Clip à scandale : tentative de chronologie d'un buzz
Spontané, ou soigneusement organisé ?Le groupe français de musique électronique le plus populaire du moment, un réalisateur branché, des images ultra-violentes et polémiques à souhait, le tout lancé grâce à des sites de partage de vidéos extrèmement fréquentés...
Tels sont les quelques élément d'un buzz qui monte, qui monte autour du nouveau clip du groupe de musique Justice (victoire de la musique électronique 2008). Vous n'en avez pas encore entendu parler ? Cela ne saurait tarder.
Il faut dire que le clip de leur dernier tube, Stress, réalisé par Romain Gavras, le fils du cinéaste Costa-Gavras (et membre du collectif de court-métrage branché Kourtrajmé) semble réalisé pour faire parler de lui.
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Si vous voulez vous faire une idée par vous-mêmes, vous pouvez vous risquer sur ce cocktail d'images volontairement choquantes. Elles sont ici |
A l'heure où nous écrivons, mardi 6 mai au soir, le clip a déjà totalisé plus de 500 000 visionnages sur Dailymotion et Youtube. Le signe d'un buzz qui a fonctionné.
Mais comment a-t-il commencé ? Dailymotion et Youtube ont-ils fait tout le travail, ou bien les connexions du groupe dans les medias et le show-biz, ainsi que sa notoriété, très forte depuis 2007, ont-elles aidé ?
@rrêt sur images s'est lancé dans une tentative de chronologie.
Dès le mois de novembre, les milieux informés commencent à parler d'un clip potentiellement subversif.
Nous avons retrouvé la trace de ce début de rumeur sur ce blog de... France 2, qui cite un magazine spécialisé dans la musique électronique, Tsugi : Le magazine nous alerte sur le prochain clip de Justice, "Stress", une vidéo controversée signée de Romain Gavras du collectif Kourtrajmé. Un clip semble-t-il assez violent, qui met en scène une bande de jeunes gamins de banlieue qui se transforme en véritable horde sauvage. A guetter, donc...
Le clip était déjà annoncé comme polémique.
Autre indice, le blog "Pourquoi pas nous" qui en parle dès mars, en citant apparemment la page Myspace du groupe, qui aurait elle aussi évoqué le clip, même si nous n'en trouvons plus trace aujourd'hui :
L’histoire de ce clip de Stress est celle d’environ dix jeunes de banlieue, d’environ 12 à 16 ans… Qui se transforment en sauvages pendant tout le clip. Environ 5 vont se faire prendre par la police, et sur toute la bande, il y a deux paires de jumeaux peu catholiques, qui vont, en 7 minutes, étaler toute la violence urbaine possible. La brutalité peut paraître nuisible, mais chez 75, la boite de production, pas d’inquiétude à avoir. On nous la montre bien aux infos, pourquoi critiquer des artistes qui la dénoncent?
La vidéo elle-même est disponible sur le net à partir du 29 avril.
Elle est postée sur l'espace officiel Dailymotion de 75 prod, la société de production du clip. Il faudra attendre quelques heures pour que la polémique prenne.
Le 1er mai, les premiers sites mentionnent le clip et lancent le buzz à proprement parler.
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Le coté obscur de la French Touch ? D'autres blogs, comme Such a blog, parlent de clip dérangeant, brut, voire même oppressant. Au passage, il exhume une vidéo datant d'il y a une dizaine d'années, montrant elle aussi son lot de bastonnade en caméra subjective, Smack my bitch up,de Prodigy.
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"Caricatural, raciste et scandaleux ?" |
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Laissons passer un long week-end de mai, le temps de laisser mûrir sur les blogs, comme ici ou là.
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Ne reste plus qu'aux JT à s'intéresser au nouveau phénomène de violence sur internet... Bientôt ?
Pour en savoir davantage, n'oubliez pas de regarder notre émission !
ACTUALISATION, le 13 mai à 14h45 :
Devant la polémique
déclenchée, Justice a finalement publié un communiqué tentant
de mettre les points sur les "i".
En voici l'intégralité :
" La vidéo de "STRESS" est née
d'une idée : offrir un clip indiffusable en télé à un titre indiffusable en
radio.
Sans la contrainte de réaliser un clip diffusable,
nous avons pris toutes les libertés avec ce support. Pas pour choquer
gratuitement : juste pour ouvrir le débat, susciter des questions, comme le
font régulièrement le cinéma, la littérature ou l'art contemporain.
Avec cette liberté viennent des risques :
être mal interprétés, voire instrumentalisés.
Nous ne l'avons à l'origine confié qu'à un
seul site web (celui de Kanye West [publié ici le 1er mai, NDLR] ), certains que ce clip trop long, trop violent et
aussi peu consensuel ne pouvait exister qu'en dehors des schémas habituels.
Nous étions conscients que le clip était
sujet à controverse. Nous n'imaginions pas un instant que le débat irait si
loin, que nous nous retrouverions à devoir nous justifier sur des sujets aussi
graves.
Mais la récupération massive de ce clip, en
quelques heures seulement, nous a rappelé à quel point il est difficile
aujourd'hui de contrôler la destination des images et l'intégrité de leur
propos.
Nous n'avons ni l'intention ni la légitimité
de parler en profondeur des problèmes de société.
Ce film n'a jamais été envisagé comme une
stigmatisation de la banlieue, comme une incitation à la violence ou, surtout,
comme un moyen larvé de véhiculer un message raciste.
Cette vidéo n'a jamais été censurée. Nous
avions pris dès le départ la décision de refuser systématiquement toute
diffusion télévisuelle afin de ne l'imposer à personne.
Nous avons donc toujours laissé au spectateur
le choix de la voir ou de l'ignorer sans jamais tenter d'orienter sa pensée,
conformément à l'idée que nous nous faisons de l'art et du divertissement.
Gaspard & Xavier, JUSTICE "
le 07/05/2008
le 07/05/2008
le 07/05/2008





