Sarkoff, Carolis, Rue89 : l'assaut est lancé...
dans un certain désordre"Du jamais vu: un média qui menace un autre média de
procès pour révéler ses sources!"
Après réception d'une lettre de mise en
demeure de la part des avocats de France 3, Rue89 semble bien décidé à ne pas
fournir sa source ou retirer la vidéo, comme exigé par la chaîne.

Dans un article signé Pierre Haski, PDG du site, Rue89 publie une copie de la lettre reçue mercredi 2 juillet.
Le journaliste insiste surtout sur la demande de révéler la
façon dont la vidéo est arrivée jusqu'à Augustin Scalbert, l'auteur de l'article
qui a mis le feu aux poudres :
"La démarche de France 3 a de quoi surprendre. Et
choquer. Tous les médias sont soumis régulièrement à des demandes de révéler
leurs sources, et France 3 en a eu sa part par le passé. Mais généralement,
c'est l'Etat qui initie ce genre de démarches qui suscitent la plupart du
temps, et à juste titre, des protestations des organisations professionnelles
de journalistes. (...)Bien évidemment, Rue89 ne révèlera jamais la source de ces
images."
France 3 est donc nerveuse. Mais la chaîne a ses raisons.
Tout se passe comme si France Télévisions tentait de reporter sur Rue 89 la pression qui, depuis le 30 juin, s'est singulièrement alourdie sur ses épaules.
Depuis le passage de Sarkozy sur son plateau lundi soir, et la réponse fracassante de Patrick de Carolis, PDG de France Télévisions, sur RTL mercredi 2 juillet,
la guerre est déclarée entre Carolis et le pouvoir.
La première réplique est venue de Christine Albanel. La ministre
de la Culture et de la Communication a appelé les deux parties à sortir "des
états d'âme, des psychodrames". Interrogée à l'issue du conseil des
ministres sur les propos de Carolis, qui a jugé "stupide" et "profondément
injuste" de dire qu'il n'y a pas de différences entre le service
public et les télévisions privées, comme l'avait fait Nicolas Sarkozy, elle a
déclaré "Je crois que ce n'est pas normal, il y a certains mots, je
pense qu'ils ont dépassé sa pensée."
A midi, Albanel indiquait donc toujours que Carolis avait
"un mandat jusqu'en 2010". Mais quelques minutes plus tard, Henri
Guaino, conseiller spécial de Sarkozy dégainait, estimant qu'"il
faudra probablement renommer les dirigeants de France Télévisions" au
moment du changement de statut du groupe audiovisuel, "probablement
avant la fin de l'année".
Déjà, le 26 juin, Le Monde avait relayé des propos de
Guaino assurant qu'une nouvelle
nomination à la tête de France Télévisions aurait lieu "après
l'adoption de la loi". Affirmation qui avait pourtant été démentie à @si par le
cabinet du conseiller le 30 juin.
Cette fois, le signal semble clair : l'Elysée lâche l'équipe
dirigeante de France Télévisions
A l'aise dans son costume de porte-flingue, le porte-parole
de l'UMP Frédéric Lefebvre a aussitôt estimé sur France Info qu'il était "temps
que l'équipe de Patrick de Carolis se mette au
travail sur le contenu" et que "des excuses" sont "pour
le moins nécessaire" sur la fuite de la vidéo hébergée par Rue89.
Jean-François Copé, le président de la défunte commission
sur l'avenir de la télévision publique, qui devrait défendre le projet de loi
sur l'audiovisuel à l'automne, a, lui, estimé "normal qu'aujourd'hui il y ait
des passions".
"Je propose que cela soit mis à profit pour que
les esprits s'apaisent, pour que l'on discute tranquillement", a-t-il
lancé.
Quelque chose nous dit qu'il ne sera pas écouté.
le 01/07/2008
le 01/07/2008
le 01/07/2008


