Et à propos, Royal est-elle vraiment une "délinquante sociale" ?
Et à propos, qu'en est-il de l'affaire qui oppose Ségolène Royal à deux anciennes attachées parlementaires ?
Depuis le début mai, cette affaire est indirectement à l'origine de la guerre d'escarmouches que se livrent le pouvoir et l'AFP. Mais sur le fond, Royal est-elle une "délinquante sociale", comme l'affirmait le 13 mai (avec point d'interrogation) l'émission de Fogiel sur M6, ou est-elle victime d'un acharnement politique ?
Retour sur une chicaya judiciaire de près de dix ans (et pas terminée).
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En mai 1997, Ségolène Royal, repartie en campagne, a
besoin de ses collaboratrices. Elles continuent donc de travailler pour elle,
tout en étant payées sur leur préavis d'attachées parlementaires.
Mais pour ne pas avoir de problèmes au niveau des comptes de
campagne, un Contrat à durée déterminée est négocié avec les collaboratrices, du 12 au 31 mai 1997.
Des contrats refusés par l'Urssaf, qui ne voit pas comment ces employés pourraient
être rémunérées en CDD par un employeur qui leur verse déjà un préavis...
Puis, Royal est réélue. Elle peut donc réembaucher ses
collaboratrices. Mais une semaine plus tard, elle est nommée ministre. Trois
collaboratrices, Evelyne Pathouot, attachée parlementaire, et deux anciennes
secrétaires, Claude Fouchier et Francine Morin, ne sont pas embauchées dans son
cabinet, mais restent à la permanence de Melle. Elles seront par la suite embauchées par le
suppléant de Ségolène Royal, Jean-Pierre Marchais. Pendant deux mois, elles ne perçoivent donc que leur préavis. Par la suite, Marchais et Royal se brouillent.
Commence donc l'épopée judiciaire.
Etape 1
Le 30 novembre 1998, l'affaire est portée devant les
prud'hommes de Niort. Le 15 février 1999, la ministre est condamnée à
payer les salaires, congés payés et indemnités pour la période de la campagne
électorale, qui avait fait l'objet du CDD refusé, du 12 au 31 mai 1997. Le juge avait considéré que les mois de juin et juilllet
n'étaient en revanche pas dûs.
Etape 2
Les
anciennes collaboratrices font appel de cette décision. la Cour d'appel
de Poitiers confirme le premier jugement, en février 2005. Elles se
pourvoient en cassation.
Etape 2 bis
En parallèle, elles re-portent plainte, au pénal cette fois, pour recours au travail clandestin. Segolène Royal bénéficie d'un non-lieu en première instance puis en appel.
Etape 4
L'arrêt de la cour d'appel est cassé en janvier 2007 par la cour de cassation. L'affaire est renvoyée devant la Cour d'appel de Rennes, au motif que la première Cour d'appel n'avait pas
pris en compte de nouvelles pièces
versées par les deux plaignantes.
Etape 6
La dernière (en date) étape judiciaire s'est déroulée devant la Cour d'appel de
Rennes le 10 avril dernier. Elle a abouti à la condamnation de Royal
à payer les deux mois restants, ainsi que des dommages et intérêts. Le
juge a considéré que le lien de subordination qui existait entre Ségolène Royal
et ses collaboratrices pour cette période de juin et juillet était équivalent à un contrat de travail , explique
maître Billy, avocat d'Evelyne Pathouot et Claude Fouchier. Un contrat qui, en
l'absence de rémunération, a été considéré comme non respecté. D'où la
condamnation pour licenciement sans cause réelle et sérieuse.
La présidente de la région Poitou-Charente a décidé de se
pourvoir en cassation.
Commence alors la polémique politique.
L'UMP réagit le lendemain à cette condamnation, qui fera l'objet de quelques brèves, tandis que la dépêche AFP est reprise sur des sites d'information. L'affaire ne prend davantage d'ampleur que lorsque Jean-Pierre Raffarin envoie un scud, sur BFM TV et RMC info, en déclarant que : Pour un responsable politique, la délinquance sociale, c'est la faute majeure, estimant que démissionner serait un acte de dignité, une question d'honneur pour Mme Royal (qui) est condamnée par la justice pour licenciement abusif.
Comment cette affaire a-t-elle été couverte par la presse ?
Avant l'intervention de Raffarin, l'affaire n'a pas fait les gros titres. Elle a fait l'objet de brèves en presse écrite, la dépêche de l'AFP étant reprise sur quelques sites d'information (20minutes.fr, lefigaro.fr). A la télé, seul TF1 suit l'affaire, aussi sous forme de brèves.
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Ce n'est que le mardi 13 mai qu'Evelyne Pathouot est invitée sur le plateau de «T'empêches tout le monde de dormir», l'émission de Marc-Olivier Fogiel. Au bout de dix ans, pour une affaire si minime, c'est un peu long quand même, déclare sur M6 celle qui a depuis le début engagé deux procédures différentes, et qui jusque là a fait appel de toutes les décisions. Jamais, sur le plateau, Pathouot n'évoque les sommes qu'elle touchait alors au titre de son préavis |
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Au total, juridiquement et moralement, que peut-on reprocher à Royal ?
Certainement une grande légèreté juridique. En bref, Ségolène Royal a considéré que les sommes versées par l'Assemblée au titre du préavis pouvaient bien rémunérer le travail de celles qui, le temps de la campagne, étaient redevenues des militantes. En revanche, au plan strictement économique, les plaignantes n'ont jamais cessé de percevoir une rétribution.
le 16/05/2008
le 14/05/2008
le 09/05/2008



