et pas parce qu'ils n'ont pas de support théorique (n'est-ce-pas Thomas Piketty) mais parce que c'est compliqué et qu'ils sont juste trop nuls.
Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Si je ne m'abuse, le particulier percevant des dividendes peut aujourd'hui choisir: soit un prélèvement libératoire forfaitaire de 21% (avant c'était 19%, ça a augmenté sous Sarko) soit être taxé à hauteur de l'impôt sur le revenu. Il va de soi que si ses revenus le placent dans une tranche supérieure à 21%, le particulier choisit le prélèvement libératoire. Et c'est là le problème. Le parti socialiste prétend revoir le prélèvement libératoire, mais avec un abattement (et autres aménités), ce qui reviendrait de facto à quasiment rien.

Par ailleurs vous dites que l'impôt sur les société a déjà été payé sur les dividendes: je vous accorde que c'est théoriquement vrai. Cependant, les montages fiscaux intra-européens (voire extra-européens, avec paradis fiscaux et tout le tralala) font qu'en fait, au moins pour les grands et moyens groupes (ceux qui font l'essentiel du CA de la France), cet impôt n'est pas vraiment acquitté. Certes, tout est légal: on ne parle pas de fraude, mais d'optimisation. Néanmoins, si cette économie fiscale revient à financer des actionnaires parfois, voire souvent, étrangers plutôt que de payer ce qui est dû à la collectivité d'où provient le travail, ça pose question.

Quant à la nécessité d'une réforme fiscale complète, comme la propose Piketty (et d'autres), je vous suis entièrement: on est arrivé à un stade où, à force de superpositions, dérogations, niches et exceptions, l'impôt n'est plus lisible pour le citoyen, fût-il armé d'un bon diplôme. Or, la lisibilité de l'impôt favorise sa compréhension pour le citoyen, et les enjeux politiques dont il est censé être le décideur.
Par Oblivion

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

«Si je ne m'abuse, le particulier percevant des dividendes peut aujourd'hui choisir: soit un prélèvement libératoire forfaitaire de 21% (avant c'était 19%, ça a augmenté sous Sarko) soit être taxé à hauteur de l'impôt sur le revenu. Il va de soi que si ses revenus le placent dans une tranche supérieure à 21%, le particulier choisit le prélèvement libératoire. Et c'est là le problème. Le parti socialiste prétend revoir le prélèvement libératoire, mais avec un abattement (et autres aménités), ce qui reviendrait de facto à quasiment rien. »

Je ne comprends pas ton paragraphe. Peux-tu le reformuler ?
À ma connaissance, le prélèvement libératoire forfaitaire est supprimé* et c'est bien ce qui fait que l'imposition du capital est alignée
sur celle du travail.

* À part pour les intérêts inférieurs à 2000 €.

Merci !
Par Hurluberlu

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Si j'ai bien suivi le prélèvement libératoire est supprimé, mais la taxation sur les dividendes porterait désormais sur 60% du montant (abattement général de 40%). Ce qui veut dire que, selon le projet actuel (mais il faudra vérifier quelle sera la version finale) pour 100 euros de dividendes, avant on payait 21€, maintenant on paiera (si on est imposé au taux marginal de 45%, c'est à dire si on touche plus de 150000 euros de revenu annuel): 0,45*60=...27€. Et encore, pour l'instant le taux marginal est pour l'instant à 41%, mais le taux de 45% est une promesse du candidat Hollande (qui, en grand révolutionnaire, propose de revenir au taux marginal de l'époque de Raffarin...). Avec le taux actuel de 41%, l'impôt serait de... 24,6€

Soit une hausse pour les plus riches de seulement 3,6 à 6 point si on regarde les petites lignes (et non 24 si on se contente de l'effet d'annonce). Le dividende restera largement moins taxé que le salaire, à niveau égal.

À vérifier, cependant, je ne suis pas fiscaliste.



Modifié 2 fois. Dernière modification le 13:45 le 10/10/2012 par Hurluberlu.
Par Oblivion

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

D'accord, j'ai compris. Merci !
Par ceci n'est pas un pseudo

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

ça fait des siècles que les "investisseurs " les rentiers de tout poil tiennent le même discours. Tellement usé, tellement galvaudé que n'importe quel gouvernement de gauche devrait avoir les arguments pour les contrer.

quand la Colombie devint indépendante en 1821, les 1 ou 2 % de population propriétaire de 90 % du pays refusèrent de payer le moindre impôt, avec les moyens de leurs milices privées pour s'opposer au jeune gouvernement qui dû s'endetter pour construire les infrastructures.
jusqu'au XXème siècle. ET l'arrivée de nouveaux " produits" made in FMI.

Ce ne sont pas les pauvres qui ont besoin de l'investissement des riches, mais le contraire. Qu'est ce qu'une maison bourgeoise sans domestiques ?
Ce mensonge asséné tellement de fois qu'il devient de plus en plus difficile à combattre.


Qu'ils s'en aillent tous, donc...
Par noel

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

Je parie que la photo de l'enfant avec les pigeons a été prise place Syntagma à Athènes...
Par anne-sophie

Re: Impôts : qui pigeonne qui ?

vous avez gagné votre pari.
Désolé, seuls les utilisateurs connectés peuvent envoyer des messages dans ce forum.

Cliquer ici pour se connecter

Remonter en haut de page